Troglodyte des forêts, (Winter Wren), (Troglodytes hiemalis) – photo: J. Poitras

C’est le plus petit membre de la famille des Troglodytes, plus petit qu’une Mésange, il ne mesure que 9 cm du bec à la queue. Mais par contre, quel chanteur! Son mélodieux gazouillis dure jusqu’à neuf secondes et résonne assez loin dans les forêts et boisés qu’il habite.Le nom de cette famille vient du grec et signifie « qui habite dans une grotte ou une cave », en référence à la propension de ces oiseaux de nicher dans des cavités.

Description 

Troglodyte des forêts – photo: J. Poitras

Le brun est la couleur typique des Troglodytes; ce sont les motifs qui les différencient. Le Troglodyte des forêts possède des taches pâles sur son dos brun, et des rayures noires sur sa courte queue rousse et ses ailes. De plus, ses ailes sont bordées d’une série de bandes blanches et noires.

Sa tête est brune sur le dessus,  et d’un brun plus pâle sur les joues et la gorge, coloration qui se prolonge sur sa poitrine. On note aussi le sourcil blanchâtre au-dessus de l’œil, avec une ombre foncée à l’arrière celui-ci. Le ventre et les flancs sont une succession de taches brunes et blanches.

Un bec noir et effilé et des pattes d’un brun rosé complètent le tout. Comme beaucoup d’autres membres de la famille des Troglodytes, il a tendance à dresser sa queue parfois presqu’à 90 degrés.

Habitat et comportement 

Comme son nom l’indique, le Troglodyte des forêts est associé aux zones forestières. Il préfère les habitats dont le sol est un enchevêtrement de buissons, d’herbes, de branches tombées et de mousses surtout si ceux-ci sont à proximité d’un cours d’eau, ruisseau ou lac, ou encore dans une forêt marécageuse demeurant humide même l’été.

Il se perche à la cime d’un grand arbre pour faire entendre son chant, mais la plus grande partie de son activité se déroule près du sol. C’est en effet là qu’il trouve les petits insectes, larves et araignées qui composent l’essentiel de sa diète. On peut le voir, si on a cette chance, fouiller à travers les feuilles mortes, les plantes forestières, dans les flaques d’eau, et autour des arbres morts jonchant le sol, sautillant incessamment d’une place à l’autre pour y dénicher sa pitance.

Nidification 

Ce petit oiseau niche dans des cavités au sol ou près du sol, entre les racines ou les branches, ou encore dans un tronc d’arbre pourri. Le nid est constitué de mousses, de brins d’herbe, de brindilles et autres matériaux semblables. D’une forme de dôme, celui-ci est assez volumineux comparé à la taille de l’oiseau. Tapissé de plumes ou de poils, il y accueillera de quatre à sept œufs que la femelle couvera pendant une quinzaine de jours.

Dans son milieu naturel; remarquez la queue dressée – photo: J. Poitras

Fait à noter, c’est le mâle qui construit le nid, ou plutôt les nids qu’il présentera à la femelle qui fera son choix. Une fois les oisillons éclos, les deux parents s’occupent de les nourrir, bien que le mâle s’occupe parfois à la seule défense du territoire. Après avoir quitté le nid, les jeunes demeurent dépendants de leurs parents pendant encore une douzaine de jours.

Si la nidification a eu lieu assez tôt en mai, une deuxième nichée est alors fréquente au début juillet.

Territoire

Le Troglodyte des forêts, niche dans toutes les provinces canadiennes, bien qu’en Colombie-Britannique, on ne le retrouve qu’au nord-est de la province, à l’est des rocheuses. Son territoire s’étend du sud de la toundra jusque dans les états de la Nouvelle-Angleterre et ceux limitrophes des Grands-Lacs. Il est absent des grandes plaines de l’ouest parce que ce type d’habitat ne lui convient pas. Il est aussi présent le long des hauteurs des Appalaches jusqu’à la limite nord de la Géorgie.

Au Québec, il niche dans tout le territoire couvert par les deux éditions de l’Atlas des oiseaux nicheurs du Québec méridional, mais on sait qu’il est présent plus au nord de celui-ci, car il existe de nombreuses mentions historique pour la Jamésie et le Manicouagan.

Les deux éditions de l’Atlas font aussi mention de nidification de ce Troglodyte sur l’Île de Montréal. Le parc du Bois de Saraguay et celui du Bois de Liesse pourraient lui convenir. En période migratoire du printemps et de l’automne, j’en ai observé dans l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville. Les photos qui illustrent cette capsule ont d’ailleurs été prises dernièrement le long du ruisseau Bertrand, au parc-nature du Bois de Liesse, secteur péninsule, qui se trouve dans notre arrondissement.

Comme il est discret près de son nid, et que celui-ci est difficile à repérer, les indices de nidification donnent probablement une image en deçà de la réalité.

Migration et tendances 

Le Troglodyte des forêts arrive dans son territoire de nidification au début de mai et il le quitte en octobre. Certains individus ont toutefois été observés en plein hiver, notamment en janvier dernier au Bois de Ste-Dorothée.

L’hiver, son territoire se trouve au sud-est des États-Unis, de la Virginie à la Géorgie, et, de la côte Atlantique jusqu’au Missouri, l’Arkansas, et l’est du Texas. Son nom anglais de Winter Wren lui vient du fait que sur la plus grande partie du territoire américain où on peut l’observer, cela se produit en hiver.

Il est considéré comme abondant même si on l’entend plus souvent qu’on ne le voit. Son aire de nidification au Québec serait en extension et ses effectifs seraient aussi en augmentation. Les hivers rigoureux dans ses aires d’hivernage peuvent affecter sévèrement les populations.

Il existe deux espèces similaires que l’on croyait auparavant être des sous-espèces du même oiseau; le Troglodyte du Pacifique (ou de Baird) (Troglodytes pacificus), de coloration plus sombre et qu’on retrouve justement sur la côte ouest de l’Amérique du Nord, et le Troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes), une espèce européenne et asiatique.

 

 

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