
L’organisation de la période de questions du public au conseil d’arrondissement fait réagir à Ahuntsic-Cartierville. Les élus ont instauré un cadre strict en apparence. C’est 90 secondes pour la question, 60 secondes pour la sous-question, lors d’une heure réservée aux citoyennes et citoyens présents dans la salle. Suivent 30 minutes pour les interventions envoyées par courriel.
Selon plusieurs résidents qui ont contacté le Journal des voisins (JDV), ce minutage serré donne le sentiment que la possibilité de s’exprimer se réduit, même si la période des questions occupe l’essentiel du conseil d’arrondissement.
En réalité, le déroulement en séance est moins rigide. Les échanges débordent souvent du format question-réponse. Ils se transforment en conversation avec les élus et les responsables de services, dans une ambiance plutôt bon enfant.
Cependant, certains citoyens estiment que cette souplesse ne compense pas tout. Ils citent notamment le conseil de février. Alors qu’il restait des questions écrites à traiter, la mairesse a mis fin à la lecture publique en promettant d’y répondre autrement.
« Ces questions ne seront pas toutes lues publiquement aux réunions, et a fortiori, les réponses non plus », écrit Christiane Dupont au conseil à ce sujet. Pour elle, la question ne se limite pas à recevoir une réponse, mais à conserver un accès à l’espace du débat.
Hors champ?
En ce qui a trait aux questions écrites, les inquiétudes sont les plus vives. La mairesse insiste sur le fait qu’elles « ne sont pas ignorées ».
« J’essaie aussi, de façon proactive, quand on a des questions en ligne, de répondre aux gens avant la séance », dit Maude Théroux-Séguin, mairesse d’Ahuntsic-Cartierville.
Les équipes répondent par écrit et poursuivent les échanges au besoin. Ce fonctionnement, qui garantit une réponse individuelle, a toutefois un revers.
Les questions et réponses qui ne sont pas lues publiquement disparaissent de la scène du conseil. Les citoyens concernés reçoivent une information, mais le reste du public ne peut pas l’entendre et on ne peut donc l’inscrire dans le débat collectif.
Autrement, Mme Théroux Séguin reconnaît qu’elle cherche à mieux « organiser » ce temps de parole. Elle constate la présence d’« habitués ». Elle juge normal que ceux-ci reviennent régulièrement exprimer leurs préoccupations, mais elle dit vouloir offrir la possibilité, au plus grand nombre de personnes, de poser des questions en séance.
« L’idée, ce n’est pas de couper la parole aux gens. C’est de dire : quelle est votre question ? Et j’y réponds », explique-t-elle en entrevue avec le JDV.
Son enjeu est de resserrer le format et ainsi éviter les interventions trop longues, tout en donnant aux citoyens la possibilité de s’exprimer.
Discuter ailleurs
Parallèlement, la mairesse de l’arrondissement souhaite conduire une partie de la discussion citoyenne hors du cadre très codifié du conseil.
« Ce qu’on veut faire, c’est développer d’autres mécanismes pour pouvoir avoir un vrai dialogue », explique-t-elle.
Concrètement, elle dit avoir commencé à organiser des « cafés citoyens », des rencontres informelles « un à un ». Elle invite les gens à venir prendre un café pour discuter d’un dossier précis. Elle affirme essayer d’en tenir un par semaine. Ces rendez-vous visent à offrir un cadre plus convivial aux personnes hésitant à prendre la parole devant le micro.
En revanche, les formats collectifs qu’elle évoque — rencontres dans des cafés, dans des parcs, moments de discussion en groupe — en sont encore au stade de l’intention. La mairesse parle d’un souhait de créer ces espaces, sans calendrier ou modalités définis pour l’instant. Alors que le temps de parole au conseil est de plus en plus encadré et que de nouveaux lieux d’échanges sont promis, le débat reste ouvert.
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