André Lachapelle, formateur à La Corbeille depuis 10 ans, au comptoir pour les commandes à emporter, le service à la table et le petit marché - Crédit Leila Fayet
André Lachapelle, formateur à La Corbeille depuis 10 ans, au comptoir pour les commandes à emporter, le service à la table et le petit marché – Crédit:Leila Fayet

Au 5080, rue Dudemaine, de 9 h à 16 h, les nouveaux services offerts par le restaurant Festigoût de La Corbeille, s’étendent depuis la vente de repas à emporter jusqu’aux services de boulangerie-café sur place ou à emporter. Et dès 11 h 30, sur l’heure du dîner, l’habituel service de restauration classique avec service à table est toujours disponible aux grands bonheurs des habitués. Derrière le comptoir, la porte à battant cache une grande cuisine. Sous l’œil attentif du chef cuisinier-formateur, Marie-Justine Keumeni y apprend le métier d’aide-cuisinier.

Grâce à La Corbeille, organisme sans but lucratif (OBNL) de réinsertion professionnelle et de formation, Marie-Justine élargit ses compétences, en sus de la restauration à service complet (service à table), en apprenant les techniques et contraintes du casse-croûte avec table, de la cafétéria, de l’épicerie et des plats à emporter. Marie-Justine Keumeni, arbore fièrement son tablier foncé sur uniforme blanc de cuisiner et répond aux questions du JDV. 

Marie Justine Keumeni étudiante à La Corbeille en aide-cuisiner. elle coupe du melon pour les collations des services de garde - Crédit Leila Fayet
Marie-Justine Keumeni, étudiante à La Corbeille en aide-cuisiner. Elle coupe du melon pour les collations des services de garde – Crédit: Leila Fayet

Avant tout, la volonté de se rapprocher de la culture québécoise

« Je suis une passionnée de la cuisine. Ça fait partie intégrante de la culture d’ici. Au-delà de la formation d’aide-cuisinier, La Corbeille nous apprend les règles québécoises de savoir-vivre, nous accompagne dans notre développement, dans la recherche d’un emploi et la gestion avisée de notre argent. Et le fait de travailler dans un esprit d’inclusion et de travail en équipe rend l’apprentissage et le service à la clientèle meilleur. De là d’où je viens, on a un dicton qui dit Une seule main ne peut pas attacher un sac  », explique Marie-Justine Keumeni.

Cette immigrante habite depuis deux ans et six mois à deux rues de La Corbeille. Elle est en formation depuis deux mois et deux semaines. La formation complète dure six mois et est accréditée par Services Québec ainsi que par le Collectif des entreprises d’insertion du Québec pour les 18 à 55 ans en parcours d’insertion socioprofessionnelle. 

Mais la cuisine, ce n’est pas tout, il y a aussi la partie clientèle. André Lachapelle, cet ancien propriétaire de restaurant et passionné du service à la clientèle chaleureux et précis, explique au Journaldesvoisins.com son rôle pour les nouveaux services de «formateur en salle à manger ».

 

Nouveaux services, nouvelles compétences

« Avec les nouveaux services, je forme mes étudiants au service au comptoir. Ils doivent aussi être capables de faire l’accueil en personne, prendre les commandes par téléphone, connaître tous les produits vendus, pour les allergies, notamment. Ils s’assurent de la disponibilité des viennoiseries, sandwichs et plats congelés ou frais à emporter ou à consommer sur place. Ils acquièrent également une meilleure connaissance monétaire avec la gestion de la caisse », précise André Lachapelle.

Mais quel que soit le service, la base doit être solide. Il faut aimer le service à la clientèle, avoir une bonne mémoire, être en forme et avoir des locaux propres qui sentent bon, d’après ce formateur en poste depuis 10 ans à La Corbeille. 

De plus, selon lui et Donald Boisvert, directeur général de La Corbeille, les nouvelles compétences acquises permettront aux étudiants d’augmenter leur chance de trouver un emploi.

