
Le Collège Ahuntsic vient de se doter d’un énoncé de principes sur l’intelligence artificielle (IA), établissant ainsi des garde-fous pour l’usage de cette technologie en éducation.
Décliné en cinq grands principes, le document propose des balises pour aider toutes les personnes qui gravitent autour de l’enseignement au collège à avancer de manière plus assurée dans l’utilisation de l’IA.
L’énoncé formule avec clarté comment agir et de quelle manière l’établissement scolaire peut contribuer à traverser cette période de profonds changements.
«C’est vraiment un énoncé de principes en IA qui touche l’enseignement, la classe et cette relation pédagogique», a souligné Charles Dufy, directeur des études au Cégep Ahuntsic, en présentant le document à l’assistance dans la salle L’Espace le vrai monde?.
L’énoncé rappelle notamment la prévalence de l’humain sur la technologie, le principe de précaution, les fondements éthiques ainsi que les enjeux sociaux et environnementaux liés à l’IA.
«Le premier besoin, c’est les enseignants qui nous l’ont nommé. Il y a une révolution dans la classe. Il faut absolument prendre acte de ça», a raconté M. Dufy.
Réfléchir et comprendre

Le texte arrive comme une forme de conclusion au colloque pédagogique intitulé «le déploiement des technologies en enseignement supérieur : entre révolution et dystopie».
Durant deux jours et demi, enseignants, professionnels et étudiants ont pu appréhender sous différents angles l’intrusion de l’IA dans l’enseignement. Toutefois, l’énoncé est le fruit de plusieurs mois de travail en amont.
«C’était un peu le rôle du Comité des applications pédagogiques des technologies de l’information et des communications (CAPTiC), de réfléchir, de consulter, puis de proposer cet énoncé qu’on a là aujourd’hui sous les yeux», a expliqué M. Dufy.
L’un des termes revenus à quelques reprises durant le colloque est celui de «délestage cognitif», une façon élégante de dire brain rot (écervelage). Les recherches en parlent de plus en plus, notamment pour mettre en garde les jeunes contre un usage excessif des outils technologiques. Celui-ci qui pourrait avoir des effets négatifs sur leurs capacités intellectuelles.
«Je ne crois pas me tromper en disant que nous avons ce qu’il faut pour dompter la bête», a assuré Nathalie Vallée, directrice générale du cégep, en prononçant l’allocution de clôture du colloque.
L’énoncé ne sera pas un texte figé : ses utilisateurs sont invités à l’enrichir, notamment en réfléchissant à sa mise en œuvre.
«Nous n’éviterons peut-être pas toutes les dérives, mais nous sommes nombreux et nombreuses à vouloir que l’IA reste un outil à notre service et non l’inverse», a tenu à rappeler Mme Vallée.
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