Une voisine qui s’intéresse toujours de près

au monde des médias

 

Journaldesvoisins.com reproduit ici –avec sa permission– un courriel que nous a fait parvenir celle qui occupa le poste de directrice du quotidien Le Devoir, de 1990 à 1998, Lise Bissonnette. Résidante du territoire, Mme Bissonnette reçoit, elle aussi, le mag papier à domicile. Elle a suivi avec attention les audiences de la Commission sur la culture et l’éducation ayant trait à l’aide aux médias, il y a deux semaines. Elle commente ici la situation des médias et le texte sur les médias publié par le jdv dans son dernier mag papier.

«Chère Madame Dupont,

Je viens de m’inscrire à l’envoi de courriel hebdomadaire du Journal des Voisins et aussi de m’acquitter d’une cotisation de membre bienfaiteur.

J’ai évidemment passé la semaine à suivre et décortiquer le débat sur les médias et ma lecture toujours attentive de votre Journal a alimenté ma réflexion. Je le reçois désormais à mon adresse civique.

Je veux surtout souligner l’estime que je porte à votre travail. En cette période de crise qui ne pouvait m’étonner puisque la fragile économie des médias ne date pas d’hier sauf aux yeux de politiciens distraits, les solutions ne seront pas miraculeuses et ne pourront se bâtir que par des persistances éclairées, comme la vôtre.

D’une part, pour la presse régionale et locale dont vous êtes, il n’y aura pas de salut hors d’une mobilisation qui tablera certes sur les revenus publicitaires de proximité (vous y arrivez déjà très bien) mais aussi sur une information indépendante de qualité,  qui est l’objectif le plus ardu pour les médias qui travaillent justement sur des objets de proximité. J’ai toujours dit qu’il m’était plus facile, au Devoir, de m’en prendre à un premier ministre que de demander à une direction d’hebdomadaire régional de maintenir une distance critique avec une mairie. Je le pense encore. Vous avez choisi d’embaucher de vrais journalistes et d’avoir recours à des chroniqueurs qui s’intéressent aux questions de fond. C’est la seule voie possible et il faudra distinguer, au Québec, entre ce type de journalisme et les simples feuilles de service qui veulent se faire passer pour des médias communautaires. Vous comptez également sur la contribution de vos « voisins », autre réseautage important, et l’usage mixte que vous faites du papier et du numérique est exemplaire.

D’autre part, pour la presse dite nationale, j’en irrite plusieurs en disant que seuls les grands groupes peuvent assurer sa survie et que la bataille contre la « concentration » est dépassée. Au sud de nos frontières, il y a longtemps qu’on ne reproche plus aux grands propriétaires de médias écrits ou parlés leur rôle dans la production de l’information. Sans eux, tout se serait défait sous Donald Trump. L’effondrement de Capitale Médias et la situation extrêmement précaire de La Presse (quoi qu’en dise son président de conseil) sont le résultat direct de leur abandon par la famille Desmarais et si la firme Quebecor étend son emprise aux quotidiens régionaux ou au Soleil, elle sera probablement la seule sur les rangs. Ce sera ça ou la fermeture. Ce réalisme est difficile à accepter mais il s’impose. L’angélisme qui se manifeste en commission parlementaire me sidère à cet égard. Comme d’autres et comme vous dans votre plus récent éditorial, j’ai longtemps cru que la solution viendrait de la taxation des GAFA. Mais s’intéresser au fond de cette question permet rapidement de voir que cette solution est très lointaine, si elle existe. Le Parlement européen n’a pas adopté de taxe GAFA (petite correction à votre édito [ ndlr: la correction a été faite, et nous en remercions Madame Bissonnette]), seule la France l’a fait et il s’agit d’une action méritoire mais tout à fait symbolique. Elle ne recevra pas un Euro des Google et Facebook de ce monde tant qu’un large accord presque planétaire ne surviendra pas à cet égard, puisque sa loi peut être attaquée – et le sera – en vertu des règles actuelles du commerce mondial. Ce n’est pas pour protéger le vin français contre les tarifs américains que M. Macron a tant courtisé M. Trump la semaine dernière, mais pour tenter de le détourner de cette contestation judiciaire qui aura lieu. Et contrairement à ce qui s’écrit un peu partout, M. Trump n’a pas confirmé d’accord avec M. Macron sur ce sujet. Bref, à court et moyen terme, ce n’est pas François Legault ou Justin Trudeau qui peuvent sortir seuls de cette ornière, bien que j’aimerais les voir aussi battants que M. Macron.

Voilà! J’ai pris un peu trop de votre temps, mais je vous ai au moins démontré que je demeure une vraie voisine…

Au plaisir de continuer à vous fréquenter,

Lise Bissonnette »


Combattre la discrimination

dans l’employabilité

 

J’ai eu le plaisir de rencontrer Constance Henry et je voudrais vous partager son histoire.

Constance est une femme de 56 ans qui souffre de douleurs chroniques. Malgré son attitude positive, son intelligence et son talent pour la persuasion, après plusieurs mois d’essai, elle n’a pas réussi à trouver un emploi.

Elle atteste que : «ce qui est le plus important pour les compagnies ce sont des sous, mais ils ne pensent pas suffisamment au long terme. Si une compagnie décide d’investir 50$ pour accommoder une personne qui a un handicap, il peut gagner 500,000$ de profit! »

Constance explique que ses douleurs chroniques ont été causées par son effort physique excessif dans son emploi comme machiniste. Malheureusement, Constance a vécu de la discrimination par son ancien employeur qui n’a pas respecté les documents médicaux qu’elle avait présentés au début de son emploi.

