PhotoDe la débrouillardise à la pelle – Crédit photo : jdv – Philippe Rachiele

Les consignes de la débrouillardise
par Geneviève Poirrier-Ghys (décembre 2013)

Deux fois par année, à l’automne et au printemps, les résidants d’Ahuntsic encouragent les scouts du quartier lors des collectes de bouteilles. Que ce soit à Saint-André-Apôtre, Christ-Roi ou Saint-Antoine-Marie-Claret, notamment, les montants d’argent récoltés lors de ces collectes permettent aux jeunes de profiter de camps d’hiver et d’été encore plus intéressants, et d’activités bonifiées.

En se débarrassant de leurs contenants consignés, ils permettent aux scouts d’amasser des fonds pour réaliser une foule de projets stimulants. Or, ces Ahuntsicois ne sont pas les seuls à agir ainsi. De plus en plus de groupes communautaires utilisent la consigne à des fins sociales et environnementales.

À vélo pour récupérer

En 2012, la Maison du Père et le Consortium Echo-Logique ont mis sur pied le programme Action Vélo Cité. Une dizaine de sans-abri enfourchent un vélo muni d’une grosse remorque et sillonnent les parcs de Montréal à la recherche de contenants consignés. L’objectif du programme est double : récupérer des contenants consignés, tout en favorisant la réinsertion sociale des plus démunis en leur offrant un emploi rémunéré qui les aidera à avoir confiance en eux et à devenir autonomes plus rapidement.

En à peine un an, certains cyclorécupérateurs ont quitté le programme et possèdent maintenant un emploi et leur propre logement.

Objectifs multiples

Sur la côte Ouest, ce ne sont pas les canettes et bouteilles qui intéressent les récupérateurs, mais les contenants de plastique qui s’échouent sur les plages. L’organisme The Plastic Bank souhaite nettoyer les Océans en offrant aux personnes pauvres un emploi valorisant et rémunéré. Plus encore, ils se sont donné une mission de sensibilisation. En identifiant clairement le plastique recyclé provenant de leur programme de nettoyage des océans, ils souhaitent créer une demande pour ce produit et augmenter leurs revenus, mais également faire grandir le sentiment d’accomplissement des récupérateurs de plastique.

Aux États-Unis, ces ninjas du recyclage ont récolté plus de quatre mille tonnes de déchets en une seule année.

Des points verts

À Mexico, à Bangkok et dans d’autres grandes villes de la planète, c’est contre de la nourriture qu’on échange les matières recyclables et les déchets. À Mexico, le ministère de l’Environnement a mis en place le Mercado del Trueque (Marché du troc). Les citoyens y échangent des matières recyclables contre des « points verts » qu’ils peuvent troquer pour du matériel scolaire ou des fruits et légumes produits localement.

Ce système permet au Ministère d’assainir sa ville, de diminuer la pauvreté et la malnutrition et d’encourager l’agriculture locale.

Que ce soit à l’échelle de la planète ou de notre quartier, avec un peu de débrouillardise, on peut permettre aux gens de se prendre en main et de subvenir à leurs besoins, avec fierté, par une action toute simple et écologique. Jdv

Plus de renseignements:

http://www.bge-quebec.com/fr/demarrez-un-programme/action-velo-cite

http://plasticbank.org

http://www.sedema.df.gob.mx/sedema/
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Concevoir la ville de demain…
Un développement vraiment durable par le biomimétisme
par Geneviève Poirrier-Ghys (octobre 2013)

On entend souvent parler d’entreprises à l’échelle mondiale, ou même plus locale, qui cherchent à économiser et à trouver de meilleurs produits ou façons de faire. Dans les services de recherche et développement, les chercheurs s’activent. Ils inventent de nouveaux polymères, étudient la structure de nouveaux matériaux, ou mettent au point des teintures uniques pour créer une couleur remarquable. Or, on oublie parfois que la nature qui nous entoure a pris des milliards d’années pour obtenir des formes, des couleurs et même des produits parfaitement adaptés à leur milieu.

