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Lettres ouvertes – Semaine du 28 septembre 2018

Publié le 23/09/2018
par Rédaction

Haro sur la muraille et l’unilinguisme!

Je suis outré par les commentaires de l’artiste Jacques Lebleu sur sa muraille intitulée « Iona Monahan and the catwalk », muraille unilingue anglaise, et son sac fourre-tout unilingue anglais. Les explications qu’il donne, ce sont celles d’un colonisé qui perdure la division entre anglophones et francophones. Sa remarque au fait que la muraille était sur Saint-Laurent Ouest est d’une vacuité intellectuelle peu commune.

Je suis d’autant en colère, puisqu’en avril 2017, j’ai dénoncé à l’Office québécois de la langue française (OQLF) au moins une centaine d’entreprises, surtout de mode et principalement sur Chabanel, qui avaient des sites Web transactionnels unilingues anglais. J’ai fait un état de la question en avril 2018. Le 24 septembre 2017, j’ai envoyé à l’Office Québécois de la Langue Française (OQLF) 105 plaintes concernant des sites Web unilingues anglais. À la suite des plaintes déposées, l’OQLF a déterminé, en décembre 2017, que plus de 90% des plaintes feraient l’objet d’un travail de sensibilisation auprès des entreprises fautives. La dizaine de plaintes rejetées étaient déclarées, soit non fondées, soit le site Web incriminé ou/et l’entreprise étaient disparus.

Le 25 avril 2018, sept mois après la remise des plaintes, nous constatons que sur les 95 plaintes restantes à la suite du premier tamisage fait en décembre 2017, 71 entreprises ont encore un site Web unilingue anglais malgré l’intervention de l’OQLF. Les 24 entreprises qui ne sont plus fautives, sont celles qui ont fait les correctifs nécessaires afin de répondre à la loi (13); ou celles qui ont choisi de mettre fin à leur site Web (11).

En somme, sept mois après les plaintes, si nous enlevons les plaintes rejetées (10) par l’OQLF dès la première évaluation, 75 % des entreprises (71 sur 95) continuent à administrer un site Web unilingue anglais. Or, l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville est loin de faire partie du West Island.

Finalement, la majorité des entreprises réfractaires sont majoritairement des entreprises de mode qui sont situées très largement sur les rues Chabanel Ouest et Meilleur, sur l’avenue du Parc et le boulevard Saint-Laurent.

Depuis près de 30 ans, les gouvernements municipal, provincial et fédéral ont investi entre 30 et 40 millions dans le renouvellement des infrastructures et la revitalisation du quartier de la mode Chabanel. Les ministres libéraux Marie Montpetit, Christine Saint-Pierre, et Mélanie Joly se sont impliquées directement dans ce dossier et ont été très généreuses avec notre argent pour aider surtout le Groupe Dayan et Marcarko.

Leur prodigalité semble démesurée quant aux résultats et leur timidité à demander que ces entreprises fonctionnent aussi en français est demeurée bien discrète. Pour ma part, la cause est entendue; ces compagnies font preuve de francophobie. Car, comment peut-on qualifier cette attitude de refus du fait français alors qu’elles vivent chez nous, souvent depuis plus de trente ans.

Lorsque que je regardais le débat des chefs et les propos de la mairesse de Montréal, je me disais que, malgré les belles parole, Montréal est maintenant une ville bilingue. Or, si nous perdons Montréal, le français ( livres, journaux, médias, chansons, etc), dans cinquante ans, deviendra un enjeu folklorique.

Le quartier Chabanel est un quartier anglicisé dans lequel nos immigrants –souvent francophones– travaillent en anglais. Dans trois générations, ils se diront anglophones par notre inertie en tant que francophones.

Merci.

Jean Archambault, résidant d’Ahuntsic

Le 22 septembre 2018