Il n’y a pas de mégacentres de recherche. Il n’y a pas de labos de science-fiction non plus. On ne croise nulle part des geeks en trottinettes électriques zigzaguant au milieu des robots.

Pourtant, à Ahuntsic-Cartierville, on patente, un peu partout, un petit bout d’avenir. À échelle humaine, dans des lieux ordinaires. Un hôpital où des malades attendent trop longtemps. Un cégep où des jeunes usent leurs Converse. Voire une entreprise qui tient plus de l’atelier d’artisan que de la jeune pousse bientôt cotée en bourse.

En explorant les secteurs d’innovation dans le quartier, nous avons été agréablement surpris.

Au CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal, plus de 600 projets de recherche avancent en même temps. Ils sont portés par pas moins de 250 chercheurs et chercheuses qui développent de nouveaux outils dans des établissements comme l’Hôpital du Sacré-Cœur. Ils améliorent les conditions des patients quand ils ne sauvent pas carrément des vies.

Au collège Ahuntsic, les idées circulent d’une salle de classe à un labo. Généralement pour résoudre des problèmes très concrets, souvent rapportés par quelqu’un du milieu. On innove sur la matière et pour l’esprit.

Dans le secteur Chabanel, on essaie de dompter le gaspillage. On veut éviter que des tonnes de toile industrielle finissent dans un centre d’enfouissement. Ce n’est pas de la science qui fait la une des journaux. Ce n’est pas forcément une trouvaille qui collectionne les mentions « j’aime » sur les réseaux sociaux. C’est une innovation de proximité, patiente, utile, et parfois un peu ingrate.

À Ahuntsic-Cartierville, on fabrique l’avenir par petites touches, à travers des collaborations entre profs, entrepreneurs, soignants, chercheurs et citoyens.

On est loin des grandes annonces en conférence de presse, mais très près des vies réelles. Une personne comprend un peu mieux sa maladie grâce à un outil numérique. Une entrepreneure transforme des déchets industriels en objets utiles. Un étudiant apprivoise l’IA sans anxiété. Ce sont de petites victoires qui passent inaperçues, mais qui contribuent à changer, par de minuscules traits, l’image d’un monde à faire.

Et si, finalement, c’était cela, la vraie modernité ? Vouloir prendre une place dans cette manière de s’attaquer concrètement aux problèmes pour mieux les apprivoiser.

Ahuntsic-Cartierville n’est peut-être pas une « ville intelligente » vendue comme telle, mais il a souvent des airs de laboratoire du quotidien. C’est un endroit où l’innovation cherche à rendre la vie ordinaire plus soutenable, un peu moins injuste, et plus intelligente.

Cet article a été publié dans la version papier du JDV de février 2026.



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