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Lettres ouvertes – Semaine du 31 mai 2019

Publié le 26/05/2019
par Rédaction

Tomber en amitié

Qui a dit que le bel âge n’a de beau que le nom ? Quand cette expression ne fait pas lever les yeux au ciel, elle est lâchée avec ironie. Pas question ici d’énumérer tout ce qui peut arriver de désagréable ou de triste dans la vie d’une personne avançant en âge, chacun d’entre nous fait face à sa réalité. J’aimerais plutôt vous raconter comment, à ma grande surprise, j’en suis venue à y trouver du vrai.

Je ne sais pas pour vous, mais ma nature me mène beaucoup moins naturellement vers des espadrilles que vers un bon livre. À l’été 2016, à la retraite depuis un peu plus d’un an, ma vague résolution de m’occuper de ma condition physique commençait à me donner mauvaise conscience. Car malgré de belles années à pratiquer la randonnée pédestre durant la trentaine et la quarantaine, force est d’admettre que mon mode de vie sédentaire durait depuis trop longtemps.

Habitant à dix minutes à pied du Centre Claude-Robillard — je n’avais aucune excuse —, je me suis inscrite au cours de conditionnement physique du Club 50 ans+. Juste pour une session, pour voir. Pour tout vous dire, j’étais loin d’être certaine de mon affaire. Quand on quitte le monde du travail, on laisse derrière soi un milieu où la majorité des gens sont plus jeunes que soi. Allais-je m’adapter ?

J’étais loin de me douter à quel point cette décision changerait ma vie. Et celle de mon mari.

Dès novembre, enchantée de l’expérience, j’ai su que je serais dorénavant membre à l’année. Mon mari, travailleur autonome à la maison, à quelques années de la retraite, avait bon an mal an réussi à faire du jogging dans le quartier. Sauf les jours de pluie, de verglas ou de neige, sans oublier les grands froids et la canicule. Il se rend à l’évidence : de coureur régulier il est tranquillement devenu coureur occasionnel. Je lui propose de s’inscrire avec moi — une façon pour nous de pratiquer une activité ensemble. Et tout ça, paraît-il, c’est bon pour le cœur.

Mais le meilleur était encore à venir.

Le Club organise aussi des randonnées pédestres au printemps et à l’automne. L’hiver, raquette et ski de fond sont au programme. J’en entendais parler régulièrement chaque saison mais mon mari et moi n’étions pas très chauds à l’idée de ces sorties de groupe en autocar… Pourtant, je constate que nous n’y allons plus en voiture, et les week-ends, c’est la cohue dans les sentiers, les bouchons de circulation sur les routes. À force, l’idée fait son chemin et au printemps 2017, nous voilà inscrits. Une journée au grand air, se laisser conduire à l’aller — et au retour — le bonheur ! Nous sommes donc devenus des habitués, printemps, automne et hiver. Mine de rien, j’ai fait passer mon futur retraité à la semaine de quatre jours. Je me souviens, non sans fierté — nous roulions vers Montréal après une magnifique journée — que c’est avec des étoiles dans les yeux qu’il m’a remerciée de l’avoir inscrit.

Avec les randonnées viennent les rencontres. La marche favorise les conversations, le hasard nous fait croiser différentes personnes au cours de la journée. Les vendredis sont pour nous rapidement devenus synonymes de fête et c’est avec le sourire que nous nous retrouvons tous devant le Centre avant le départ. Déjà, les rires fusent. On s’informe de la santé de l’un, on s’inquiète de l’absence d’une autre : va-t-elle bien ? Ah bon ! elle est en voyage ! Après quelques saisons, un camarade nous apprend qu’une quinzaine de randonneurs ont l’habitude de souper au resto au retour de l’excursion et il nous invite gentiment à nous joindre à eux. Pour nous, parents de deux enfants adultes et grands-parents depuis six ans, la vie sociale était, de fait, familiale. Surpris et touchés, on s’est dit pourquoi pas ?

Nous avons alors découvert le plaisir des grandes tables animées, des fous rires, des confidences, des discussions. Par ailleurs, les projets personnels et les passions des uns et des autres sont soulignés et encouragés avec ferveur. La gang (comme je la surnomme) rassemble des retraités de tous les horizons et quelques personnes encore actives sur le marché du travail. Cette camaraderie, tricotée au fil des milliers de pas dans les sentiers, est entretenue entre les saisons de plein air par des parties de bowling burlesques (merci, Michel !), des séances de cinéma, etc. Ici, je n’ai d’autre solution que de recourir à l’anglais pour traduire ma pensée : j’ai l’intime conviction que ce petit groupe d’humains truly care for each other. Jamais je n’aurais imaginé que la soixantaine, du moins la mienne, aurait tant à voir avec le bel âge.

Et s’il m’arrive parfois de trébucher sur une racine ou de glisser au détour d’un sentier enneigé, je suis surtout tombée en amitié. Et ça aussi c’est bon pour le cœur.

Danielle Tourville

Ahuntsic-Cartierville

Mai 2019


Les digues ne sont pas une solution

A l’instar des citoyens de Ste-Marthe sur le lac, des citoyens de Ahuntsic Cartierville réclament la construction de digues permanentes contre les inondations. Or de telles « digues permanentes » sont une illusion. Aucune digue ne pourra résister aux inondations de plus en plus importantes que nous imposeront les changements climatiques dans un avenir proche. La seule solution est le déplacement des personnes qui vivent en terrain inondable. Le gouvernement de la CAQ proposent à ces citoyens un montant de $200,000 pour les reloger. Ils doivent accepter cette offre généreuse, car les contribuables du Québec n’accepteront plus dans l’avenir de payer des millions de dollars pour une infime partie de la population qui vit sur des terrains inondables. Les municipalités et les promoteurs immobiliers qui ont favorisé de telles constructions en terrain inondable, parce que c’était profitable pour eux, devront modifier leur attitude. Je suis entièrement d’accord avec Luc Ferrandez qui disait que toutes les constructions en terrain inondable doivent être dès maintenant interdites partout au Québec. Les citoyens qui vivent sur de tels terrains ont la chance de profiter d’une offre exceptionnelle du gouvernement du Québec, ce qui n’est pas le cas de tous les autres qui sont affectés par les changements climatiques (notamment les producteurs forestiers et les agriculteurs) qui n’ont pas droit à de telles compensations.

Diane Éthier

Ahuntsic-Cartierville

Mai 2019