La nature est bien faite

Depuis quelques années, Janine Benyus a lancé un mouvement nommé le « biomimétisme », traduction du mot anglais biomimicry. Le principe de base est le suivant : apprendre de la  nature.  Des milliards d’années d’évolution ont permis à la nature de trouver des solutions durables testées et éprouvées. Ce qui fonctionne et est approprié réussit à traverser le temps; le reste disparaît. On devrait donc s’inspirer des formes, des couleurs, des substances et des interrelations qu’on retrouve dans la nature pour créer et améliorer nos produits.

Super colle et éoliennes

Quelques entreprises ont suivi ce mouvement. Par exemple, pour créer une super colle, les chimistes ont imité les moules qui se collent solidement sur les coques des bateaux. Pour améliorer les palles d’éoliennes, des ingénieurs ont observé les baleines à bosses.  Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les nageoires de ces cétacés sont couvertes d’irrégularités, qui les rendent plus hydrodynamiques. D’autres chercheurs ont étudié la surface d’un nénuphar et ont compris que les micropores aident à l’écoulement de l’eau. Ils ont ainsi créé une peinture extérieure autonettoyante.

Vraiment durable…

Plus qu’un simple exercice d’observation et d’imitation, le biomimétisme nous invite à revoir toutes les étapes de conception des produits que nous créons en nous inspirant de la diversité, des interrelations et des procédés de la nature. Selon les partisans du biomimétisme, la nature trace la route vers un développement vraiment durable.

Comme quoi, la nature a 3,8 milliards d’années de pratique et d’expérimentation à nous transmettre. À nous d’en tirer des leçons.

Une ville biomimétique

Prenons, par exemple, la municipalité de Velizy-Villacoublay. En effet, cette ville française se veut biomimétique. Elle se définit ainsi : « Bienvenue dans une ville qui recycle tout, qui fonctionne aux énergies renouvelables, qui développe la diversité, qui utilise les richesses locales, qui puise sa créativité dans les limites qui lui sont imposées… Une ville qui s’inspire de la nature. Bienvenue dans la ville de demain! » Cette municipalité organise en février prochain une conférence sur le biomimétisme en milieu urbain, dont le thème sera : « Quand la ville s’inspire de la nature… Un monde urbain en marche! »

http://www.velizy-villacoublay.fr/fr/developpement-durable/ville-biomimetique.html


Le gazon qui rend fou (août 2013)


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par Geneviève Poirier

Le gazon, certains l’aiment, l’exhibent et y consacrent leur vie. D’autres le condamnent, y voyant un esclavagisme au service du « paraître », une source de pollution qui, en plus, réduit la diversité naturelle des fleurs et des plantes à une tige bien coupée. Pour ceux et celles qui ne cultivent ni l’amour ni la haine envers les brins en question, l’entretien du gazon est un mal nécessaire qu’on doit couper ou faire couper…

Historique du tapis vert

Mais d’où vient ce culte de la pelouse? Il remonterait aux années 1850 alors que des aristocrates britanniques vivant aux États-Unis désiraient exhiber leur richesse. À cette époque, il fallait déjà être quelque peu nanti pour posséder une terre fertile. Ainsi, détenir une terre où poussait un beau gazon vert foncé n’ayant aucune utilité, était le signe extérieur tangible d’un propriétaire bien fortuné. Au fil des ans, cette démonstration d’opulence s’est étendue aux bourgeois, puis aux ouvriers. Ainsi, du début du 20e siècle à aujourd’hui, ces mœurs se sont développées pour devenir la norme. Maintenant que toutes les résidences ont leur pelouse, c’est la qualité de l’entretien qui est devenue la marque de distinction.

