Mme Houle au milieu des boursiers actuels d’André-Grasset. Photo : Courtoisie Collège André-Grasset

Le collège André-Grasset, établissement d’enseignement postsecondaire privé et prestigieux, constitue sans doute un modèle en matière de philanthropie étroitement liée à ses donateurs.

« Ce sont essentiellement nos anciens – des gens qui sont venus à Grasset – qui décident de redonner par fierté, par reconnaissance, parce qu’ils ont eux-mêmes bénéficié, à l’époque, de la générosité du collège leur permettant de poursuivre leurs études », explique d’emblée Marisol Houle en entrevue avec le Journal des voisins (JDV). Elle est directrice des relations avec les diplômés, de l’engagement philanthropique et des partenariats stratégiques du collège.

Ces anciens sont parfois des personnalités connues. On pense immédiatement à Laurent Duvernay-Tardif, maintes fois présent à des événements philanthropiques au collège. Mme Houle cite dans la foulée Paul St-Pierre Plamondon, Annie Pelletier, Roseline Filion, Sébastien Delorme, Claude Meunier, Pierre-Olivier Zappa et Caroline Toussaint. La liste est longue, et Google fournit aisément leur biographie. « Malheureusement, les scientifiques qui font des découvertes importantes, notamment dans la recherche sur le cancer, ne sont pas nécessairement aussi connus du grand public », souligne-t-elle.

Une connexion

Il y a aussi tous ces anciens, moins célèbres, qui n’hésitent pas à contribuer, parfois avec des sommes modestes et régulières sur plusieurs années, et qui tiennent à maintenir un lien avec leur alma mater. « Mon plus ancien donateur, c’est un finissant de la promotion 1956. Il m’a confié récemment qu’il nous avait inscrits dans son testament », confie Marisol. Ainsi, génération après génération, une véritable tradition philanthropique s’est enracinée au collège André-Grasset.

Ces contributions, qu’elles soient financières ou sous forme d’actions visant à donner de la visibilité, servent avant tout les causes du collège. Elles permettent à des jeunes qui n’en auraient pas les moyens d’accéder à l’établissement. « C’est important pour nous, car cela favorise la diversité et nous permet d’identifier des jeunes qui sont de véritables diamants bruts et qu’on aide à polir avant leur saut vers l’université », illustre-t-elle.

Grâce aux dons, une dizaine de jeunes bénéficient chaque année de bourses couvrant entièrement les frais d’admission et de scolarité. D’autres reçoivent des bourses partielles ou des distinctions d’excellence leur permettant de réduire leurs frais. Des bourses sportives s’ajoutent également. « Nous avons un fonds consacré aux équipes sportives pour leur permettre de voyager, de participer à des compétitions et de vivre des expériences », ajoute Mme Houle.

Créer l’exception

La philanthropie, précise-t-elle, finance exclusivement les expériences étudiantes à l’extérieur du volet études. Elle ne contribue pas aux opérations du collège. « C’est vraiment destiné aux étudiants, directement ou indirectement, par le biais de projets d’envergure qui améliorent leur environnement », affirme-t-elle. Le collège peut ainsi se targuer d’avoir mis en place des structures enviées par bien des établissements québécois.

« Nous avons financé une partie du complexe sportif. C’est une belle réalisation, utile non seulement au collège, mais aussi à la communauté », souligne la directrice de l’engagement philanthropique. Actuellement, les dons contribuent en partie aux dépenses liées à la rénovation de la salle de spectacle, qui nécessite une mise à jour. Ils financent aussi plusieurs initiatives communautaires.

« Nous avons aussi un donateur qui appuie des séjours dans les camps de jour pour des familles résidant en HLM dans le quartier, en collaboration avec l’organisme Entre-Maisons et l’école Saint-Isaac-Jogues », ajoute Mme Houle. On comprend ainsi que l’établissement joue pleinement son rôle d’acteur local et entend l’assumer le plus possible.

En 2027, le collège André-Grasset fêtera ses 100 ans d’existence, et la philanthropie sera au cœur des célébrations. « Nos intentions, c’est aussi d’être présents pour la communauté, d’organiser des activités sur le territoire du collège, de raconter notre histoire. Le quartier d’Ahuntsic, là où nous nous trouvons, était à l’origine la terre des Sulpiciens », conclut Mme Houle.

Ce texte a été publié dans la version papier du JDV de décembre 2025.



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