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Lettres ouvertes – Semaine du 7 septembre 2018

Publié le 07/09/2018
par Rédaction

Manifeste pour une coopérative d’habitation famille sur le terrain Louvain

Le 10 octobre 2017, nous, citoyenEs de l’Arrondissement Ahuntis0c-Cartierville, nous nous sommes réunis en assemblée générale au Centre communautaire Ahuntsic pour fonder légalement, avec l’aide du Groupe de ressources techniques Bâtir son quartier et du Comité logement Ahuntsic- Cartierville, une coopérative d’habitation pour familles. Nous l’avons appelé la Coopérative d’habitation Louvain, car nous voulons qu’elle soit érigée et située sur ce grand terrain qui appartient à la Ville de Montréal dans le secteur Saint-Sulpice d’Ahuntsic.

Notre projet comporte 70 unités de logements sociaux. Le développement du site Louvain est propice à la construction de grands logements pour les familles. Rappelons que le dernier projet de logement social destiné aux familles dans Ahuntsic s’avère être l’OBNL Les Habitations Viel-Place Meilleur et qu’il a été réalisé en 2012. La dernière coopérative d’habitation a vu le jour en 2010.

L’expérience montréalaise démontre qu’il est plus difficile de construire de grands logements lorsque les projets de logements sociaux résultent d’entente d’inclusion avec les promoteurs immobiliers, car leurs coûts de réalisation sont plus élevés. L’utilisation de terrains publics pour construire des projets de logements sociaux destinés aux familles est, dans ce contexte, d’autant plus indiqué pour réduire les coûts des projets.  En effet, l’achat du terrain n’est pas requis ou son coût d’acquisition est moindre.

Nous sommes 27 membres fondateurs prêts à nous impliquer dans un projet collectif avec différentes compétences en gestion, finance, comptabilité, construction, etc.  Nous voulons participer à la création d’un milieu de vie sain pour nos ménages, dont plusieurs grandes familles.  Les 27 membres fondateurs ont, au total, 58 enfants.  Parmi nous, 21 membres ont besoin d’un logement comportant 3 chambres à coucher et/ou plus.

Nous demandons donc :

  • Que les candidatEs aux élections municipales s’engagent, dès maintenant, à travailler, dès le début de leur mandat, au développement du terrain Louvain;
  • Qu’ils nous appuient pour que ce projet de logement social destiné aux familles, projet issu d’une assemblée publique tenue le 5 avril 2016 et qui a mobilisé plus de 150 personnes, soit développé prioritairement;
  • Que le terrain Louvain puissent également être utilisé pour développer d’autres projets de logements sociaux, un centre communautaire et divers projets à des fins de développement social.

Abdelmajid El Kharroubi, Ilham Sadoumi, Abdellah Abir, Oula Hankir, Fadila Roudane, Soumia Seghir, Hamid Danndun, Meziane Hamouimeche, Lefdil Hassi, Vincent Gariépy, Abderrahim Touti, Abderrahim Élouardi, Mohammed Sabar, Rachid Laouisset, Carlos Alonzo, Naima Liani, Vasty Santamaria, Mariama Sarr, Marie-Sylvie Arslanian, Olga Elena Castrillon, Meryem Bouhmida, Nabila Hamrouni, Naima Mehennek, Céline Dubé, Hmida Eddouri, Ingrid Sosa, Siham Abouzaid

Le 6 septembre 2018


Lettre ouverte sur l’amiante dans le cadre de la campagne électorale 2018

Dans la présente campagne électorale, l’Association des victimes de l’amiante du Québec (AVAQ) exhorte les partis politiques à préciser leurs intentions au regard de l’amiante. Ce matériau, couramment utilisé en construction jusqu’à la fin des années quatre-vingt-dix, est omniprésent dans les bâtiments résidentiels, commerciaux et industriels et le sera encore pour plusieurs décennies. L’amiante continue à faire des victimes autant parmi les travailleurs que parmi la population générale. L’AVAQ demande aux partis de prendre position sur ce problème majeur de santé publique.

En matière de prévention, nous déplorons plusieurs lacunes qui, encore en 2018, ont pour effets d’exposer la population à ce contaminant, autant au travail que dans la vie de tous les jours. Rappelons que les maladies causées par l’amiante tuent plus de travailleurs et de travailleuses que les accidents du travail, et qu’en 2016, sur 137 décès par maladie professionnelle au Québec, 121 ont été causés par l’amiante, comparativement à 80 décès par accident de travail. Les travailleuses et les travailleurs de la construction sont particulièrement susceptibles d’être exposés à ce contaminant mortel faute de registre complet des endroits où on a inséré de l’amiante.