Or , la tonte de la pelouse a, quant à elle, des retombées environnementales considérables. Pour une saison, quand il s’agit d’une pelouse, utiliser une tondeuse à deux temps génère autant de pollution qu’une auto qui roule pendant un an ! De plus, l’obsession de la pelouse parfaite a longtemps signifié l’utilisation d’une foule de pesticides et d’herbicides. Heureusement, certaines techniques changent.

Pas de pesticides

Depuis 2004, l’utilisation de pesticides pour des fins esthétiques est interdite à Montréal. Quelques exceptions existent et dans tous les cas, il faut obtenir un permis d’épandage de l’arrondissement. De plus, les tendances actuelles visent à revoir l’aménagement de nos terrains afin d’y installer des plantes qui demandent un entretien minimal. Choisir des espèces indigènes, résistantes aux parasites et à la sécheresse, diminuer la superficie gazonnée, peut permettre des résultats sans pareil pour vos aménagements et la protection de notre environnement ! Certains rivalisent même d’imagination en offrant des paysages comestibles.

Gazon préhistorique

Après un siècle et demi de tonte, la relation que l’on entretient avec notre gazon demeure toujours aussi complexe et mystérieuse. Et c’est peut-être, en prenant du recul, comme le fait l’anthropologue et animateur Serge Bouchard, qu’on apprécie le plus le côté primitif de notre amour du gazon : « …voilà l’homme, un million d’années pour aboutir à la tondeuse. Fallait-il haïr l’herbe longue qui cachait le tigre qui lui-même cachait le serpent. Un million d’années pour en arriver là : tondre le gazon et aimer ça. »

Avec la collaboration d’Éric Malka
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Des terre-pleins d’idées !            (juin 2013)
La nature au coin… ou même dans la rue !


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Terre-plein de la rue Grande-Allée

par Geneviève Poirier

Depuis plusieurs semaines, les arbres ont revêtu leurs verts coloris, les oiseaux gazouillent et la rivière a repris sa longue traversée. À Ahuntsic, nous avons la chance de vivre dans un quartier où la nature se trouve à tous les coins de rues.

Mais la nature peut aussi se cacher au centre de certains boulevards. Je ne parle pas des grands plantains et brins d’herbe qui bravent l’asphalte et poussent à même les trottoirs ou les routes, mais bien des terre-pleins situés au beau milieu d’une rue ou d’une avenue.

Grande-Allée et d’Auteuil

Si vous avez déjà marché sur les rues Grande-Allée ou d’Auteuil, vous vous êtes certainement aperçu que le terre-plein accueillait de grands arbres matures et du gazon. Imaginez ce qu’aurait été ce paysage si les promoteurs de l’époque avaient décidé de bétonner ces terre-pleins plutôt que de les végétaliser!

Les aménagements horticoles répondent en général davantage à un besoin esthétique qu’à la conservation de la biodiversité. Toutefois, même si ce sont de petits milieux, les terre-pleins jouent un rôle paysager et écologique. Ils participent à reconnexion des milieux naturels, contribuent au maintien de la santé des écosystèmes et sont essentiels au bien-être de la collectivité et à une économie viable à long terme.

Contraintes

Ils peuvent toutefois représenter des contraintes de gestion. La qualité du sol peut présenter un problème pour de tels aménagements horticoles. La sécurité et la visibilité routières quand il s’agit de terre-pleins imposent également certaines limites. Finalement, la petite taille des terrains et l’exposition à des polluants et au sel de déglaçage peuvent être des contraintes pour la biodiversité.

Au pré fleuri…

L’arrondissement du Plateau Mont-Royal a remplacé le traditionnel gazon des terre-pleins pour favoriser la biodiversité urbaine. Le projet pilote de verdissement écologique de la pente Pauline-Julien est un exemple de cette nouvelle approche de gestion écologique dans le Plateau-Mont-Royal. L’administration de l’arrondissement a décidé de laisser évoluer la végétation naturelle vers l’établissement d’un pré fleuri, qui soutient la biodiversité et qui permet une plus grande filtration de l’air. Ce type de gestion nécessite moins d’entretien et favorise une végétation plus en santé. C’est également un moyen de lutte efficace contre l’herbe à poux. L’usage réduit de la machinerie diminue la pollution de l’air et la pollution sonore.