Nouveaux services, nouvelles occasions

« Dans le milieu de la restauration, de plus en plus d’endroits comme La bête à pain sur Fleury Ouest ou Mamie Clafoutis sur Fleury Est ouvrent à Montréal. En ce moment, il y a une pénurie de main-d’œuvre. Et c’est une belle opportunité pour nos étudiants. Habituellement, 85 % d’entre eux trouvent du travail après la formation. D’autres préfèrent continuer leur formation. Nous formons annuellement 48 étudiants dont 24 au restaurant. Actuellement, nous avons 12 étudiants au restaurant. Mais aujourd’hui, il en manque un en salle et deux ou trois en cuisine. Comme tous les centres de formation, nos étudiants ou leurs enfants peuvent être malades », ajoute Donald Boisvert.

La clientèle peut donc désormais bénéficier d’une nouvelle offre de services à La Corbeille, d’après Donald Boisvert. Les nombreux travailleurs automnes du quartier profiteront du Wi-Fi gratuit tout en consommant. Les employés de l’Hôpital Sacré-Coeur, du Centre de services scolaire Marguerite-Bourgeyois, du CLSC Bordeaux-Cartierville et des bureaux du voisinage pourront prendre un repas ou simplement un café avec une collation. […] Ceux de Bombardier, par exemple, pourraient passer prendre un repas frais ou congelé pour le soir. Les familles, après avoir récupéré leurs enfants à l’une des quatre garderies voisines, pourraient à leur tour s’y procurer une collation.

De plus, pour Donald Boisvert et André Lachapelle, travailler dans la restauration pour les parents monoparentaux est difficile, car il faut souvent travailler le soir. Alors former les étudiants aux nouveaux services offerts par La Corbeille, leur permettra de trouver des emplois en journée. De plus, la pandémie aurait incité plusieurs restaurateurs à offrir ou renforcer leur offre à service restreint (à emporter, paiement au comptoir avant service, etc.).

En attendant, les clients viennent déguster une pâtisserie avec un café, certains choisissent d’emporter leur collation tandis que d’autres préfèrent être servis à une des tables devant la baie vitrée.

Un avenir

Gilles Arcand et Michèle Champagne s'apprêtent à déguster un potage de betterave à la table de La Corbeille - Crédit Leila Fayet
Gilles Arcand et Michèle Champagne s’apprêtent à déguster un potage de betterave à la table de La Corbeille – Crédit : Leila Fayet

Depuis l’ouverture en 1987, Michèle Champagne et son compagnon Gilles Arcand, aujourd’hui retraités, fréquentent La Corbeille.

 « Après avoir vécu au bout de la rue pendant 30 ans, nous avons déménagé à Laval il y a sept ans maintenant. Mais, nous faisons quand même le détour pour venir dîner deux fois par semaine. C’est le meilleur des restaurants rapport qualité/prix que nous fréquentons. C’est très bon, en plus nous sommes toujours bien accueillis et bien servis. […] Nous rencontrons des gens et sympathisons avec eux. Et parfois nous avons des surprises. Tenez, là, à la table derrière nous, je connais très bien le monsieur. Nous étions infirmiers pendant longtemps à l’Hôpital Sacré-Cœur. C’est aussi un habitué », s’amuse Michèle Champagne.

Elle et son compagnon comptent bien continuer à venir au restaurant. Ils s’y sentent accueillis « comme dans la famille ». La musique n’est pas trop forte et elle est à leur goût. Ils apprécient le dynamisme et le degré d’engagement des employés. Ils aiment aussi constater les progrès des étudiants et savoir que la plupart d’entre eux vont y trouver leur voie. 

« J’aime cette formation d’aide-cuisinier parce qu’elle nous permet aussi de voir toutes les possibilités des métiers : pâtissier, traiteur, etc. Moi, plus tard, j’aimerais être chef, alors je vais certainement continuer mes études après La Corbeille », conclut Marie-Justine Keumeni.

Rappelons que La Corbeille avait lancé un autre nouveau concept à la Maison du Meunier au parc-nature de l’Île-de-la-Visitation il y a quelques années.  En mars dernier, Journaldesvoisins.com annonçait que, dès le 23 mai prochain, les clients pourront de nouveau déguster des collations ou des repas légers à la terrasse du Festigoût Café dans le décor bucolique qui entoure la Maison du Meunier, devant la cascade d’eau et les Bihoreaux qui, parfois, s’y donnent en spectacle!

 

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