
Les inégalités de richesse sont bien plus importantes que les inégalités de revenus. Vous avez bien lu.
C’est ainsi que s’amorce le rapport du Comité extraordinaire du G20 d’experts indépendants sur les inégalités mondiales, dirigé par le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz, datant de novembre 2025. Édifiant.
Le saviez-vous ? À l’échelle mondiale, entre 2000 et 2024, les plus riches (1 %) ont accaparé 41 % de toutes les nouvelles richesses, contre seulement 1 % pour la moitié la plus pauvre, soit 50 % de l’humanité.
Quelques points saillants
Les inégalités, nous dit ce rapport, constituent l’un des problèmes les plus urgents dans le monde d’aujourd’hui, générant de nombreux autres problèmes dans les économies, les sociétés et les politiques. Elles :
- rendent la vie des gens plus précaire, ce qui suscite un sentiment d’injustice, engendrant frustration et ressentiment ;
- nuisent à la cohésion sociale et politique, érodent la confiance des citoyens envers les autorités et les institutions ;
- entraînent instabilité politique, perte de confiance dans la démocratie, recrudescence des conflits et désintérêt pour la coopération internationale ;
- affectent également notre capacité à relever des défis planétaires.
La bonne nouvelle
La bonne nouvelle, y lit-on, c’est que ces inégalités sont un choix politique et que les tendances négatives peuvent être renversées. Par exemple, on y apprend qu’au sein des pays, il existe une marge de manœuvre considérable pour élaborer des stratégies visant à modifier les modes de répartition et de redistribution du revenu national par le biais de politiques fiscales et budgétaires, afin d’atténuer les inégalités générées par les forces du marché. Entre autres, passer à une fiscalité plus directe des personnes fortunées et des entreprises.
Ah oui ? Nos politiques peuvent vraiment y faire quelque chose ? À la veille de nouvelles élections au Québec, rappelons-nous d’ouvrir cette discussion.
Au Québec
Il y a quelques jours, le 4 février, un webinaire organisé par l’Observatoire des inégalités, en préparation de l’événement Retisser le filet social pour réduire les inégalités, qui se tiendra le 14 avril prochain au marché Bonsecours à Montréal, nous apprenait que :
- au Québec, 20 % des plus riches détiennent près des 2/3 de la richesse avec une croissance de leur revenu de plus 50 % entre 2020 et 2024 ;
- ici comme ailleurs, la classe moyenne se fragmente, s’affaiblit et peine à satisfaire ses besoins de base, comme l’alimentation et le logement.
À Ahuntsic-Cartierville
Chez nous, la fracture économique entre les ménages nantis et précaires s’agrandit, s’aggrave. En 2021, au strict niveau des revenus (pas des actifs : maisons, terrains, placements, etc.) :
- 4 % des mieux nantis gagnaient plus de 200 000 $ ;
- 20 % des nantis gagnaient plus de 100 000 $ ;
- 16 % des plus pauvres touchaient moins de 16 000 $.
Les demandes auprès de banques alimentaires (SNAC, Œuvres des samaritains, CACI, La corbeille, etc.) explosent, et elles desservent de plus en plus de ménages et de familles où les deux parents travaillent. Enfin, vous l’aurez constaté, de plus en plus d’itinérants sont tout simplement des gens qui ne trouvent pas de logement accessible.
L’heure est à la solidarité et à l’audace politique.
Ce texte a été publié dans la version papier du JDV dde février 2026.
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