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Accroissement des vols internationaux

Un rapport attendu et des recommandations prévisibles

. La Commission sur le développement économique et urbain fait part de sept recommandations pour favoriser l’industrie aéroportuaire de Mtl, mais tient peu compte des résidants qui subissent le trafic aérien 

 
C’est avec une vingtaine de « Considérant que… » et sept recommandations adoptées à l’unanimité que les membres de la Commission permanente sur le développement économique et urbain et l’habitation de Montréal ont clos le chapitre de la consultation publique amorcée l’automne dernier et portant sur le thème « Favoriser l’accroissement des vols directs internationaux, une façon de contribuer à l’essor économique de Montréal »

Parmi les sept recommandations de la Commission, notons celle concernant les vols directs et l’essor économique; une sur la gouvernance d’ADM; quatre sur les perspectives de croissance, défis et opportunités (sic); et la dernière sur l’impact social et environnemental d’un tel accroissement.

Retenons principalement trois des recommandations prévisibles de la Commission qui souhaite :

1.      Que soient mobilisés les divers paliers de gouvernement, intervenants et partenaires pour augmenter les vols directs et liaisons internationales vers l’Asie, les Amériques, l’Europe et le Moyen-Orient;

2.      Que la Ville de Montréal « fasse des représentations auprès du gouvernement fédéral pour demander des modifications législatives concernant la composition du conseil d’administration » d’ADM et que le maire de Montréal et trois autres élus représentant la Communauté métropolitaine de Montréal siègent au conseil d’administration d’ADM;

3.      Que ADM « continue de s’inspirer des meilleures pratiques en matière de gestion des communications et de nuisances pour maintenir une cohabitation harmonieuse avec le milieu, en particulier quant à la protection de l’environnement de la région métropolitaine de Montréal, dans le but d’assurer la sécurité et une qualité de vie maximale aux résidents limitrophes ».

Les Pollués veillent au grain

Selon Pierre Lachapelle, porte-parole des Pollués de Montréal-Trudeau, qui est intervenu lors de la période réservée aux commentaires du public, jeudi soir, c’est de la privatisation d’Aéroports de Montréal que sont nés tous les problèmes aéroportuaires. « Comme ADM n’est pas soumis à l’examen du Vérificateur général du Canada qui, lui fait rapport à la Chambre des Communes, les députés n’ont plus rien à dire!, a affirmé M. Lachapelle à journaldesvoisins.com, parlant de la gouvernance d’ADM. « Depuis 1992, tout se fait derrière des portes closes », a-t-il ajouté avec aplomb.

M. Lachapelle constate qu’ADM a investi de l’argent à Dorval, mais, a-t-il poursuivi, « ça n’excuse pas les questions que l’on doit poser, notamment sur la fermeture de Mirabel. « Les élus ne savent pas que la décision de fermer Mirabel n’a jamais été soumise à l’examen public, a-t-il dit. Cette décision a été prise par les gestionnaires d’ADM, et le fondement de cette décision est inexistant », a-t-il poursuivi. « Heureusement, a ajouté M. Lachapelle, que depuis 1992, des citoyens ont levé la main pour dire que toute cette opération d’ADM n’avait pas d’allure. Ça démontre que quand les citoyens participent, il y a des résultats », a-t-il souligné.

Demande des Pollués

Concernant la recommandation sur la gouvernance d’ADM, Pierre Lachapelle a indiqué que la recommandation 2 de la Commission allait dans le sens d’une des demandes des Pollués de Montréal-Trudeau, sauf que le groupe demandait six sièges pour les élus au conseil d’administration d’ADM. La Commission, quant à elle, recommande quatre, ce qui, de l’avis du représentant des Pollués, n’est pas suffisant. 

Impact social et environnemental

Concernant la recommandation de la Commission invitant ADM à « continuer de s’inspirer des meilleures pratiques en matière de gestion des communications et de nuisances pour maintenir une cohabitation harmonieuse avec le milieu », M. Lachapelle, faisant preuve d’humour, a fait remarquer que ça faisait 23 ans que les résidants riverains goûtaient aux mesures en faveur de l’environnement telles que préconisées par ADM : « Et on reste sur notre appétit! », a-t-il dit.

