À mi-chemin de l’année, la Direction régionale de santé publique de Montréal déplore une augmentation du nombre de décès par surdose, avec un pic durant la saison estivale. Dans l’arrondissement, cela représente déjà de 77 % des cas enregistrés sur l’ensemble de l’année 2025.

Sans vouloir être alarmiste, le Dr David Kaiser, directeur médical adjoint à la Direction régionale de santé publique de Montréal, a dressé un bilan inquiétant relatif à l’augmentation des surdoses sur l’île. Sur l’ensemble du territoire montréalais, les décès par surdose qui ont été enregistrés cette année représentent 56 % des cas de l’année dernière. Ces morts sont liées à la prise d’opioïdes, comme le fentanyl ou le carfentanil.
Portrait d’Ahuntsic-Cartierville
L’arrondissement n’est pas en reste dans cette observation. Tout au long de l’année 2025, le Bureau du coroner a signalé neuf décès par intoxications suspectées à Ahuntsic-Cartierville. Cette année, les cas signalés s’élèvent déjà à sept. Si cette tendance se poursuit, le nombre de décès pourrait égaler ou même dépasser celui de l’année 2024, où l’on a dénombré 11 cas.
En ce qui concerne les interventions d’Urgences-santé avec administration de naloxone, elles sont chiffrées à six entre le début de l’année et la mi-juillet. Ce nombre équivaut à environ 88 % de l’ensemble des doses de naloxone données en 2025. Il a été administré 23 fois en 2024 à des personnes en détresse.
Une urgence montréalaise
« Sur les deux premières semaines de juillet, 121 interventions d’Urgence-santé avec l’administration de la naloxone » ont été enregistrées sur l’ensemble de l’île de Montréal, a souligné le Dr Kaiser.
Ce médicament, capable de neutraliser temporairement les effets d’une surdose d’opioïdes, a été utilisé 925 fois lors d’interventions d’Urgence-santé. Ces données surpassent celles enregistrées sur toute l’année 2025, établie à 903 interventions. Au cours du premier semestre de l’année en cours, 107 personnes ont perdu la vie, ce qui équivaut déjà à 56 % du nombre total de décès enregistrés l’année dernière, soit 191.
C’est lors de la saison estivale que l’on enregistre le plus de dégâts, puisque 22 décès ont été signalés pour le mois de juin alors qu’on a déploré 11 pertes en vie humaine pour la première quinzaine de juillet.
« Ça ressemble à ce qu’on a eu en juin. Il s’agit d’une augmentation de 40 %, soit à peu près six décès par rapport à la moyenne des derniers mois ».
La plausible explication
De nombreux facteurs peuvent expliquer cette hausse des cas. Le Dr David Kaiser ne confirme pas de lien de cause à effet direct, mais il estime que la vague de chaleur récente, la crise du logement et l’itinérance se superposent à la crise des drogues toxiques, ce qui accroît les risques.
Il note aussi une surreprésentation des personnes en situation d’itinérance parmi le décès par surdose dû au fentanyl. De plus, la majorité des surdoses ont été observées dans l’espace public, ces dernières semaines. Il ne faut pas attendre que le nombre de décès par surdose explose « avant d’agir ».
Implication de tous
Selon lui, il y a une augmentation des interventions pour surdose non mortelle. Cette situation est « très préoccupante », car elle met davantage sous pression les équipes d’intervention : le SPVM, les ambulanciers paramédicaux, les tables de quartier dans les arrondissements, les organismes de consommation supervisée, entre autres. Le système est sous tension depuis longtemps. Toutefois, cette situation ne constitue pas « une fatalité ».
En présence d’une personne qui pourrait être victime d’une surdose, il est crucial d’intervenir. Il faut appeler le numéro d’urgence — 911 — et, si possible, lui administrer de la naloxone, accessible en pharmacie. De l’appareil étatique aux individus, tout le monde à «sa place» pour intervenir, ajoute-t-il.










