UN MAL NÉCESSAIRE ?*
par Christiane Dupont (juin 2014)


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« On va juste aller faire un tour, lentement, et on ira sur les pistes cyclables! » Celui qui parle, c’est mon mari : un grand sportif devant l’Éternel, s’il en est. Également adepte du transport (très) actif, il fait les courses à vélo et garde même trace de son itinéraire et du nombre de kilomètres parcourus sur une application de son téléphone intelligent. Un adepte, je vous dis!

S’il roule à vélo été comme hiver, il voudrait bien me convaincre, non pas d’en faire autant, mais d’en faire un peu. Sauf que j’ai peur.

Peur de tomber en bas du vélo, peur de rouler sur des rues où l’auto règne en maître; peur de rouler sur des pistes cyclables étroites où je me ferai frôler ou dépasser à qui mieux mieux par des planchistes, des joggers ou des marcheurs qui se déplacent seuls ou avec leur chien; et, bien sûr, une peur bleue de me faire ouvrir une porte dans le front par des automobilistes qui garent leur voiture et oublient de regarder avant d’ouvrir leur porte, dans leur grande hâte à faire leurs courses, vite, vite, vite!

En fait, je suis encore plus craintive depuis que j’ai subi une chirurgie aux deux genoux, il y a trois ans. À 55 ans passés, après avoir fait de la physiothérapie pendant plusieurs semaines, je sens que ne suis pas totalement en contrôle de mes deux jambes et je crains, par-dessus tout, de tomber, de me blesser, et d’avoir à retourner sur le billard. Pour cette raison, je préfère de beaucoup marcher, plus simplement, ou nager.

Mais, mon mari a raison. Il n’est pas normal que j’aie peur. Pourtant, j’ai déjà fait le Tour de l’Île et je me suis déjà bien amusée à rouler à bicyclette. Sauf qu’à vélo, maintenant, je me sens inquiète, et cela tient en grande partie aux voitures. Dans un environnement sans autos[GC1] , le vélo et moi sommes de meilleurs amis…

À l’heure où le pétrole règne en maître et alors qu’il faut trouver des solutions pour remplacer cette énergie qui coûte les yeux de la tête, le vélo est une solution écologique et de nature à donner un coup de pouce à notre santé (quand notre situation le permet, évidemment). Personnellement, je ne me serais pas vue aller en vélo en visite dans la famille ou chez des amis avec nos quatre enfants – y compris les bagages — quand ces derniers étaient encore petits.

Je me souviens d’un voyage en Europe, au printemps 2007, alors que nous arrivions par train à la gare de Bruges, ville située à l’extrémité nord-ouest de la Belgique, dans sa partie flamande. À notre grande stupéfaction, en arrivant dans le stationnement de la gare de trains, nous avons vu des centaines – pour ne pas dire des milliers — de vélos garés là, tout bonnement, dans le stationnement extérieur. Saisissant! Je m’en souviens comme si c’était hier. Qui étaient les propriétaires de ces vélos? Comme nous étions arrivés un matin de semaine vers 10 h ou 11 h (heure locale) il s’agissait sûrement de travailleurs ayant pris le train pour aller au boulot. Puis, en se rendant à notre auberge, à pied, vers le centre-ville de Bruges, encore des vélos! Des autos, oui, mais même piétons, on ne se sentait pas « étrangers ». Là-bas, parents avec enfants, grands-parents, étudiants, travailleurs : tous se promènent en vélo. L’auto ne semble qu’accessoire. Tout au long de notre séjour à Bruges, on voyait bien que le vélo était le moyen par excellence de déplacement des résidants.

