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Capsule ornithologique

Le Martin-pêcheur: un pêcheur ébouriffé!

Publié le 15/07/2018
par Jean Poitras

Martin pêcheur (femelle) – photo: J. Poitras

(Belted Kingfisher)         (Megaceryle alcyon)

«Krrrrêêk – krrrrrêêêkk», ce bruit de crécelle entendu près de l’eau signale la présence du Martin pêcheur d’Amérique, bien avant que l’on aperçoive.

Il est nommé « d’Amérique » pour le distinguer de son cousin le Martin pêcheur d’Europe, bien que la différence morphologique entre les deux espèces soit évidente.

C’est un oiseau trapu, de taille moyenne (environ 30 cm de longueur), avec un fort cou et une tête disproportionnée. La tête, le cou, le dos et les ailes sont d’un bleu-gris avec quelques taches de blanc. Le ventre et la gorge sont blancs. Une large bande de même couleur que le dos lui barre la poitrine d’où son nom latin Megaceryle qui signifie «large ceinture».

La femelle arbore de plus sur le ventre une autre bande, celle-là de couleur rousse. Cette bande peut être incomplète chez les jeunes individus.

La partie anatomique la plus spectaculaire de cet oiseau est sa tête. Une large huppe hérissée et échevelée en orne le sommet. Un long et fort bec, gris à la seconde moitié, blanchâtre à la base, lui sert d’instrument de pêche. On note aussi une tache blanche en avant de l’œil.

Alimentation et comportement

Comme son nom l’indique, le Martin-pêcheur d’Amérique se nourrit surtout de petits poissons. Perché sur une branche d’arbre, un tronc, un poteau, ou autre structure surplombant une étendue d’eau peu profonde mais limpide, il scrute celle-ci pour y guetter ceux qui s’approchent de la surface.

Ayant détecté sa proie, il plonge à la verticale pour la saisir de son bec et retourner à son perchoir pour s’en régaler. On le voit aussi voler en sur-place avant d’effectuer son plongeon.

Il lui arrive, lorsque son butin est de plus grande taille, de le frapper sur un tronc ou une branche pour l’assommer et ainsi pouvoir l’avaler sans qu’il ne se débatte trop.

Outre les poissons qui constituent l’essentiel de son menu, les batraciens et les insectes capturés de même manière font aussi partie de son régime alimentaire.

Le Martin-pêcheur d’Amérique est généralement solitaire sauf en période de reproduction, et encore là, il ne tolère que très peu les autres membres de son espèce.

Nidification et territoire

Son nid est un long tunnel, entre 1 et 2 mètres, creusé dans un sol meuble, sable, terre ou argile, à proximité d’une étendue d’eau douce ou salée. Cette dernière peut être une rivière, un lac, un étang un ruisseau ou un bord de mer.

Ce tunnel est surtout creusé par le mâle, bien que la femelle y participe activement, et se termine par une chambre sphérique. Aucune garniture ne tapisse le fond de cette dernière et les œufs sont donc pondus directement sur le sol.

Le site de nidification peut être distant du site d’alimentation, parfois de quelques kilomètres, alors si vous apercevez un Martin-pêcheur, il n’est pas certain que son nid soit à proximité.

Les oisillons quittent le nid entre vingt-cinq et trente jours après l’éclosion pour ne pas y retourner. Les parents continuent à les nourrir encore quelques semaines tout en leur montrant la technique de pêche, et ils ne deviennent autonomes que vers la fin de l’été.

Le Martin-pêcheur d’Amérique niche dans toutes les provinces et territoires du Canada, mais il est absent au nord de la Baie-James et dans la toundra arctique. Aux États-Unis, il couvre tout le territoire sauf dans la partie sud des états du Texas, de l’Arizona, de la Floride et du Nouveau-Mexique.

C’est le seul représentant de sa famille, les alcédinidés, sur ce territoire et donc au Québec.

Dans Ahuntsic-Cartierville, on peut l’observer tout le long de la rivière des Prairies et notamment au Parc-nature de l’Île-de-la-Visitation.

Il est relativement abondant étant donné la grande diversité de ses habitats de nidification et d’alimentation.

Migration

Étant donné qu’ il s’alimente dans les cours d’eau, cet oiseau doit donc se déplacer lorsque l’eau gèle. Ceux des régions les plus au nord de son aire de répartition, vont les quitter de la fin septembre à la fin novembre, pour se rendre dans les états du sud des USA, au Mexique ou en Amérique Centrale pour y passer l’hiver. Il arrive parfois que quelques individus passent l’hiver au Québec s’ils y trouvent une section de cours d’eau qui ne gèle pas.

Il nous revient en avril ou en mai à mesure que les plans d’eau se libèrent des glaces. Ceux qui nichent et habitent dans les régions sans gel (sud des États-Unis) ne migrent pas.

Espèces similaires

En Amérique du Nord, il y a deux autres espèces de Martin-pêcheur que l’on peut observer à la limite sud du Texas et du Nouveau-Mexique. Le Martin-pêcheur à ventre roux est assez similaire au nôtre sauf que, comme son nom l’indique, il a le ventre roux au lieu d’être blanc. Le Martin-pêcheur vert est plus petit et ressemble en stature à son cousin d’Europe; il a la tête et le dos verts (c’est bleu turquoise chez l’européen) et le ventre blanc (roux pour celui d’Europe) tacheté de noir. De plus, le mâle a la poitrine rousse.