Un entretien moins fréquent favorise une plus grande biodiversité et améliore la qualité du paysage. Cela contribue également à diminuer les coûts d’entretien pour l’arrondissement  et à ramener la biodiversité en ville, ce qui permet aux citoyens de recréer un lien avec la nature. Pensons-y pour les prochains développements du quartier, ici dans Ahuntsic!

Liens utiles : Autres projets de renaturalisation de l’arrondissement du Plateau Mont-Royal : http://www1.ville.montreal.qc.ca/banque311/node/1297

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Qu’est-ce qu’un parc? (mars 2013)


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par Geneviève Poirier

Fin janvier, les citoyens d’Ahuntsic Ouest étaient appelés à se prononcer sur l’avenir du parc Tolhurst. Dans la foulée de cette rencontre, quelques questions me sont venues à l’esprit.

Selon l’Office québécois de la langue française, un parc est un « terrain délimité, qui a un statut officiel et un caractère de permanence, établi par une autorité compétente pour la protection d’un milieu ou d’éléments particuliers de ce milieu et pour l’agrément d’une population durant ses loisirs ».  On parle ainsi de parcs national, provincial, municipal, marin ou historique. 

Quoi qu’intéressante, cette définition ne nous éclaire pas sur l’aménagement, sur la taille ou sur la représentation que se font les différents acteurs concernés par les parcs et les espaces verts. Les citoyens, les urbanistes, les politiciens, les services techniques et les écologistes ont tous une perception différente de ce qu’est un parc, de ses fonctions et des équipements qui devraient s’y trouver.

Pour certains, un parc doit accueillir des balançoires ou des terrains sportifs. Pour d’autres, ce doit être un espace naturel dans lequel on peut marcher et qui protège la nature. Entre les deux, il existe une multitude de possibilités.

Que nous apportent les parcs?

Dans un milieu urbain ou périurbain, les bienfaits des parcs peuvent être répertoriés en trois catégories.

Social : Les parcs constituent des lieux de détente et de loisir. On peut s’y promener, jouer, oublier le bruit de la ville et apprendre sur la nature. Ils offrent également des lieux pour la prestation d’évènements culturels ou sportifs.

Écologique : Ils servent de refuge aux plantes et aux animaux, tout en les aidant à rejoindre les grands massifs boisés. Ils contribuent à améliorer la qualité de l’air et de l’eau et nous offrent des endroits agréables. 

Communautaire : Les parcs confèrent une personnalité à un quartier et y améliorent la qualité de vie. Ils augmentent la valeur des terrains et permettent aux gens d’accepter la densification des résidences. Ils offrent des terrains qui favorisent la santé et le contact avec la nature. Comme l’explique François Cardinal dans son livre Perdus sans la nature: « le déclin du jeu libre à l’extérieur n’est rien de moins qu’un problème de santé publique ».

Que souhaitons-nous comme parc ?

La définition d’un parc laisse place à beaucoup d’interprétation. La réflexion entamée sur l’avenir du parc Tolhurst nous permettra de nous doter d’une vision sur les équipements et les aménagements que nous souhaitons pour ce lieu, mais n’oublions pas qu’il peut refléter la personnalité de notre quartier. Surtout, souvenons-nous qu’il a aussi une fonction écologique que nous pouvons même améliorer.
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Comment nourrir un quartier, une ville? (février 2013)


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Les fermes Lufa

par Geneviève Poirier

Selon l’Organisation des Nations Unies, au cours des 25 prochaines années, la majeure partie de la croissance de la population se produira dans les villes. Si la tendance actuelle se maintient, d’ici 2030, 60 % de la population de la planète vivra en milieu urbain. Dans les grandes villes, pouvoir se procurer des aliments de qualité à un prix raisonnable devient donc un atout.