Commentaires du public

Plusieurs intervenants ont tenu à faire part de leurs commentaires, dont un résidant de Montréal, d’origine chinoise, Jimmy Jia, qui a mentionné que la mise en place de vols à destination de la Chine ne devait pas se faire au détriment de la protection de l’environnement, de la pollution de l’air et de la qualité de vie des riverains de l’aéroport, notamment au chapitre du bruit. Un autre citoyen, Daniel Lalonde, de l’arrondissement St-Laurent a carrément demandé au président si la recommandation R-7 sur l’impact social et environnemental était sérieuse…

Expert Roy entendu

Finalement, le maire Pierre Gagnier, membre de la Commission, a souligné que beaucoup de travail avait été effectué par les membres de la Commission dans ce dossier, qu’il était conscient qu’il y avait encore des problèmes dans Ahuntsic à ce chapitre, mais qu’il y avait également des pistes de solution auxquelles les élus travailleraient pour améliorer la situation des riverains.

Soulignons que Jacques Roy, professeur titulaire à l’école des HEC et spécialiste de la gestion du transport et de l’optimisation des réseaux de transport, a été consulté par les membres de la Commission, a souligné le président qui a remercié les personnes-ressources, ainsi que les citoyens et les groupes ayant présenté des mémoires dans le cadre de cet exercice. (Par Christiane Dupont) (2015-03-13)
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OPINION
«Le bruit des avions vous dérange-t’il ?» (août 2013)


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Si oui, j’ai le malheur de vous annoncer que ça ne va que s’amplifier! Examinons la situation.

ADM est l’organisme responsable de la gestion aéroportuaire de Montréal-Trudeau et de Mirabel, depuis 1992, et a un bail renouvelé jusqu’en 2072.

ADM a un objectif purement économique. ADM a également la mission de maintenir une cohabitation harmonieuse avec son milieu mais, bizarrement, vous ne trouverez aucune référence à ce sujet dans le message de la direction contenu dans le rapport annuel de l’organisme.

Plan d’affaires en péril…

Pour ADM, par contre, tout n’est pas rose dans son ciel bleu. Bizarrement, ce qu’on reprochait à Mirabel, soit  la difficulté d’y accéder, rebondit à Montréal-Trudeau. Dans son rapport annuel,  ADM critique le Gouvernement du Québec pour le parachèvement de l’échangeur Dorval,  qui est reporté à 2019, ce qui nuit à son plan d’affaires.

ADM demande aussi depuis des années la mise en place d’un lien ferroviaire (SLR) pour relier l’ouest de la ville et le centre-ville à cause de la congestion de l’autoroute 20.

Son fret aérien est en baisse aux deux aéroports. D’ailleurs , il est faux de croire que Mirabel est dédié au fret aérien, car 50 % de celui-ci, soit plus de 90 000 tonnes, se fait à Montréal-Trudeau

Bref, ADM aura investi près de trois milliards à Montréal-Trudeau, soit  trois fois plus que le coût de construction de Mirabel, pour accommoder le transport des passagers, sans même changer la configuration vétuste de ses pistes (au nombre de cinq), qui datent de 1958.

Pour ADM, pas de nuisance sonore

Pour Ahuntsic, Cartierville, Villeray et Mont-Royal, il faut comprendre qu’ADM nie l’existence d’une nuisance sonore.  En se basant sur des modèles informatiques complexes NEF25, ADM clame qu’il y a une amélioration très significative du climat sonore depuis 1992 et, qu’en fait, seulement 3 600 résidants en sont incommodés, et aucun à Ahuntsic… Par contre, aucune station de mesure n’est installée dans nos quartiers.

ADM a bien un comité consultatif sur le climat sonore qui s’est réuni trois fois l’année dernière, mais aucun représentant de nos quartiers n’y siège. Plusieurs citoyens d’Ahuntsic (dont le signataire) ont donc tenté de mesurer en termes plus clairs (décibels) la nuisance sonore des avions qui nous survolent. Il suffit de vous munir d’un appareil ou d’une application sur un cellulaire et vous obtiendrez probablement des mesures similaires.

À 40 décibels, vous obtiendrez la valeur des bruits ambiants du quartier. Les spécialistes indiquent qu’à 30 décibels, l’être humain peut avoir un sommeil constant et sans éveil dû au bruit. L’ambiance sonore double à chaque trois décibels.

Qu’en est-il quand un avion survole le quartier?


