Pouvons nous éviter le bruit ?                  (juin 2013)
En tout cas, on peut le mesurer !


Photo

Par Philippe Rachiele

Avec l’arrivée du printemps et l’été qui s’amorce, on ouvre les fenêtres, on marche plus souvent à l’extérieur, on s’installe sur le balcon. On se rend compte qu’il y a du bruit autour de nous.  Est-ce seulement une impression?

Pour vérifier facilement, il suffit d’utiliser un des nouveaux téléphones cellulaires dits « intelligents » et de télécharger une application « sonomètre ».  Pas de cellulaire? Empruntez celui de votre ado, d’un ami ou d’un voisin.

Vous allez dire qu’on a beau savoir que la musique du voisin est à 90 décibels, mais on compare cela à quoi? Est-ce trop élevé? Est-ce que cela respecte les normes? Par exemple, la norme dans Ahuntsic-Cartierville est de 50 décibels la nuit et de 60 le jour. On peut donc penser que 90 décibels la nuit, c’est presque deux fois plus bruyant que la norme de l’arrondissement.  ERREUR.

Un calcul différent

 Le calcul des décibels est différent des calculs habituels.  Il est généralement admis que chaque fois que l’on augmente de six décibels, le son double d’intensité.  Donc, si la norme est de 50, à 56 le son est doublé, à 62 il est doublé à nouveau (quatre fois la norme), à 68 (huit fois la norme), à 72 (seize fois la norme) et ainsi de suite.  Donc 90 décibels égalent donc 128 fois la norme (oui, vous avez bien lu, 128 fois!).  Vous avez donc raison de penser que c’est trop fort.

Normes de l’OMS

En plus, les nouvelles normes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de Santé Canada suggèrent un niveau de bruit n’excédant pas 40 décibels la nuit.  En utilisant notre exemple de 90 décibels, la nuit, le bruit excéderait donc la norme 256 fois…

Il faut noter qu’il est plutôt rare qu’il y ait des bruits de 90 décibels dans notre arrondissement.  À titre d’exemple, cela correspond au klaxon à air que fait la remorqueuse qui avertit les résidants de déplacer les véhicules lors du déneigement, l’hiver.

Cependant, amusez vous à faire vos propres calculs : une auto qui passe, votre climatiseur qui fonctionne, le filtreur de piscine en marche, les avions  au-dessus du quartier, les bips de verrouillage de voitures ici et là, la tondeuse à gazon pendant que vous accomplissez votre corvée du week-end (!), votre souffleuse pour ramasser les feuilles, l’automne, etc…

Prêt d’un sonomètre

En terminant, mentionnons que, journaldesvoisins.com peut vous prêter un sonomètre — moyennant un dépôt de 20$ remboursé sitôt l’appareil remis — pendant quelques jours si vous-même ou personne de votre entourage ne possède de téléphone intelligent. Écrivez-nous à :  journaldesvoisins@gmail.com 
________________________________________________________


Tranquille, notre quartier ?          (juin 2012)


Photo

La tranquillité n’est-elle pas une des raisons principales pour lesquelles nous sommes venus habiter ce quartier? Malheureusement, notre tranquillité est menacée d’une façon insidieuse. Déjà ceux qui habitent à proximité des artères commerciales comme le boulevard St-Laurent, le boulevard Henri-Bourassa ou la rue Fleury, peuvent vous le confirmer. Parfois, on se fait réveiller la nuit. Parfois, le bruit nous assaille jusque dans notre maison, comme mère ou père au foyer, comme retraité, comme malade ou, tout simplement, durant un repos bien mérité, en vacances à la maison.

Le bruit peut également nous déranger si nous sommes travailleur autonome à la maison, si nous étudions ou si nous nous adonnons à un passe-temps comme la lecture : bref, tout ce qui demande de la concentration. Bientôt, si ce n’est déjà fait, il faudra fermer nos fenêtres si nous voulons être tranquilles; nous deviendrons ainsi prisonniers de nos maisons, en quelque sorte.    

L’Organisation mondiale de la santé (OMS)  et Santé Canada sont deux organismes des plus crédibles qui soutiennent tous deux qu’il y a des niveaux de bruits acceptables pour éviter les désagréments, et d’autres qui ne le sont pas. Certains pays comme l’Allemagne et le Japon ont déjà légiféré et ont interdit ce bruit. À quand notre tour?

Si vous n’avez pas encore deviné de quel bruit il s’agit, sachez, pour votre gouverne, que nous parlons des  « bips » de verrouillage des voitures qui, en grande majorité, excèdent plusieurs fois les normes nationales et internationales. « Ce n’est pas grave! », direz-vous, jusqu’à ce que cela vous réveille un bon jour, ou en pleine nuit, que cela vous fait sursauter quand vous marcherez sur une rue près de chez vous, etc. 

Imaginez quand vos quinze voisins auront tous une voiture qui émettra des « bips » chaque fois que ces occupants gareront leur véhicule dans la rue, est-ce que notre quartier va être plus agréable?  Sommes-nous moins intelligents que les Allemands, les Japonais, actuellement, ou sommes-nous moins intelligents que nos parents qui eux, à l’époque, pouvaient verrouiller leur voiture silencieusement? Regroupons-nous pour conserver la tranquillité de notre quartier.  http://www.klaxnon.com/, une association membre du Regroupement québécois contre le bruit (RQCB).

Philippe Rachiele
___________________________________________________________


Cliquez ici pour voir le dossier sur le bruit des avions