[GC2] Plus jeune, je faisais un peu de vélo. Même si je n’ai jamais été une grande sportive, je n’étais pas téméraire et je savais me servir d’une bicyclette. Est-ce à dire que je devrais m’en passer complètement maintenant que l’anxiété d’être victime d’emportiérage, notamment, a pris le dessus? Le dooring a, en effet, blessé trop de cyclistes au cours des dernières années parce qu’il y a de plus en plus de cyclistes, peut-être, et que les automobilistes sont un brin individualistes et insouciants, peut-être aussi…

« Pourtant, il y a un problème », écrivait François Cardinal, journaliste à La Presse, le 15 avril dernier, dans son article Autos-vélos-piétons : l’enfer, c’est les autres. « Les automobilistes sont nombreux à passer sur la jaune (ou la rouge), à frôler les cyclistes, à ne pas laisser aux piétons le temps et l’espace pour franchir les intersections, et surtout, à rouler trop vite. »

Je sais que, dans le quartier, quelques résidants habitués de se promener en voiture seulement ne sont pas d’accord avec l’arrivée de nouvelles pistes cyclables, craignant que leur rutilante bagnole ne soit « égratignée » au passage (oui, on nous a déjà dit ça), ou n’étant pas capables de partager les rues (la route) avec les cyclistes. Je roule moi-même en (petite) voiture, mais je crois fermement que les automobilistes que nous sommes devraient faire des efforts pour partager la chaussée avec les cyclistes.

Peut-être que ceux et celles qui ont peur du vélo – comme moi — (et qui se gardent bien de le dire) seraient tentés de sortir leur bécane s’ils savaient que l’on peut rouler en toute sécurité, ici dans Ahuntsic-Cartierville, et à Montréal comme à Bruges.

Peut-être que le vélo n’est pas un mal nécessaire, comme le pensent certains… Peut-être que le vélo devrait avoir droit de cité dans une ville comme Montréal et un quartier comme le nôtre. Ne croyez-vous pas? Pour ma part, j’en suis convaincue. Il semble que d’autres le soient aussi, dont le maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez.

Christiane Dupont
Rédactrice en chef

À lire, également : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/francois-cardinal/201405/06/01-4763964-velos-fantomes-et-tunnels-de-la-mort.php

*Cet éditorial a été écrit plusieurs semaines avant l’accident qui a coûté la vie à Mathilde Blais, et à d’autres cyclistes de Montréal et de l’extérieur.
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Photodessin : Sylvie Baillargeon

Le bien des autres
par Christiane Dupont (décembre 2013)

Il paraît que l’indice de pauvreté a augmenté au moins d’un point (1,4 %) dans la région administrative 06… Ça, c’est Montréal. Je n’invente rien; c’est le chroniqueur en économie de Radio-Canada (la Première Chaîne radio), Jean-Sébastien Bernatchez, qui en faisait l’objet de sa chronique, la semaine dernière, durant la Guignolée des médias.

En fait, depuis 1997, la pauvreté a reculé partout au Québec, sauf à Montréal, selon un rapport du Centre d’étude sur la pauvreté et l’exclusion.

Ahuntsic-Cartierville, étant situé à Montréal, fait partie de ces malheureuses statistiques. Dans certains coins du district du Sault-au-Récollet, nous rapportait la nouvelle conseillère de la Ville,         Lorraine Pagé, dans une entrevue qu’elle accordait à journaldesvoisins.com avant les élections, deux enfants sur trois ne mangent pas à leur faim.

Et on peut s’imaginer que dans les autres districts, Ahuntsic, Saint-Sulpice, Bordeaux-Cartierville, c’est la même chose. Il y beaucoup de familles de la classe moyenne dans l’arrondissement, mais il y a aussi beaucoup de poches de pauvreté.

Oui, oui! Vous avez bien lu! Dans un logement ou une maison près de chez vous, il y a des tout-petits et des plus grands qui n’ont pas grand-chose à mettre dans leur  assiette, chaque jour, et pas seulement au temps des fêtes de Noël et de la Nouvelle Année.

Ce constat étant fait, plusieurs résidants de l’arrondissement ne regardent pas passer les trains… ils décident d’y monter, et tout au long de l’année. Dans cet esprit, ce numéro vous présentera trois résidants qui font du bénévolat à l’année. Et nous savons qu’il y en a d’autres!

