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Sur la route des sciences, venant de France, ce postdoctorant qui avait déjà connu le Québec, dans un bref séjour précédent, a décidé d’y rester. À la suite d’une offre de l’Institut de cardiologie de Montréal (ICM), il a rallié les rangs des chercheurs qui s’adonnent à la recherche fondamentale. Depuis plus d’un an, il est devenu le directeur de la Biobanque de l’ICM. Journaldesvoisins.com a rencontré David Busseuil chez lui.
 
Depuis son postdoctorat jusqu’à aujourd’hui,il s’est écoulé plus d’une dizaine d’années, assez pour que David Busseuil ait décidé de faire du Québec sa patrie d’adoption. Professionnellement, il a trouvé chaussure à son pied, puis une Québécoise a gagné son cœur. Deux tout-petits se sont ensuite greffés à la jeune famille qui, après être demeurée à Villeray, a décidé de planter sa tente dans le quartier. « J’aime le calme et l’espace que nous avons ici », dira-t-il.
 
Parcours scientifique
 David Busseuil est originaire de Dijon, où il a fait une partie de ses études. Puis, il a poursuivi ses études, son baccalauréat notamment, à Nottingham, en Angleterre. David Busseuil est docteur en physiopathologie et pharmacologie. « En 2000, j’étais venu faire un stage de trois mois à l’Université de Montréal, à la Faculté de pharmacie. J’avais vraiment adoré mon expérience montréalaise. » Son doctorat portait sur l’étude des incidences vasculaires d’une irradiation après angioplastie et implantation d’une endoprothèse chez le lapin, sujet spé- cialisé s’il en est. Par la suite, il a fait son postdoctorat à Montréal avec une sommité dans le domaine, le docteur Jean-Claude Tardif, directeur du centre de recherche de l’Institut de cardiologie de Montréal. « En janvier 2005, je suis donc arrivé comme postdoctorant à l’ICM. Trois ans après, on m’a fait une offre en tant que chercheur associé, et j’ai accepté pour le type de travail et aussi parce que la vie montréalaise m’a beaucoup plu », dira-t-il, avec le sourire. Toutefois, il travaillait en recherche fondamentale, mais le volet « humain », donc la recherche clinique, lui manquait.
 
Intarissable sur la Biobanque…
C’est une des raisons pour lesquelles il a posé sa candidature au poste de directeur de la Biobanque. David Busseuil signale qu’il existe plusieurs biobanques dans le monde, certaines plus importantes, d’autres moins, citant au passage la UK Biobank qui compte 500 000 participants. « La Biobanque de l’ICM, dit-il, est un projet qui vise à recueillir, par l’intermédiaire d’une prise de sang, de l’ADN, du plasma, des globules rouges et des données médicales. On recueille également des données nutritionnelles, psychosociales, et sur les habitudes de vie. C’est une mine d’or scientifi que gigantesque ». La particularité de la biobanque du célèbre institut québécois? « C’est le suivi longitudinal de chaque participant tout au long de sa vie, par le biais d’une mise à jour de ses renseignements personnels une fois tous les quatre ans. C’est fantastique!, ajoute le scientifi que. Ça permet de suivre l’évolution d’un patient et de ses habitudes de vie sur plusieurs années. » L’objectif de la Biobanque est de recruter 30 000 participants, de 18 ans et plus, ce qui en fera l’une des plus vastes cohortes hospitalières au monde qui permettra de relier les données génétiques avec les informations cliniques des participants. Grâce à cette innovation, a poursuivi David Busseuil, l’ICM pourra contribuer à l’avancement des connaissances et au développement d’une médecine plus personnalisée.

​Montréal, agréable
David Busseuil considère que Montréal est une ville agréable à vivre, avec une offre culturelle diversifi ée, mais pas nécessairement une belle ville. Selon lui, le rythme de vie est plus agréable qu’en France. « On a le temps de faire du sport. On a du temps de qualité. L’organisation de la vie est pas mal plus simple, dit-il. J’ai trouvé les Québécois plus civilisés que les Français et pas mal plus respectueux de l’autre. » Sur le plan professionnel, il considère qu’il y a aussi moins de distance entre les gens, ce qu’il apprécie. S’ennuie-t-il de la France? « Au bout de quatre ou cinq ans, si on franchit ce cap, il y a des chances qu’on reste!, dit-il. Il y a d’ailleurs des conférences organisées par l’Alliance française à ce sujet. Mon père vient à chaque Noël passer deux semaines avec nous. Il viendra peut-être cet été ». Ce grand-père s’ennuie sans doute un peu de ses petits-enfants…
 
Un quartier attrayant
Pour lui, Ahuntsic est un quartier attrayant. « Depuis trois ans que nous habitons ici, j’ai eu tout ce que j’espérais et je n’ai pas été déçu », dit-il. La famille Busseuil compte en effet de bons amis parmi leurs voisins. « C’est un voisinage parfait! », conclut-il, visiblement ravi. Comme il adore cuisiner, c’est pour lui un vrai plaisir de passer plusieurs heures dans la cuisine pour recevoir leurs voisins et amis le samedi soir