La norme d’exposition à l’amiante actuellement en vigueur au Québec est 10 fois plus élevée que celle qui a cours aux États-Unis et au Canada et 100 fois plus que celle qui a été adoptée par des pays européens comme la France et la Suisse. Ceci est carrément inacceptable et doit changer, surtout quand nous savons que les scientifiques n’ont pas encore identifié un seuil sécuritaire d’exposition à l’amiante pour des maladies telles que le mésothéliome (cancer de l’enveloppe du poumon). Rappelons que l’amiante, c’est comme la loterie. Plus on achète des billets, meilleures sont les «chances» d’obtenir le «gros lot». Plus on respire de fibres plus on a de chances de développer une maladie due à l’amiante. Les normes d’exposition, tant dans l’environnement que dans les milieux de travail, doivent donc être abaissées le plus possible, à l’image, par exemple, des normes françaises, suisses ou néerlandaises.

La reconnaissance des maladies professionnelles associées à l’amiante fait l’objet de contestations indues par des employeurs du Québec. Le régime de compensation les y incite et certains employeurs engagent même des médecins spécialistes qui livrent des témoignages allant à l’encontre des connaissances scientifiques bien établies par l’Organisation mondiale de la santé ou par d’autres organismes internationaux tout aussi crédibles. L’AVAQ demande que les partis politiques prennent des engagements formels pour mettre fin à la judiciarisation outrancière des dossiers de victimes de l’amiante.

Nous déplorons enfin l’absence de mécanisme pour indemniser les victimes de l’amiante dont l’exposition n’est pas d’origine professionnelle. Contrairement à la France, le Québec et le Canada n’ont pas de politique d’indemnisation des victimes environnementales ou extra-professionnelles. Pensons seulement à un individu qui a été exposé dans sa famille aux fibres d’amiante apportées sur ses vêtements de travail par un parent. Pensons aussi à une personne qui a résidé à proximité d’une mine ou d’une usine de transformation de l’amiante qui laissait échapper de la poussière dans son voisinage.

Les représentants de l’AVAQ sont disponibles pour rencontrer les chefs de partis et les candidats de tous les partis préoccupés par la prévention des maladies de l’amiante. Nous aimerions vraiment aider les différents partis à adopter une politique claire sur cette question.

Gilles Mercier et Micheline Marier, pour l’AVAQ, 5 septembre 2018

Résidants d’Ahuntsic-Cartierville


Lettre d’opinion

L’entrevue accordée par la députée Marie Montpetit au Journal des Voisins (version papier, Vol.7, no 4- Septembre 2018), est très pertinente pour mesurer les écarts entre les prétentions et les actions pendant le mandat de la députée Montpetit confrontées à la réalité des faits.

Elle affirme dans cet article qu’elle a, au cours de ses quatre années de mandat de députée de la circonscription de Maurice-Richard et je cite:« (…) elle a pratiqué une politique de proximité, à l’image des électeurs de la circonscription.

Lorsque nous confrontons cette affirmation avec l’ensemble des mesures prises dans le domaine de la santé et des services sociaux dans la circonscription, nous sommes très loin du compte.

La députée Marie Montpetit a été pendant deux ans adjointe parlementaire du Ministre Barrette, entre 2015 et 2017. Au lieu de représenter les intérêts de ses électeurs, la députée a toujours soutenu les actions (coupures) dans Ahuntsic du ministre Barrette et de son bon ami Pierre Gfeller, Président-Directeur Général (PDG) de Centre Intégré Universitaire de la Santé et Services Sociaux du Nord-de-l’Île-de- Montréal CIUSSS).

Regardons ces coupures qui éloignent les citoyens d’Ahuntsic des services sociaux et de santé de proximité sans que la députée dise un mot et soutienne ses électeurs.

a) Fermeture de l’accueil et des urgences sociales (personnes suicidaires, itinérants, crise familiale, etc.) du CLSC Ahuntsic et déplacement de ces services au CLSC Montréal-Nord.

b) Fermeture du service de soutien aux jeunes adultes présentant une problématique psychiatrique du CLSC Ahuntsic et déplacement de ce service au CLSC Montréal-Nord.

c) Fermeture de la Clinique des jeunes et consultation nursing 14-24 ans et déplacement du service à Montréal-Nord.

d) Rattachement de plusieurs intervenants psycho-sociaux aux Groupes de Médecine de Famille (GMF).

e) Fermeture du service de soutien psycho-social dans Ahuntsic et déplacement de ce service à Montréal-Nord. Toute demande d’aide doit passer par le CLSC Montréal-Nord. Faut-il que les jeunes familles d’Ahuntsic se signalent à la DPJ pour avoir des services de soutien alors qu’elles sont ouvertes à recevoir de l’aide ?

f) Fermeture du CHSLD Louvain (141 places) et déplacement des personnes âgées en perte grave d’autonomie vers les ressources intermédiaires du Groupe Immobilier Globale situées essentiellement dans la Petite-Patrie et Montréal-Nord. Ces ressources intermédiaires sont privées et les bas salaires amènent une mobilité très grande du personnel, surtout chez les proposés aux bénéficiaires.

Les ressources intermédiaires ne peuvent pas offrir plus de trois heures des services de santé; les personne plus malades doivent aller dans un CHSLD. Finalement, actuellement, il y a une liste d’attente de plus de 100 personnes âgées en perte grave d’autonomie pour la région Nord (Ahuntsic) de l’Île-de- Montréal.

