Élisabeth Brisson et Pasqualino Pietracupa, gardiens de but de handball pour le CHAC (Photo : Leïla Fayet – JDV)
Élisabeth Brisson et Pasqualino Pietracupa, gardiens de but de handball pour le CHAC (Photo : Leïla Fayet – JDV)

Il s’en passe de belles au sous-sol du chalet parc Henri-Julien. On y parle handball, ce drôle de sport peu connu au Québec et né, sous sa forme moderne, durant le 19e siècle au Danemark. 

C’est quoi, au juste, le handball? C’est un sport de salle. Six joueurs sur le terrain se passent la balle de mains à mains ou driblent jusqu’au but adverse. Dans cette zone, le gardien de but est le 7e joueur de son équipe. Et dans notre arrondissement, c’est au Club de handball d’Ahuntsic-Cartierville (CHAC) que ça se passe.

Le CHAC, dont les bureaux sont situés au chalet du parc Henri-Julien, accueille plus de 200 joueurs répartis entre 10 équipes féminines et 10 équipes masculines. Les joueurs s’entraînent de septembre à avril, dans les gymnases des écoles Sophie-Barat et du Mont-Saint-Louis, ou dans celui du YMCA. Les adultes s’entraînaient au complexe sportif Claude-Robillard, avant la fermeture pour travaux jusqu’en 2024. Le CHAC n’ayant pas de gymnase dédié, il dépend des infrastructures de l’arrondissement. Il faut donc partager les équipements avec les clubs de basketball, de volleyball ou de soccer. Les saisons sont parfois bouleversées par les rénovations et divers travaux.

CHAC et communauté

En parlant de gymnases, parfois, le soir, dans certaines écoles primaires, la salle de sport est encore éclairée. Des enfants se passent la balle, rapides, l’œil acéré : il n’y a pas que les joueurs du CHAC qui pratiquent le handball.

C’est parce que le CHAC travaille aussi avec des écoles primaires depuis 2012 pour faire découvrir ce sport intense. En 2022, 155 enfants des écoles Pasteur, Louis-Colin, Saint-Isaac-Jogues, Saint-André-Apôtre, Christ-Roi, Ahuntsic et Saints-Martyrs-Canadiens ont découvert ce sport de contact.

Le soir, après le service de garde, un entraîneur du CHAC se déplace au gymnase de l’école et forme les enfants aux rudiments du handball, considéré comme sport d’hiver au Québec.

D’ailleurs, Pasqualino Pietracupa, gardien de but pour le CHAC depuis presque 10 ans, a fait son primaire à l’école Saints-Martyrs-Canadiens.

CHAC et amitié

« Un ami m’a parlé du handball en deuxième ou troisième année du primaire. Ensuite, en quatrième année, notre école commençait tout juste à offrir le handball en activité parascolaire. En cinquième année, je me suis en plus inscrit au CHAC. Ça a bien tourné et j’y suis encore », déclare Pasqualino.

Certains de ses coéquipiers ont fréquenté son école, d’autres étaient inscrits à Christ-Roi. Au primaire, ils se rencontraient à l’un des six tournois organisés par le CHAC, exclusivement pour les écoles partenaires. Là, ils s’amusaient, jouaient et jasaient. Au fil des ans, la majorité de ses amis se sont aussi inscrits au CHAC pour jouer à la grandeur du Québec.

Il n’est pas le seul à être fidèle au CHAC. Élisabeth Brisson, gardienne de but de 19 ans, a fait ses armes au CHAC. Aujourd’hui, elle fait partie à la fois de l’équipe du Québec et de l’équipe du Canada, mais continue à jouer aussi pour le CHAC. Elle a donc sa bande d’amis du CHAC, celle du Québec et encore celle du Canada. Certaines se retrouvent avec Élisabeth dans l’équipe du Québec et du Canada.

Du CHAC et de la formation

« J’ai commencé aussi en quatrième année à Saint-André-Apôtre. On lisait la liste des activités parascolaires et ma mère a mentionné qu’elle en avait fait au secondaire. […] Au CHAC, pendant les pratiques au primaire, on faisait plus des jeux, les entraîneurs nous montraient les bases du handball : les lignes du terrain, savoir tenir un ballon, dribler… », se souvient Élisabeth.

Plus tard, à l’âge de Pasqualino, les joueurs développent leur entraînement accompagné par leur coach. Avant de commencer à jouer, il y a l’échauffement, qui consiste en 30 à 45 minutes de soccer suivi de passes. Puis les jeunes s’amusent à marquer des buts avec la tête. Ensuite, ils vont boire un peu d’eau et reviennent pour une trentaine de minutes d’exercices intenses. Enfin, le temps des matchs et des tactiques arrive.

Abdelhadi Bounatiro, président du conseil d’administration du CHAC, explique la conception particulière du club : « La culture du CHAC est dans le participatif. On demande au jeune de s’impliquer, jusque dans l’élaboration des tactiques, aussi bien à l’entraînement que pendant les matchs. »

« Nos coachs prennent le temps de connaître leurs joueurs, de trouver des manières de communiquer. De ce que j’ai observé, il n’y a jamais eu de révolte des joueurs contre leur coach. Les entraîneurs sont bénévoles et très impliqués. C’est ce qui fait la force du club », explique Abdelhadi, aussi entraîneur depuis ses débuts au CHAC, en 2016.

CHAC et avenir

Pour Pasqualino, c’est sûr, il continuera au CHAC, en tant que joueur, coach adjoint et arbitre; plus tard en tant que coach. Quant à Élisabeth, elle espère pousser sa carrière à l’international avec l’équipe du Canada. Elle souhaite aussi élargir son expérience dans un pays où le handball est pratiqué massivement, en France par exemple.

« Mais une fois ma carrière terminée, j’aimerais rendre ce qui m’a été donné. Ce serait bien si je pouvais revenir au CHAC comme coach, par exemple », conclut-elle.

Cet article a été publié dans la version imprimée du Journal des voisins, le Mag papier de septembre 2022, à la page 35.

NDLR : Un prochain texte paraîtra sur le sujet. En date du 18 octobre, nous avons appris que le CHAC s’est fait retirer des plages horaires, privant les joueurs de niveau Sénior récréatif (18 ans et plus) de leur entraînement hebdomadaire par manque de salles dans les gymnases. Une situation que déplore Abdelhadi Bounatiro, président du conseil d’administration du CHAC : « La Ville dit que la priorité, c’est les mineurs. Mais mes jeunes qui avaient 17 ans l’an passé sont devenus majeurs, alors ils perdent leur temps d’entraînement parce qu’ils sont passés au niveau Sénior. Ils vont faire quoi? Aller où? Il nous manque juste trois heures, soit deux entraînements d’une heure et demie par semaine. Je suis en discussion avec l’arrondissement pour qu’on nous trouve un gymnase. » Un dossier à suivre, assurément.



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