Fort-Lorette : l’histoire se recompose

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Un aperçu des derniers moments de cette campagne de fouille. Photo: JDV / Erika Laurendeau Echavarria

La quatrième fouille de Fort-Lorette s’est terminée la semaine dernière. Les trouvailles ont permis d’élucider de nombreux mystères permettant d’avoir une meilleure compréhension du site.

L’équipe de Arkéos a mené une fouille pendant six semaines et demie. C’est la première fois qu’une intervention d’une durée de plus de trois semaines se déroulait sur ce territoire.

Ce délai supplémentaire s’explique notamment par la nature de l’intervention qui diffère des précédentes.

Justine Bourguignon-Tétreault, archéologue chargée de projet chez Arkéos, indique que cette année ils se sont davantage concentrés sur la fouille plutôt que sur l’inventaire. Elle souligne que ce type de travail est plus minutieux et demande plus de temps.

De nouveaux constats

Le site de Fort-Lorette est occupé par une mission sulpicienne, jusqu’à sa fermeture en 1721. Le territoire est par la suite conservé par les sulpiciens qui en font leur domaine seigneurial.

Les trois fouilles précédentes, soit celle de 2017, 2018 et de 2024, ont permis d’établir un meilleur cadre pour les recherches de cet automne, d’après Mme Bourguignon-Tétreault. L’objectif principal était de répondre à des questions laissées en suspens.

« Je trouve que ce qui a le plus porté fruit dans les interventions, c’est de partir de quelque chose de connu et d’élargir sur cette connaissance-là », partage l’archéologue.

Ainsi, en creusant près d’un mur dégagé lors des anciens travaux, ils sont tombés face à une grande pierre de seuil. Mme Bourguignon-Tétreault croit que, selon les dimensions, il s’agirait de l’entrée d’une écurie en pierre. Un endroit utilisé par les habitants du domaine seigneurial.

Cette écurie en pierre pouvait accueillir un cheval ou peut-être deux bœufs, selon Mme Bourguignon-Tétreault. Photo: JDV / Erika Laurendeau Echavarria

Ils se sont aussi aventurés autour de la base de cheminée découverte l’an dernier. Cette fois-ci ils cherchaient à trouver les limites de ce bâtiment. De ce fait, deux murs ont été découverts de chaque côté de la cheminée. Les grandeurs correspondent possiblement plutôt bien à celles du plus grand bâtiment trouvé dans les archives historiques, soit le manoir.

Cette année des pipes de type iroquoiennes ont été recueillies sur le site de Fort-Lorette. De plus, quelques perles en verre ainsi que des colifichets ont été dénichés.

Fort-Lorette une ferme à cour carrée ?

Un nouveau segment de mur de maçonnerie a été déterré lors de cette fouille. Bien que cette trouvaille puisse sembler banale, Mme Bourguignon-Tétreault, nous dit qu’elle est plutôt révélatrice.

« On aurait trouvé un modèle un peu dans le principe de la ferme à cour carrée ou la ferme fortifiée, où est-ce qu’on repère une enceinte, et des bâtiments qui s’accolent à cette enceinte-là », estime-t-elle.

Ce type d’architecture était très populaire en France à l’époque et aurait pu être présente lors de l’occupation du domaine.

L’hypothèse qu’émet Mme Bourguignon-Tétreault est également confirmée par la possible découverte du bâtiment qui pourrait être le manoir. L’un de ses murs est aligné avec celui de l’enceinte, ce qui permet de conclure que l’édifice y était adossé.

Une cinquième fouille

Mme Bourguignon-Tétreault se dit satisfaite des six semaines de travail.  « Définitivement, c’est notre meilleure collecte de données depuis le début en 2017, mais c’est aussi une intervention à plus grand déploiement. »

Elle indique que, grâce à leur solide connaissance de Fort-Lorette, le futur s’annonce intéressant pour les nouvelles fouilles.

Selon les résultats et les recommandations que produira Mme Bourguignon-Tétreault, son équipe d’archéologues pourrait se retrouver à nouveau sur ce territoire.

D’après elle, il y aura toujours du potentiel sur le site : « Je pense qu’on serait rendu à aller chercher à des endroits où on a moins insisté parce que c’était plus perturbé », témoigne-t-elle.

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Le présent avis est publié le 12 06 2026, par Me Chantal Houde, juge administratif

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