Un des moyens d’y parvenir est de produire soi-même un peu de nourriture. Ainsi, plusieurs personnes décident de cultiver leur propre potager, s’inscrivent à un jardin communautaire (il y en a quelques-uns dans Ahuntsic), ou cultivent des fruits et légumes en pot sur leur balcon, sur le toit de leur garage ou une autre annexe installée derrière leur maison.

Troc ton jardin

Dans cet esprit, et justement pour aider les résidants du quartier à penser « vert », journaldesvoisins.com vous a présenté, dans son numéro d’octobre/novembre dernier, l’organisme Troc ton jardin, créé par Daniel Rochefort, et qui a commencé à s’implanter dans Ahuntsic, Cartierville, Val-Morin et Hull, l’été dernier. Ces groupes de personnes se réunissent une fois la semaine ou aux deux semaines, l’été (dans le cas d’Ahuntsic Ouest, c’était un mercredi soir sur deux) et échangent entre eux des légumes de leur potager, des fines herbes, des fruits de leurs arbres fruitiers ou encore des bocaux de conserves maison.

Pas le pouce vert?

Malheureusement, ce ne sont pas tous les résidants du quartier qui ont la possibilité de cultiver un potager dans leur jardin, à l’arrière de la maison (ou même à l’avant, comme on l’a vu dans les médias l’été dernier!). Par ailleurs, croyez-moi, nous n’avons pas tous le pouce vert! Finalement, certains préfèrent en encourager d’autres à cultiver légumes et fines herbes, car ils n’ont pas le temps ou le goût de le faire.

Initiatives diverses

C’est dans ce but que, depuis des années, on voit  apparaître d’autres initiatives pour rapprocher les producteurs des consommateurs. Grâce au programme d’agriculture soutenue par la communauté, il est possible d’aider une ferme biologique et d’obtenir un panier de fruits et légumes de saison produits par son « fermier de famille ».

Marchés publics

On voit également de plus en plus de marchés publics, comme le petit marché du métro Henri-Bourassa, le marché Jean-Talon, bien connu, et le Marché central. C’est toujours agréable, par une belle journée d’été, de déambuler parmi les étals aux joyeux coloris et d’acheter des produits frais tout en prenant le temps de rencontrer les producteurs.

Lufa, un fleuron d’ici

Or, l’originalité ne s’arrête pas là. Près de nous, les « Fermes Lufa » offrent maintenant aux résidants d’ici et d’ailleurs des légumes cultivés sur le toit d’un édifice à bureaux situé près du Marché central. D’ailleurs, la boulangerie/pâtisserie La Bête à pain sert de point de chute pour les résidants qui désirent se procurer des paniers de légumes cultivés dans les serres Lufa, été comme hiver. En tout, il y a cinq points de chute dans Ahuntsic-Cartierville.

Le Québec, et les autres

Certains parcs nationaux et provinciaux en banlieue de Toronto et aux États-Unis louent des terres en friche à des agriculteurs. Au Québec, peu de terres publiques sont louées à des fins agricoles.

De façon générale, les agriculteurs de l’Ontario et des États-Unis cultivent d’ailleurs plus de terres louées (privées et publiques) que de terres leur appartenant. En comparaison, le Québec agricole serait plus une « terre » de propriétaires.

Pas de produits chimiques

Ce qui est intéressant dans le cas des agriculteurs des régions torontoise et américaine, c’est que ces derniers s’engagent à cultiver ces terres publiques sans utiliser de produits chimiques. Cette agriculture à petite échelle et proche du consommateur assure la fraîcheur des produits et un engagement des fermiers envers la protection de l’environnement.

Si cela est fait dans le respect de la qualité de l’environnement et que la superficie des milieux naturels existants est maintenue, et même augmentée, on pourra nourrir la ville tout en assurant la qualité de son environnement. 