Dans la majorité des cas, vous aurez des valeurs au-dessus de 50 décibels, et, très fréquemment, 60 décibels et plus. La norme limite de la ville de Montréal est de 50 décibels. Voilà qui explique pourquoi de nombreux citoyens sont incommodés par le bruit des aéronefs, surtout, durant les heures de sommeil.

ADM n’impose pas de véritable couvre-feu. Il y a bien une réglementation pour diminuer la nuisance sonore de 1 heure à 6 heures du matin, mais elle est fréquemment contournée.

Sur ce plan, nous sommes en retard sur ce qui se fait en Europe où il est fréquent de voir un couvre-feu de 23 heures à 7 heures du matin. À Sydney, en Australie, c’est même une loi votée par le gouvernement australien qui impose ce couvre-feu avec des amendes allant jusqu’à 550 000 $ en cas de non-respect. On parle alors d’une gestion socio-économique des activités aéroportuaires.

Autres inconvénients


Qu’en est-il de l’impact sur la qualité de l’air? ADM se borne à répondre que la ville de Montréal a une station de mesure à Dorval. Qu’en est-il du risque d’un incident sur un quartier résidentiel? ADM se limite à avoir un plan d’urgence pour un écrasement sur le site de l’aéroport. Bref, des questions auxquelles je n’ai pu trouver de réponses.

Action politique


Que pouvons-nous faire comme citoyens? Écrivez à vos élus. Seule une action politique d’importance et concertée peut améliorer notre qualité de vie. L’organisme Les Pollués de Montréal-Trudeau  fait circuler une pétition que je vous invite à signer.

Nous comprenons tous très bien l’importance de l’industrie du transport aérien et souhaitons même son essor, mais toute activité économique doit également se faire dans le respect de la qualité de vie des citoyens  et leur santé et sécurité.

Sylvain Bruneau
Citoyen, résidant d’Ahuntsic

NDLR : Vous voulez lire sur ce sujet? G.Faburel, Le bruit des avions—évaluation du coût social, Presses des ponts, 2001
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Il faut lire L’échiquier de Mirabel (décembre 2012)


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« Ma grand-mère possède sa propre interprétation de l’Affaire : elle prétend que parce que les libéraux n’étaient pas capables de faire entrer le Québec dans le Canada, ils ont décidé de faire entrer le Canada dans le Québec. Ça a donné Mirabel ».

C’est par cette citation de Christine, un des personnages du roman de l’auteur Louis Hamelin, La Rage, que la géographe et Ahuntsicoise Suzanne Laurin commence le chapitre 5 (Le découpage du territoire) de son précieux et fort intéressant ouvrage sur la saga de l’aéroport de Mirabel, L’Échiquier de Mirabel.

Ceux et celles qui se sont intéressés et qui s’intéressent toujours à la question de l’aéroport de Mirabel, à l’organisme Aéroports de Montréal (ADM), —l’OBNL mandaté par Transports Canada pour gérer les aéroports de Montréal— à l’aéroport de Dorval et, indirectement, au trafic aérien qui empoisonne la vie de nombreux résidants d’Ahuntsic Ouest,  seront comblés à la lecture de ce livre qui retrace l’histoire de l’aéroport de Mirabel, depuis l’expropriation des citoyens des différentes  municipalités du territoire, jusqu’à la commémoration de l’événement en mars 2009, et plus encore.

Suzanne Laurin, L’Échiquier de Mirabel, Québec, Boréal, 320 pages.

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Le RACCQV reprend ses activités

Le Regroupement Ahuntsic-Cartierville des citoyens pour une qualité de vie (ou Comité « Wô-haut les moteurs! ») a repris ses activités le 27 septembre dernier. Cette association, formée de citoyens du quartier, veut que le trafic aérien de l’aéroport de Dorval (Trudeau), qui passe au-dessus des secteurs résidentiels d’Ahuntsic et Cartierville (en plus de Villeray, Saint-Laurent, Dorval, Lachine, et le reste), retourne là d’où il n’aurait jamais dû partir : l’aéroport de Mirabel.

Avions : alliance des élus

 À court terme, le comité veut – comme son cousin le Regroupement des citoyens pour une qualité de vie – faire en sorte que soit créée une alliance des élus des arrondissements de Montréal et des municipalités touchées. Cette alliance permettrait de faire des pressions sur le gouvernement pour demander d’effectuer une Évaluation environnementale stratégique (ÉES) du trafic aérien de Dorval (Trudeau), ce qui n’a jamais été fait à ce jour.

