L’école de la dernière chance fête ses 30 ans de résistance

Michel Brien, président du CA de l'école Félix-Antoine, est fier du chemin parcouru malgré les difficultés. Photo : Amine Esseghir / JDV

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L’école Félix-Antoine a célébré le 7 mai son 30e anniversaire, un évènement sur lequel peu de gens auraient parié il y a une année. Des dizaines d’invités, anciens ou élèves se sont rassemblés au Collège Ahuntsic pour fêter cet établissement particulier. 

La fragilité financière chronique de l’organisme, un déménagement forcé, une absence quasi totale de subventions directes ont failli mettre en péril cette institution. L’école survit grâce à la conviction de ceux qui la font exister.

Michel Brien, le président du conseil d’administration, en poste depuis 23 ans, ne cache pas sa fierté.

« Ce qui nous distingue, c’est notre logique de solidarité », résume-t-il en entrevue avec le Journal des voisins (JDV).

Le modèle de l’école est unique au Québec. Les enseignants sont bénévoles, les frais de scolarité quasi symboliques. L’objectif, lui, est concret : accompagner chaque élève jusqu’au diplôme de secondaire 5 ou aux prérequis d’une formation professionnelle.

L’école Félix-Antoine accueille les élèves que le système public n’a pas su retenir. Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle l’école de la dernière chance.

Une contribution sur mesure pour les donateurs

L’école Félix-Antoine permet maintenant de parrainer un ou une élève. Elle invite les citoyens à soutenir l’école grâce à un nouveau programme de parrainage. Plusieurs options sont possibles, dont une qui permet d’accompagner un élève tout au long de son parcours.

On y trouve des décrocheurs, des adultes récupérés jusqu’à 30 ans, et, depuis quelques années, une proportion croissante de demandeurs d’asile. Ils constituent au moins 30 % des effectifs actuellement, puisque beaucoup n’ont tout simplement pas accès à l’école publique. Si des jeunes rejetés par le système scolaire trouvent cette planche de salut, c’est que ces enseignants croient à leur mission.

« C’est pour la dignité humaine. Les enfants doivent réussir un minimum de scolarité, qui est en l’occurrence un secondaire 5, ou des préalables pour une formation professionnelle », indique M. Brien.

Le prix de l’engagement

Ecole Félix-Antoine fête ses 30 ans
Les convives réunis au Collège Ahuntsic pour célébrer les 30 ans de l’école Félix-Antoine. Photo : Amine Esseghir/JDV

Ces profs s’engagent avec leurs élèves et font tout pour les faire réussir.

« Les jeunes le ressentent, ce qui fait qu’ils aiment être à l’école et reconnaissent le dévouement du personnel », confie M. Brien.

Actuellement, l’école compte une soixantaine d’élèves. Elle offre aussi une aide alimentaire, souvent des repas sur place, parfois ramenés à la maison. Un détail qui, pour des jeunes souvent défavorisés, change tout.

Le dernier grand défi pour l’école Félix-Antoine fut le déménagement. Après avoir loué, durant des années, des locaux du Conseil de services scolaires de Montréal (CSSDM), l’école, située à l’angle de l’avenue Christophe-Colomb et du boulevard Henri-Bourassa, a dû quitter ses locaux l’année passée sans garanties de survie.

« Nous avons un trésorier qui est comptable CPA, qui a des contacts un petit peu dans l’immobilier. Il a réussi à nous trouver ce local-là », raconte le président de Félix-Antoine.

Aujourd’hui, l’école se trouve sur la rue Fleury Est, dans un local plus commercial qu’idéal, admet M. Brien, mais les enseignants et les élèves l’ont apprivoisé. Seul bémol, le stationnement est peut-être insuffisant, un problème mineur.

« Cela dit, la plupart des élèves prennent les transports en commun. Donc, c’est plus pour les enseignants bénévoles ou la directrice que c’est un enjeu. Mais ils réussissent actuellement à trouver des stationnements. Ils sont organisés », assure M. Brien.

À ses trente ans, l’école Félix-Antoine doit toujours sa pérennité à une conviction partagée. Tout être humain mérite d’apprendre comme il mérite le respect de sa dignité.

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