L’oeuvre terminée de Zoë Gelfant, coin Péloquin et Gouin (Photo: Leïla Fayet)

Du coin Henri-Bourassa et Péloquin, un halo de couleur attire l’œil, juste là, sur la gauche. Sur un mur de garage, des traits de couleurs rappellent la proche rivière et les arbres. La ruelle entre Henri-Bourassa et Gouin est animée par l’œuvre de l’artiste Zoë Gelfant, une nouvelle murale peinte en septembre dernier. La propriétaire de la résidence, Rachel Lamontagne, explique ses choix au Journaldesvoisins.com.

Une question de continuité et de partage

« Les trois côtés du garage étaient peints lorsque nous avons acheté la maison, il y a six ans. Je trouvais cela intéressant, Ça mettait de la joie dans la ruelle qui n’est pas toujours bien belle. […] Mais sur le côté de la ruelle, il y a eu des graffitis. Et puis l’œuvre était toute pâlie. […]  Alors on l’a remplacée […] parce qu’il faut maintenir ce qui est déjà là, c’est un investissement moral. On perpétue l’idée d’avoir un garage avec des murales tout autour », explique Mme Lamontagne.

La résidente d’Ahuntsic ajoute qu’elle voulait participer à la beauté de la ruelle, pour les autres. Et que même si les goûts diffèrent, cette murale ne détruit pas l’environnement. Toutefois, elle comprend que ce style différent peut déplaire à certains. Elle se demande d’ailleurs ce qu’en pensent les jeunes.

Un mur qui fait jaser les jeunes

Lundi 15 novembre de 15 h 30 à 16 h 15, Journaldesvoisins.com a compté une dizaine de jeunes qui sont passés devant la murale. Certains sortent de l’annexe de Sophie-Barat et d’autres se rendent vers le métro Henri-Bourassa. Trois d’entre eux n’avaient pas remarqué l’œuvre. Le matin, trop endormis et le soir, trop fatigués, ont-ils expliqué. Mais une fois le regard posé sur l’œuvre, ils la trouvent jolie, puis pressés, ils repartent d’un bon pas. Les autres, trouvent l’œuvre joyeuse. Quatre autres étudiantes aimeraient avoir plus de murales sur leurs trajets.

Une étudiante avait déjà remarqué la nouvelle murale. Mais elle n’aime pas l’art abstrait. Elle a pourtant pris le temps d’observer la murale plus d’une fois pour lui donner une chance. Elle dit préférer le style des autres murales, plus doux, plus réaliste.

Et les moins jeunes

Sur les trois voisins passant par là, deux disent aimer cette murale. De sa fenêtre, l’un d’eux, avec ses enfants, a même observé avec amusement et curiosité les artistes en pleine création pendant la fin de semaine du 11 septembre.

Mais une troisième voisine dit ne pas aimer l’œuvre, trop vive, trop moderne. Selon elle, c’est dommage que la propriétaire et l’artiste aient travaillé seules.

Comment faire pour avoir sa murale ?

« Avec mon mari, nous avons cherché un bon bout de temps un artiste. […] Finalement nous avons trouvé un site internet qui cherchait des murs pour peindre. Mais c’était vraiment très abstrait ce qu’il faisait. Puis ils m’ont référé à Zoë Gelfant. […] Cela s’est fait en deux à trois semaines. Je lui ai donné l’idée […] :  un lien avec les arbres et la rivière. Elle m’a proposé le croquis. Elle est venue vendredi, samedi et une partie du dimanche avec son conjoint. Et la murale était peinte », dit Rachel Lamontagne, propriétaire de la murale.

L’artiste Zoë Gelfant déclare demander au minimum 600 $ pour une murale de 8*8’. Les prix peuvent augmenter en fonction de la complexité de l’œuvre, en passant par les contraintes de conception aux contraintes et difficultés de réalisation.

D’autres possibilités s’offrent aux propriétaires. Ils peuvent faire appel à Tandem d’Ahuntsic-Cartierville. D’après Tandem, si le projet est retenu par le Programme d’art mural, alors les frais sont payés par l’organisme. Le projet se met en place : artiste, propriétaire, voisins et autres citoyens sont invités à des séances d’idéation. Le profil de l’œuvre se dessine et la murale finit par voir le jour, adoptée par son quartier.

Rêve de murales et de quartier

L’artiste Zoë Gelfant a une vision de l’art mural dans la vie des gens. Depuis 2020, l’artiste a peint plus de 15 murales, dont cinq pour des propriétaires de maisons.

« Je crois en la nécessité de rendre l’art accessible à tous, que cela signifie faire de l’art abordable ou de l’art en public pour que tout le monde puisse le voir. Je pense que lorsque les gens ont accès à l’art, cela enrichit la vie de chacun. Cela permet à votre esprit de vagabonder et d’explorer d’une manière que vous ne pouvez peut-être pas faire pendant que vous travaillez ou faites des courses. Lorsque cet art est public et fait partie du quotidien des gens, comme lorsqu’ils se rendent au travail à pied ou qu’ils passent chercher leurs enfants à l’école, cela ajoute de la joie à notre vie routinière. Cela peut être la fierté de sa communauté », exprime l’artiste.

Et les graffitis ?

Quant aux graffitis qui sont parfois faits sans permission sur les murs de résidences ou de commerces, au grand dam de propriétaires qui n’ont rien demandé (!), ces derniers peuvent appeler Tandem.

Cet organisme a un contrat avec l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville pour faire effectuer le nettoyage de graffitis non désirés sur le domaine privé et public du territoire de l’arrondissement.

Le conjoint de l’artiste complète le travail en ajoutant la couleur. (Photo: courtoisie)

Pour voir l’emplacement des autres murales d’Ahuntsic-Cartierville, cliquez ici.

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Fleury Laurent
Fleury Laurent
2 Mois

Magnifique !

Michel R. Magnan
Michel R. Magnan
1 Mois

Fantastique l’idée des murales. Une initative qui mérite des appuis. Par contre, je me demande pourquoi seulement 15% des murales sont dans Bordeaux-Cartierville, alors que ce quartier représente un peu plus de 40% de la population ? Simplement curieux des critères. Moins de vandalisme dans Bordeaux-Cartierville ?

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