Depuis deux semaines, le JDV est officiellement sur TikTok. Courtes et dynamiques, ces vidéos permettent d’aller un peu plus loin que l’information journalistique habituelle. Elles visent un public plus jeune, invité à découvrir le média local et ce qui se passe à Ahuntsic-Cartierville.
Derrière cette démarche, Romy Clermont et Christian Gayros deux jeunes étudiants en journalisme recrutés à temps partiel. Ils rejoignent la petite équipe rédactionnelle du JDV jusqu’à la fin de l’été, avec une mission claire : produire des vidéos pour les réseaux sociaux.
Leur arrivée tient d’un heureux alignement des étoiles. Lorsque leurs CV atterrissent sur le bureau d’Isabelle Quentin, directrice et éditrice, le JDV est en pleine refonte de son site web, une première depuis près d’une dizaine d’années.
Fidèle à sa tradition d’accueil de stagiaires en journalisme, le journal reçoit des candidatures qui sortent du lot.
« C’était deux demandes de stages de deux jeunes particulièrement éclairés, l’une de l’UQAM et l’autre de l’Université Concordia. Tous deux habitent à Ahuntsic-Cartierville », souligne Mme Quentin.
Deux paires d’yeux capables de poser un regard neuf sur le quartier.
Romy réalisait déjà des vidéos TikTok dans le cadre de ses cours à l’université. Elle veut explorer le quartier de l’intérieur : quelles activités pratiquent ses habitants ? Quels métiers originaux y exercent-ils ?
« Ce n’est pas pour montrer à mon public ce que j’ai appris. Mais lui dire plutôt, regarde ce que je suis en train d’apprendre et viens avec moi. Je voudrais prendre mon public par la main, pour pouvoir découvrir ensemble », souligne-t-elle.
Christian, qui gère déjà une chaîne YouTube, voit le passage par TikTok pour diffuser de l’information comme une évidence.
« Je faisais des YouTube Shorts. Je me suis dit que monter des vidéos comme celles-là peut se traduire sur TikTok vraiment facilement », explique-t-il.
Et il y voit un moyen de s’informer autrement pour un jeune.
« Il se dira, j’ai vu cette vidéo-là. Ce sujet m’intéresse. Donc, il ira prendre le papier, puis lire », croit-il.
Médias sociaux et plus
Le JDV cherchait depuis un moment une stratégie efficace pour rejoindre les générations montantes. La question s’est posée avec d’autant plus d’acuité qu’Instagram et Facebook, appartenant à Meta, boycottent désormais les médias canadiens. Il fallait trouver un autre chemin.
« TikTok permet de rejoindre les jeunes sur les réseaux sociaux. Car que reste-t-il des réseaux sociaux ? Ce n’est certainement pas sur LinkedIn que l’on attirera massivement les jeunes », observe Mme Quentin.
L’ambition dépasse aussi la seule plateforme. Sur le nouveau site du JDV, une section entière est consacrée aux jeunes, regroupant les contenus susceptibles de les intéresser.
« Cela fait plusieurs mois, avec l’équipe de rédaction, on se demande quoi faire pour les engager dans l’écriture, dans la réflexion. Pour qu’ils apprennent à vérifier si leurs sources sont fiables. Qu’ils apprennent à écrire et qu’on puisse les publier et leur faire une belle place dans notre journal », souligne l’éditrice du JDV.
Autrement, au-delà de la diversification de son contenu, le JDV entend investir un créneau encore peu exploré : la vidéo.











