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Montréal a l’une des meilleures qualités d’air, mais…

Publié le 01/08/2018
par Diane Éthier

Qualité d’air à Montréal au 14 juillet 2018. Légende: points verts, bon; points jaunes, acceptable; points rouges, mauvais. (Source: Ville de Montréal)

Plusieurs organismes comparent la qualité de l’air dans les villes du monde, car c’est là que vit désormais la majorité des citoyens de la planète.

Ces études utilisent généralement le critère de mesure de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), soit le nombre de microgrammes de particules fines chimiques (PM2,5) par mètre cube d’air (m3 d’air) émises par les véhicules fonctionnant au diésel, les industries, l’agriculture et le chauffage au bois.

La qualité de l’air est jugée excellente lorsque la proportion de PM2,5 ne dépasse pas 2,5 microgrammes par m3 d’air.

Selon l’étude de 2016 de l’OMS, qui porte sur 3 000 villes de plus de 100 000 habitants dans 103 pays, aucune d’entre elles ne respecte cette norme. Les mégalopoles de l’Inde et de la Chine sont les plus polluées avec des taux de 115 à 132 microgrammes de PM2,5 par m3 d’air.

Sans être aussi dramatique, la qualité de l’air demeure très problématique dans la plupart des grandes villes d’Afrique, de l’Asie de l’est et de l’Europe orientale. Plus d’un million de personnes meurent chaque année à cause de l’air vicié qu’elles respirent dans ces milieux urbains.

À Paris et à Londres, la qualité de l’air est meilleure, mais néanmoins préoccupante avec des taux moyens de 27 microgrammesde PM2,5 par m3 d’air.

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Par contre, toutes les villes du Canada, des pays du nord de l’Europe, de la Russie, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et plusieurs municipalités des États-Unis possèdent une bonne qualité d’air avec
un pourcentage moyen de 11 à 15 microgrammes de PM2,5 par m3 d’air.

Cette performance est due au recours beaucoup moins fréquent au diésel et au charbon comme combustibles des véhicules et des appareils de chauffage, et aux normes antipollution imposées aux entreprises industrielles et agricoles par les gouvernements nationaux et régionaux.

Toronto et Vancouver font mieux que Montréal

En 2011, le McGill Daily soutenait que Montréal (avec 11,3 de PM2,5 par m3 d’air) était la ville la plus polluée du Canada après Sarnia en Ontario (12,7), et loin derrière Toronto (7,9) et Vancouver (4,9).

Selon La Presse Plus du 4 mars 2017, la qualité de l’air de Montréal s’est nettement améliorée depuis, car en 2016 le pourcentage de PM2,5 par m3 d’air a été de 7,8 en moyenne.

Cette performance ne peut cependant être attribuée aux efforts de notre ville pour bonifier l’air que nous respirons, car elle résulte de la réduction des épisodes de smog en raison des vents et de la fermeture de plusieurs centrales au charbon en Ontario et dans le nord-est des États-Unis.

Heureusement, Montréal a décidé de s’attaquer au problème du chauffage au bois, qui est la principale cause des épisodes de smog durant l’hiver, de plus en plus fréquents. Le règlement adopté en ce sens en 2016 interdit l’utilisation des poêles et foyers au bois durant les périodes de smog, tout en les autorisant
lors de pannes d’électricité de trois heures et plus.

Il stipule également qu’au 1er octobre 2018, seuls les poêles et foyers au bois qui font l’objet d’une reconnaissance par l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis (EPA) et qui n’émettent pas plus de 2,5 microgrammes de PM2,5 par heure sont autorisés. Il reste à voir cependant si nos élus municipaux sont en mesure de faire appliquer ce règlement.

Et la pollution des véhicules?

En conclusion, bien que la qualité de l’air à Montréal soit bonne, elle demeure inférieure à celle de Toronto et de Vancouver et est encore très loin de la norme d’excellence de l’OMS.

Le règlement visant à réduire la pollution des appareils de chauffage au bois est un pas en avant. Mais il ne résoudra pas la principale cause de pollution de l’air à Montréal, qui est le nombre sans cesse croissant de camions et automobiles dans nos rues.

Plusieurs mesures pourraient diminuer la pollution de ces véhicules (responsables de 40 % des gaz à effet de serre au Québec) : l’installation de péages sur les ponts et les autoroutes; l’embargo sur la construction de nouvelles autoroutes; l’arrêt de l’étalement urbain. Mais ni Montréal ni le gouvernement du Québec ne sont proactifs en ce sens.

Vous pouvez vérifier la qualité de l’air à Montréal en temps réel, ici.

Cet article a été publié pour la première fois dans le mag papier du jdv en avril 2017 et mis à jour par Christiane Dupont en juillet 2018.