Daniel Rochefort troque son jardin ! (BELLE RENCONTRE, octobre 2012)


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Par Christiane Dupont

Graphiste de métier, Daniel Rochefort n’envisageait pas un jour de travailler en développement durable. En postulant un emploi dans ce secteur, il n’a pas eu le boulot… mais bien le coup de foudre pour le projet qu’il proposait à l’examen d’embauche. Ainsi est né Troc ton jardin, un projet de bénévolat qui lui a donné un nouvel élan.

Daniel a commencé à jongler avec cette idée en août 2011 et puis, durant l’hiver, il l’a peaufinée. « Mon idée était plus ambitieuse, au départ. Avec ces cercles d’échange, je voulais créer un nouveau mode de consommation, un marché parallèle où la nourriture n’est pas une marchandise que l’on achète, mais quelque chose que l’on crée en faisant un don de soi. » Pour mener à bien son idée, il a sollicité les opinions et les compétences de diverses personnes du milieu du développement durable et du monde de l’entrepreneuriat social.

Changement de carrière

Sans emploi à ce moment, il aurait aimé pouvoir déjà vivre de son projet, mais cela s’est révélé impossible. Il a quand même persévéré, a obtenu un petit budget du Centre local des intervenants communautaires (CLIC) de Bordeaux-Cartierville où il faisait déjà du bénévolat, et le soutien logistique de l’Action bénévole de Bordeaux-Cartierville.

Le fait de réaliser son idée lui a fait prendre conscience qu’il était mûr pour un changement de carrière. Il est donc retourné aux études à plein temps cet automne. Détenteur d’un certificat en mandarin, il veut obtenir son baccalauréat par cumul de certificats.  Scénarisation cinématographique et sciences de l’environnement sont au programme. Ce spécialiste de la vulgarisation signera peut-être un jour d’intéressants documentaires en développement durable.

Val-Morin et Hull

 Troc ton jardin a roulé tout l’été. Daniel a donné des conférences sur le sujet. Il a fait les manchettes de quelques médias écrits et a été interviewé à l’émission de radio « Bien dans son assiette », au cours d’un atelier qui a eu lieu au parc Saint-André-Apôtre.

Deux autres cercles jardiniers sont nés de son idée, l’un à Val-Morin et l’autre à Hull. C’est ce qu’il souhaitait avec ardeur. Il faut croire que son enthousiasme est contagieux.

Mobilisation citoyenne

Daniel Rochefort voit grand. Entre la reprise de ses études et le temps consacré à sa famille, il aimerait mettre sur pied un organisme qui gérerait des projets de mobilisation citoyenne en développement durable. « Je veux promouvoir ce mode de consommation et faciliter la création de cercles d’échanges», dit-il, lui qui souhaite ardemment que Troc ton jardin grandisse, comme les légumes du jardin!
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Faites connaissance avec Troc ton jardin! (oct. 2012)

Si vous vous êtes promené l’été dernier à proximité du parc Saint-André-Apôtre, vous avez peut-être aperçu un petit regroupement de personnes assises dans l’herbe devant une table, et un conférencier, près des jeux d’eau.

Sur la table, quelques objets : une aubergine, un cageot de fines herbes, des oignons avec leurs grandes tiges, des capucines comestibles, de la confiture maison… Bref, une panoplie de produits que l’on fait pousser chez soi ou que l’on cuisine. Le conférencier, c’était Daniel Rochefort; les participants, des résidants d’Ahuntsic Ouest. L’atelier : Troc ton jardin.

Troc ton jardin, c’est un cercle de citoyens jardiniers qui se réunissent toutes les deux semaines pour partager leur passion du potager et pour échanger leurs surplus de fruits et légumes de jardin, de fruits sauvages, de plantes médicinales, de jeunes pousses. C’est aussi un prétexte pour se rencontrer, pour apprendre des choses et pour mieux consommer.

Les rencontres de Troc ton jardin ont eu lieu tout l’été au Parc Saint-André-Apôtre, un mercredi sur deux. Serez-vous au rendez-vous l’an prochain?
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OPINION –– L’agriculture urbaine à Ahuntsic Ouest
Avons-nous des potagers à l’avant des maisons?

Ne vaut-il pas mieux avoir un potager bien entretenu devant chez soi, qu’un gazon mal tenu et tout desséché en juillet, au plus fort de la canicule? On peut se poser la question.

Un couple de Drummondville a vécu récemment l’amère expérience de recevoir un ultimatum de sa municipalité. Il avait eu l’audace de semer un potager, fort bien tenu d’ailleurs, en lieu et place d’une grasse pelouse bien verte devant leur résidence. Drummondville s’inquiète de « sa cohésion urbaine », paraît-il!

Tous les goûts sont dans la nature. Ceux et celles qui préfèrent une pelouse chez soi, pourquoi pas? Toutefois, le potager des Beauchamp-Landry ne nuit à personne, a le mérite de leur faire faire de l’exercice quotidiennement (ils ont même perdu du poids tous les deux, paraît-il, à force de sarcler et de biner!), de leur faire manger des légumes à moindre coût et d’éduquer le voisinage en matière d’agriculture!

Michel Beauchamp et Josée Landry  ont obtenu l’appui de centaines d’internautes à travers le monde. Il y même une pétition qui circule et que l’ont peut signer pour les aider à conserver ce qui, paraît-il, est un privilège pour l’instant.
http://www.lepotagerurbain.com/p/petition-potager-cour-avant.html


Il semblerait que la municipalité leur ait donné un sursis jusqu’en septembre. Peut-être pour trouver une solution à ce problème qui n’en est pas un!

D’ailleurs, à ce sujet, la chroniqueuse Marie-Claude Lortie, du journal La Presse, écrit (2012-07-25) qu’il faut aider la municipalité à régler la situation avec élégance, sans qu’elle ne perde la face… Vous avez des suggestions?

À Montréal, les résidants ont le droit d’avoir un potager devant leur maison, pas seulement à l’arrière. Évidemment, tout est dans la manière… À Ahuntsic Ouest, on se souviendra du potager (surtout des plants de tomates) aux coins des rues Prieur et Verville, il y a quelques années.

À l’heure actuelle, certains résidants cultivent des légumes en bacs devant leur maison (voir notre photo plus bas). D’autres ont planté des arbustes fruitiers (framboisiers) sur le côté de leur résidence (voir notre photo plus bas). Et nous n’avons pas ratissé tout le quartier!

Au moins, dans ce dossier, Montréal n’a pas l’air fou!

Comme le dit si bien l’éditorialiste Marie-Andrée Chouinard, dans Le Devoir du mercredi 25 juillet, « C’est de souplesse, de flexibilité, d’audace et d’un minimum de vision verte qu’auront besoin les villes pour suivre et encourager les citoyens à prendre le virage de l’écologie urbaine, plutôt que de passer la tondeuse sur les bonnes idées.* » (*C’est nous qui soulignons.)


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Des tomates qui vont bientôt rougir à force d’être admirées…avant d’être savourées!

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Des framboisiers sur le côté d’une résidence: un régal pour ceux qui y habitent! Peut-être même des conserves-maison?