En 2016, le ministère Barrette et son ami Pierre Gfeller a fermé 211 places en CHSLD publics sans mettre de l’avant de nouveaux projets de CHSLD publics dans Ahuntsic. La députée Marie Montpetit s’est dit en accord avec cette proposition qui éloignerait la très grande majorité des personnes âgées en perte grave d’autonomie de leur quartier Ahuntsic. En 2016-2017, le coût moyen estimé par jour : un lit en CHSLD: 230 $ et dans une ressource intermédiaire: 118 $. Doit-on laisser les personnes âgées en perte grave d’autonomie dans des ressources privées hors de notre territoire?

g) Stagnation des services et soins à domicile pour les personnes âgées puisque le vieillissement de la population d’Ahuntsic et la demande de rester à la maison rendent la disponibilité de tous ces services de plus en plus difficile compte tenu de l’explosion des demandes d’aide à domicile. Les personnes âgées se voient obligées de gruger dans leur budget pour obtenir des services par des compagnies privées.

Le Réseau FADOQ affirme pour sa part que les politiques du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, se traduisent par une privatisation dans les faits des services aux aînés, puisque ceux-ci n’ont d’autre choix que de payer de leur poche pour en obtenir en attendant d’en recevoir du secteur public. L’organisme a démontré que les aînés doivent dépenser en moyenne entre 200 $ et 250 $ par mois pour des services privés, selon l’ampleur de leurs besoins.

Il s’agit, selon le Réseau FADOQ, d’une somme dont la plupart des aînés ne disposent pas puisque la majorité des personnes de 75 ans et plus ont un revenu annuel inférieur à 20 000 $.

Dans les secteurs de la santé et des services sociaux, la députée Marie Montpetit n’a jamais caché qu’elle privilégiait le secteur privé au détriment du secteur public. Quand on la questionne sur les déplacements des services comme au CLSC Ahuntsic, elle prétend que la polyvalence des GMF va permettre aux citoyens d’avoir accès autant à l’intervenant psycho-social que le médecin.

Or, dans la réalité, les GMF sont des entreprises privées dont l’efficacité reste à prouver. La majorité des GMF sont à la recherche de médecins et l’influence de ces derniers pourrait facilement amplifier l’aspect sanitaire au détriment du psycho-social.

Sur la question de l’hébergement des personnes âgées très vulnérables, la députée Marie Montpetit était en accord avec la fermeture du CHSLD Louvain et le développement de ressources intermédiaires privées, tout en sachant que les personnes déplacées seraient envoyées vers des places d’hébergement situées hors d’Ahuntsic, dans les quartiers Petite-Patrie et Montréal-Nord. D’autres personnes se retrouvent aussi loin que le Centre Hospitalier Rivière-des-Prairies qui est situé dans l’arrondissement Rivière-des-Prairies.

La députée ne propose pas la construction de nouveaux CHSLD publics, mais dit se fier comme dans le cas des GMF, à l’entreprise privée. Dans le domaine de l’hébergement personnes âgées en perte grave d’autonomie et malades, le Groupe Maurice qui met en place des lits médicalisés aux Jardins Millen (26 lits) et ORA (19 lits) dont les frais mensuels se montent entre 5 000 $ à 6 000 $. Est-ce bien une avenue réaliste pour la majorité des personnes âgées en perte grave d’autonomie ? Non et trois fois non.

Finalement la député Marie Montpetit et le PDG Pierre Gfeller ont reçu leur récompense en ne s’opposant pas aux directives du ministre Barrette dans Ahuntsic. A la fin 2017, La députée Montpetit est devenue ministre de la Culture et responsable de l’application de la Charte de la langue française. Son salaire en tant que ministre se chiffre maintenant à 181 501$ (indemnités en tant que député, en tant que ministre et frais de fonction), alors qu’elle recevait en en tant qu’adjointe parlementaire du minisre Barrette et députée un salaire de 132 149 $.

Pierre Gfeller, après avoir accepté un prolongement de son contrat en tant que PDG du CIUSSS du-Nord-Nord-de-l’Île-de-Montréal. À la fin d’avril 2018, avant les élections de septembre 2018, son ami le ministre Barrette l’a nommé PDG du Centre hospitalier universitaire McGill. Par décret, Barrette a nommé, pour trois ans, son ami Pierre Gfeller, PDG du Centre hospitalier universitaire de santé McGill avec un traitement annuel de 311 812 $ au lieu de 288 714 $ s’il était resté PDG du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de- Montréal.

Nous devons juger la performance de la députée Marie Montpetit à partir de la réalité. Or la députée Marie Montpetit a été un bon soldat pour le Parti Libéral du Québec (PLQ) et un bon lieutenant du ministre Barrette mais elle n’a jamais été guidée d’abord par les intérêts des citoyens d’Ahuntsic dans les domaines de la santé et des services sociaux autant pour les familles et les personnes âgées de sa circonscription.

Jean Archambault, rue Saint-Charles, résidant d’Ahuntsic

Le 3 septembre 2018