Toutes ces initiatives sont de bonnes nouvelles pour les urbains que nous sommes!

Liens utiles:

https://lufa.com/

http://www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Productions/agricultureurbaine/Pages/agricultureurbaine.aspx

http://www.mrn.gouv.qc.ca/territoire/droit/index.jsp

http://www.mrn.gouv.qc.ca/territoire/portrait/portrait-utilisation.jsp

http://www.lebulletin.com/actualites/le-quebec-terre-de-proprietaires-44160


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À 200 mètres de la nature (décembre 2012)


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Par Geneviève Poirier

En décembre 2011, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) a adopté un plan d’aménagement et de développement qui prévoit densifier les habitations. Par ailleurs, des promoteurs immobiliers veulent densifier tous azimuts les habitations, souvent sans égard aux sensibilités locales. C’est du moins ce que l’on a pu constater dans Ahuntsic Ouest  au cours des derniers mois. Par ailleurs, le ministre québécois responsable de Montréal, Jean-François Lisée, disait vouloir retenir les familles  plutôt que de les laisser partir vers la banlieue. Mais être propriétaire à Montréal est loin d’être à la portée de toutes les bourses.

Tous ces acteurs de la scène montréalaise sont-ils allés voir ce qui se fait ailleurs avant de décider de la destinée montréalaise à ce chapitre? On peut se poser la question. Pour ma part, lors d’un récent voyage en Suède, j’ai pu constater ce que donnait un effort de réflexion pour allier nature et densification urbaine.

Stockholm, ville et nature

Lorsqu’on se promène à Stockholm, on a toujours l’impression que la nature n’est pas loin. Pourtant, autour de nous, on voit des tours à logement de six ou huit étages. Soudain, au coin d’une rue, on arrive dans un parc ou  dans un espace de nature. Le gazon coupé ras laisse la place à de grands arbres, de petits ruisseaux et à des bosquets. On trouve parfois quelques balançoires ou des modules de jeux pour enfants.

Ces petits îlots de nature constituent des refuges pour les plantes et les animaux de la ville, mais ce sont aussi des lieux de détente et de loisir pour tous.

Espaces verts et croissance économique

Les Suédois ont décidé d’étudier le phénomène. À la suite de diverses études, les autorités  municipales ont constaté que la présence de nombreux espaces naturels aménagés en parcs est à la base de la croissance économique de la municipalité. Ces espaces nature améliorent la qualité de vie des citoyens et leur permettent d’accepter la densification des résidences. Ces espaces verts sont aussi appréciés comme lieux de rassemblement. Il est donc important de fournir une diversité de parcs et d’espaces verts pour favoriser à la fois biodiversité et la gamme d’usages qu’en font les citoyens.

Oasis

La ville de Stockholm a mis en place une stratégie de planification des parcs et espaces verts intégrée au plan de développement de la municipalité. La stratégie vise à assurer une bonne quantité de parcs pour créer un environnement culturel et naturel durable. Il est désormais établi que dans un rayon de 200 mètres de toute habitation, il doit y avoir un parc d’une taille de un à cinq hectares afin d’offrir un oasis de nature, un endroit pour relaxer et pour marcher. Dans un rayon d’un kilomètre, on souhaite offrir une réserve naturelle de plus de 50 hectares.

Espaces verts et densification

Ne devrait-on pas s’inspirer du modèle suédois et s’assurer d’augmenter la quantité et la diversité des parcs et des espaces verts pour compenser la densification de notre ville, et plus près de nous, d’Ahuntsic Ouest ?  N’y a-t-il pas là matière à réflexion pour notre quartier, dans lequel nous ne voulons ni trop de monde, ni trop d’édifices en hauteur? D’un autre côté, il faut partager l’espace… Si des espaces verts compensent pour la densification et la hauteur des édifices, et qu’ils permettent de loger plus de résidants en ville, n’est-ce pas un bon compromis?

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