Plusieurs enfants ne pourront pas être accueillis dans des camps de jour entre le 17 et le 21 août prochain dans les écoles du CSSDM. En effet, la huitième semaine a été purement et simplement suspendue en raison d’un désaccord sur son financement entre l’arrondissement et le CSSDM.

Une note de service de l’arrondissement, datant du 19 juin, dont le Journal des voisins (JDV) a eu copie, avise formellement les organisateurs des camps de jour qu’ils n’auront pas accès aux écoles du Centre de service scolaire de Montréal (CSSDM) pour leurs activités durant la huitième semaine des camps de jour.
Six écoles dans la ligne de mire
Tous les camps ne sont pas logés à la même enseigne, dans l’arrondissement. Le camp de Sophie-Barat ne sera pas impacté par cette décision. Celle-ci défavorise plus les parents dont les enfants fréquentent les camps de jour de six écoles : Saint-André-Apôtre, annexe Gilles-Vigneault, Saint-Isaac-Jogues, Saint-Simon, de la Visitation et Christ-Roi. L’accès à ces établissements scolaires est interdit entre le 17 et le 21 août.
« Concernant l’école Sainte-Odile, des discussions sont en cours avec le CSSDM en raison d’une divergence d’interprétation de l’entente existante », lit-on dans le courriel. Le Service juridique de la Ville de Montréal a été sollicité afin d’accompagner l’arrondissement dans ce dossier.
Des enfants laissés sur le carreau
Les camps de jour répondent à un besoin essentiel pendant l’été. Ces services permettent aux familles de concilier travail et garde d’enfants durant les vacances.
Le directeur des Loisirs Henri-Julien, Florian Desperrier, s’étonne de la situation actuelle, puisque l’utilisation des écoles pendant la période estivale est pratiquée depuis plusieurs décennies.
Ce refus de donner accès aux écoles aux organismes entraînera des migraines dans de nombreuses familles. Dans Cartierville, les Loisirs Sainte-Odile débordent — 300 enfants y sont déjà inscrits — avec une liste d’attente d’environ 70 enfants en date du 20 juin. La situation est la même aux Loisirs Henri-Julien (280 inscrits). L’organisme a dû mettre fin aux inscriptions. De plus, ils doivent composer avec la problématique des contractuels engagés pour la période.
Victimes d’une bataille prévisible

Les organisateurs de camps de jour et les familles se retrouvent coincés au beau milieu d’une bataille prévisible. En effet, cette situation pendait au bout du nez depuis la fin de l’année précédente, quand le ministère de l’Éducation avait décidé de réduire les budgets accordés aux centres de services scolaires pour l’utilisation des bâtiments en dehors des heures scolaires, nous a confié, sous le couvert de l’anonymat, une source proche du dossier.
Le service de communication du CSSDM indique qu’il a sensibilisé la Ville de Montréal et les arrondissements à cet enjeu dès le mois de février. « Nous avons indiqué qu’il serait possible de maintenir l’accès aux écoles pour cette huitième semaine, à la condition que les coûts supplémentaires requis — pour le nettoyage des écoles à partir du 17 août — soient assumés, notamment ceux liés aux heures supplémentaires du personnel et des équipes d’entretien », écrit-il au JDV.
La Ville de Montréal estime que cette pratique ne respecte pas l’entente en vigueur et que l’accès aux écoles devrait être gratuit.
L’incompréhensible poker menteur
Les deux entités se rejettent le tort. Selon la Ville, le CSSDM ferait cavalier seul dans cette décision. « Cette gratuité est actuellement maintenue dans trois des quatre autres centres de services scolaires sur le territoire montréalais », mentionne le courriel dont nous avons eu copie.
Le Centre de services scolaires de Montréal, de son côté, dément cette assertion, soulignant qu’il « est actuellement le seul centre de services scolaire sur l’île de Montréal à avoir envisagé le maintien d’une huitième semaine de camps de jour, et ce, uniquement si les coûts supplémentaires sont pris en charge ». Par ailleurs, le CSSDM reproche à « la Ville et aux arrondissements [d’avoir choisi] de retirer leur demande de maintien des camps de jour pour la huitième semaine plutôt que de confirmer la prise en charge de ces frais ».
Les organismes tentent d’échafauder des solutions pour pallier cette situation. Des plans B qui pourraient exclure certains enfants en raison des capacités d’accueil de ceux-ci.
« C’est toujours problématique avec le CSSDM. L’école appartient aux citoyens parce qu’on paie nos taxes et tout le kit », s’indigne Hélène Marceau, la directrice de l’Union des familles d’Ahuntsic (UFA).