Les membres du comité sont : Antoine Bécotte, coordonnateur, Ginette Larouche, secrétaire, Janine Collet, Josée Ross, Guy Beaudry et Pierre Lachapelle (ancien conseiller municipal), administrateurs. Maria Mourani, députée d’Ahuntsic, soutient le comité dans ses démarches et met à leur disposition les lieux de rencontre.

Le fantôme de Mirabel

Le Comité du RACCQV (« Wô-Haut les moteurs ») est né à la suite de la projection du film « Le fantôme de Mirabel » à laquelle ont assisté une cinquantaine de citoyens du quartier, en janvier dernier, au bureau de Mme Mourani. www.lefantomedemirabel.com/

Si vous voulez vous joindre aux membres du comité, communiquez avec Antoine Bécotte, au 514 237-5331, ou envoyez-lui un courriel à : awbecotte@msn.com.

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Actualité du 2012-07-25

Les pistes de Dorval sont maintenant réparées
Nous avons de nouveau droit au bruit des avions

Voilà que les pistes 06G et 24D de l’aéroport de Dorval sont maintenant rénovées. L’administration aéroportuaire possède un lien Web contenant les questions et les réponses destinées aux résidants qui s’inquiéteraient d’une recrudescence du trafic aérien et du climat sonore au-dessus de leurs têtes dans Ahuntsic, Villeray, Ville Saint-Laurent, etc. etc…
Pour avoir une idée des réponses que l’administration aéroportuaire réserve aux questions des “inquiets”, consultez le site Web d’ADM au :
http://collectivites.admtl.com/GestionDuClimatSonore/FAQ.aspx
À suivre dans notre prochain numéro papier qui sera distribué le 27 août.

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Version papier, juin 2012, vol. 1, no 1


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-ENTENDEZ-VOUS ?
LE BRUIT DU VENT QUI SIFFLE DANS LES ARBRES ?
-Non, moi,  j’entends les avions qui passent au-dessus de chez moi !!!

Par Christiane Dupont

C’est l’été, enfin ! Vous habitez au sud du boulevard Henri-Bourassa ? Le scénario est le suivant : vous prenez l’apéro sur votre terrasse en parlant avec vos invités… Dépêchez-vous de dire ce que vous avez à dire ! Aux deux minutes, aux heures de pointe, matin et soir, les avions font un bruit d’enfer dans le ciel d’Ahuntsic-Cartierville, notamment. En effet, dans Ahuntsic Ouest, Villeray, Cartierville, Saraguay, Saint-Laurent, Dorval, aux heures de pointe, matin et soir, les avions passent au-dessus de nos têtes, en se dirigeant vers l’aéroport de Dorval (rebaptisé Pierre-Elliott Trudeau), arrivant de l’Est, suivant l’autoroute 40, puis la rue Sauvé.

Agaçant. Fatiguant. Polluant. Bruyant. Peut-on faire quelque chose ? Oui. Deux comités existent qui ont à cœur la qualité de vie des citoyens habitant ces quartiers. Joignez-vous à eux! Le Regroupement Ahuntsic-Cartierville des citoyens pour une qualité de vie (RACCQV). Communiquez avec son coordonnateur, Antoine Bécotte, au 514-237-5331, awbecotte@msn.com. Vous pouvez également communiquer avec le regroupement Citoyens pour une qualité de vie (CQV), qui ratisse plus large (Villeray, Ahuntsic-Cartierville, Saraguay, St-Laurent, Lachine, Dorval, etc.), et son président, Roger Trottier, info@c-q-v.org.

Site Web : http://www.c-q-v.org/

Et ne vous y trompez pas : cet été, nous aurons un petit répit car l’administration aéroportuaire fait l’entretien d’une des pistes qui occasionne généralement ce dérangeant trafic aérien au-dessus de nos têtes. Dès le mois d’août cependant, tout redeviendra comme avant, d’où la nécessité de se regrouper pour faire valoir nos droits de vivre tranquilles dans le quartier. Ne serait-ce pas une bonne idée de retourner le trafic aérien là d’où il n’aurait jamais dû partir : Mirabel ? On jase, là.

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