Elle explique que : «Quand ils m’ont embauché, je leur ai expliqué avec un certificat médical que je ne peux pas soulever des objets de plus de 9 kilogrammes. Le nouveau superviseur n’a pas respecté ma condition. Il a dit que si je veux garder mon emploi, je devais respecter ses consignes.»

Constance pense que la majorité des employeurs ont un manque d’empathie envers les personnes handicapées qui cherchent de l’emploi. Dans son cas, le fait que sa condition est invisible, cela a provoqué beaucoup de scepticisme parmi les employeurs.

Elle atteste qu’ «il y a plusieurs personnes qui ont des conditions invisibles. Alors, quand on explique ça [aux] [employeurs], il pense qu’on ment ou qu’on est juste paresseux. »

Dans un effort d’améliorer ses opportunités d’emploi, Constance a bénéficié de l’aide d’AIM CROIT (Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l’aérospatiale – centre de réadaptation, d’orientation et d’intégration au travail).

AIM CROIT est un organisme à but non lucratif, subventionné par Services Québec, qui offre gratuitement des services d’aide en employabilité aux personnes  résidentes de l’île de Montréal qui ont des limitations physiques, sensorielles ou neurologiques. L’organisme a été fondé dans le but de créer une société plus équitable et inclusive.

Constance, qui était une cliente d’AIM CROIT depuis quelques années, atteste que  «ce que j’aime d’AIM CROIT c’est qu’ils m’ont aidé à voir mes autres compétences que mes habilités physiques. Ils m’ont aidé à avancer et changer la façon que je me vois. »

Malgré les efforts d’AIM CROIT à promouvoir une société plus inclusive, le témoignage touchant de Constance démontre qu’il y a encore beaucoup de travail à faire.

Chers lecteurs,  j’espère que ce témoignage vous a aussi touché que moi et qu’il vous permettra de changer votre regard de façon plus positive envers les personnes qui ont un handicap.

Je vous encourage ainsi à soutenir la mission d’AIM CROIT en visitant leur site internet et en les suivant sur les réseaux sociaux :

Site internet : http://www.aimcroitqc.org/

Facebook: https://www.facebook.com/aimcroitqc/

LinkedIn: https://www.linkedin.com/company/aim-croit-mtl/

Par Alexander Modonese (révision du texte : Raphaelle Daigle)

Journaldesvoisins.com publie cette lettre, car l’entreprise AIM CROIT (Centre de réadaptation, d’orientation et d’intégration au travail) est une entreprise dont les bureaux sont situés dans Ahuntsic-Cartierville, et qu’elle concerne une de ses utilisatrices



Lettre au ministre des Transports du Québec

sur le bruit des avions à Montréal

 

Monsieur le Ministre Bonnardel,

Je suis une résidente de Montréal qui vous demande d’agir pour préserver sa qualité de vie et sa santé mentale, actuellement mises à mal par le bruit infernal produit nuit et jour par les avions en provenance ou atterrissant à l’aéroport Montréal-Trudeau et survolant de très près mon secteur d’habitation. S.V.P., veuillez aider les milliers de citoyens, qui comme moi sont agressés quotidiennement jour et nuit des centaines de fois par des survols bruyants à basse altitude.

À titre de ministre québécois des Transports, ne pourriez-vous pas intervenir auprès de votre homologue fédéral Marc Garneau pour que la nouvelle aérogare annoncée récemment par ADM à l’aéroport Trudeau soit accompagnée d’un prolongement par la CDPQ Infra du Réseau Express Métropolitain (REM) vers les deux pistes à Mirabel. Cette idée s’inspire du projet que le réputé physicien de l’IREQ, Pierre Couture, Ph.D. avait proposé en Commission parlementaire au milieu des années 1990 de relier l’aéroport de Dorval avec des navettes électriques mues par le moteur-roue développé par l’IREQ de 1983 à 1994. Dr Couture préconnisait à cette époque que les voyageurs pourraient franchir grâce à ces navettes à fréquences variables la courte distance qui séparait Dorval et Mirabel en moins de 20 minutes.
La conjoncture politique très positive qui prévaut ces derniers mois depuis l’arrivée au pouvoir de la CAQ semble grandement favorable à ce qu’une entente conjointe avec Transports Canada soit annoncée à l’aube des élections fédérales. Il faut mettre un terme sans délai aux survols incessants de la métropole pour les diriger à Mirabel. Après tout, cet aéroport est toujours opérationnel et a justement été construit aux frais des contribuables pour permettre des arrivées et départs 24 heures sur 24 pour le bénéfice des voyageurs et des transporteurs, tout en éliminant les dommages à la santé, à la sécurité, à la qualité de vie et à la valeur du patrimoine immobilier de la population riveraine.
Radio-Canada rapportait le 27 novembre 2015 (voir le document ci-joint) que le ministre Garneau a réitéré qu’il ne reviendrait pas sur sa décision de refuser le prolongement de la piste à l’aéroport Billy-Bishop de Toronto, pour préserver la qualité de vie des Torontois. Il est donc certainement conscient que les survols de proximité causent et continueront de causer des torts grandissants à la population montréalaise et que les coûts de santé générés par le bruit et la pollution de l’air sont largement supérieurs aux profits qu’ADM peut tirer des dérogations aux règles de décollage et d’atterrissage et du maintien des corridors et des niveaux d’altitude actuels des aéronefs guidés par la tour de contrôle de Montréal-Trudeau.

Merci de prendre en considération cette demande d’agir dans les plus brefs délais.

Jocelyne Perron, Montréal
Le 22 août 2019

En 2019, cette chronique sera publiée pour la dernière fois, le 13 décembre prochain. Nous reprendrons sa publication en 2020, soit le 17 janvier 2020. Prière de ne pas nous faire parvenir de communiqués ou de lettres entre le 13 décembre et le 10 janvier. Merci de votre compréhension.

 

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