« Nous sommes tous piétons!»
Une conférence de l’INRS sur la cohabitation autos/vélos/piétons 


PhotoMarie-Soleil Cloutier

Selon Marie-Soleil Cloutier, professeure chercheure au Centre Urbanisation, Culture et Société, de l’Institut national de recherche scientifique (INRS), les accidents impliquant des blessés et des morts chez les piétons, tels que rapportés par les médias, ne constitueraient que la pointe de l’iceberg.
  

Mme Cloutier était la conférencière de l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville le 10 février dernier, en soirée à la salle du conseil. Elle y donnait une conférence sur la cohabitation autos/vélos/piétons. La professeur-chercheure se spécialise dans les domaines de la géographie de la santé, de la sécurité routière et de la gestion du risque.

Exposé des faits

Dans son exposé, la chercheure a fait ressortir le fait que, outre les accidents impliquant blessés et morts chez les piétons, de nombreux conflits et interactions à divers degrés entre piétons, automobilistes et cyclistes, ne sont jamais répertoriés ni connus du grand public. Pour améliorer la sécurité routière, Mme Cloutier a expliqué qu’il faut habituellement se baser sur la règle des « 5 E », soit l’ingénierie de la route (Engineering), l’application de la loi (Enforcement), l’Éducation, l’Encouragement (inciter le transport actif), et l’Évaluation.

Afin d’améliorer la sécurité des piétons et d’accroître leur sentimentde sécurité, la chercheure croit que l’on doit agir à différents niveaux. « Il faut notamment, a-t-elle souligné, prioriser les usagers vulnérables dans toutes les sphères d’interventions. »  La présence de brigadiers scolaires dans les zones près des écoles est une très bonne façon de réduire les interactions conflictuelles, a-t-elle fait remarquer. Les avancées de trottoir sont aussi un élément intéressant, car en réduisant la surface de chaussée où circulent voitures et vélos, ces structures contribuent à faire diminuer la vitesse des automobilistes et le temps de passage des piétons dans la rue.

Rien pour les cyclistes

Jacques Lebleu, résidant d’Ahuntsic, a apprécié la conférence et il y a trouvé un certain intérêt. Toutefois, il aurait aimé que l’on parle aussi un peu d’aménagement cycliste en plus des aménagements destinés aux piétons. « On aurait aimé entendre parler des traverses piétonnières placées entre deux intersections »  a-t-il dit à journaldesvoisins.com, comme celles que l’on retrouve dans de nombreuses villes nord-américaines et qui seraient les bienvenues sur des rues comme la Promenade Fleury où il est souvent difficile de traverser. »

Pistes de solution?

Selon Frédéric Bataille, l’un des porte-parole du groupe de transport actif « Ahuncycle », le titre de la conférence « Cohabitation routière entre piétons, cyclistes et automobilistes » laissait croire qu’il y aurait plus d’éléments d’explications sur la cohabitation comme telle.
Avant tout, a-t-il dit, la soirée présentait les résultats d’une recherche sur les piétons plutôt que de chercher des solutions à la cohabitation des trois groupes comme telle.

Pour le calcul du temps de traverse aux feux piétons, il a trouvé intéressant que le temps de traversée estimé à 1,2 mètre par seconde soit remis en question et puisse être diminué à aussi peu que .7 mètre par seconde dans certains pays, permettant ainsi aux aînés de réussir à traverser une intersection avant que le feu ne passe au rouge. Lors de la période de questions, plusieurs citoyens sont venus mentionner qu’il y avait certains automobilistes et cyclistes qui manquaient de respect envers les autres usagers de la route, particulièrement ceux et celles marchant sur les trottoirs. (Par Philippe Rachiele) (2016-02-12)



Photo

Les accidents ne seraient que la pointe de l’iceberg (à gauche) comparé à tous les conflits et autres interactions de sévérité diverses entre les piétons et automobilistes.
Crédit photos : jdv – Philippe Rachiele