Ce qui m’amène à vous parler d’un sujet qui me tient à cœur…et qui me désespère parfois du genre humain. Cette semaine, en mettant à jour la page Facebook de journaldesvoisins.com, je rapportais la nouvelle sur les dépenses faramineuses qui auraient été faites par le principal dirigeant d’un important organisme de tourisme à Montréal quand il était encore en poste.

Cette nouvelle, additionnée aux tristes révélations entendues à la Commission Charbonneau depuis de nombreux mois, a achevé de me rendre morose.

La colère ressentie en entendant les nombreux témoignages au fil des audiences publiques s’est peu à peu transformée en lassitude. Pas au point de déclarer forfait toutefois, au contraire, car à chaque fois que j’entends ces révélations, après colère et lassitude, j’ai le regain d’énergie nécessaire pour me battre encore.

Pourquoi certaines personnes, au mépris des autres, n’hésitent-elles pas à piller impunément dans les biens publics, à prendre le bien des autres?

De quelle étoffe sont faits ces dirigeants qui — en plus de gagner des  émoluments fort appréciables dans le cadre de leurs fonctions, par ailleurs souvent très gratifiantes — en rajoutent en s’en mettant plein les poches?

J’avoue que je n’ai pas la réponse. Je sais par ailleurs qu’il y a toujours des pommes pourries — comme le dit l’expression populaire — sur un lot de belles pommes. Heureusement que les belles pommes sont plus nombreuses, d’ailleurs!

Mais l’idée que plusieurs contournent les règles et  vont piger dans l’argent des contribuables pour leur petit bénéfice personnel tandis que d’autres ne mangent pas à leur faim me répugne. Et vous?

Christiane Dupont

Rédactrice en chef

Portail de la Ville de Montréal, données intéressantes sur la pauvreté :
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Le grand ménage


par Christiane Dupont  (octobre 2013)

Quand on a un chez-soi, même si ça ne nous tente absolument pas, il faut parfois faire le grand ménage. Il ne s’agit pas seulement de ramasser la poussière, mais d’aller un peu plus loin, dans le but de rafraîchir le tout, particulièrement quand on est propriétaire.

Peu importe notre statut, redonner du lustre aux murs, aux rideaux et aux couvre-sols, ça donne un peu d’allant, ça améliore notre perception du quotidien, ça nous aide à poursuivre notre petit bonhomme de chemin, et, parfois, ça nous encourage à recevoir la famille et les amis à la maison. C’est justement ce que nous venons de faire chez nous, sans doute comme quelques-uns de nos lecteurs qui ont, eux aussi, mis à profit un beau début d’automne pour y aller de quelques travaux dans la maison, le logement ou à l’extérieur.

Pas chaque année

Mais, c’est certain qu’on ne fait pas ce genre de travaux tous les ans, ni même trop souvent. Ça implique des coûts (plus ou moins grands, selon nos choix), du temps, de l’effort physique, le désagrément de vivre quelque temps dans ses valises ou en camping, et l’annulation temporaire de certaines activités plus intéressantes et agréables parce qu’il faut donner un coup de main ou attendre qu’un entrepreneur passe sur les lieux pour accomplir sa partie du travail. Bref, on ne s’en sort pas sans y participer d’une manière ou d’une autre. Pourtant, au final, le résultat  (généralement, à tout le moins) nous ragaillardit et nous fait plaisir!

Ne rien faire, moins fatiguant!

Le grand ménage qui se fait en ce moment, parmi les élus de notre ville (certains d’entre eux ont abusé du système, comme cela nous a été démontré par les audiences de la Commission Charbonneau), c’est un peu la même chose. On aime bien mieux ne rien faire, c’est beaucoup moins fatigant! Si on veut procéder à ce genre de grand ménage, il faut s’informer, aller au fond des choses, poser des questions quand les candidats se présentent à notre porte, lire, participer aux assemblées publiques quand il y en a, et, surtout aller voter au jour « J ». Ça nous demande du temps, des efforts, de l’engagement, de la disponibilité, et, bien sûr, un peu de jugeote!

Concours de popularité?

Élire des conseillers, un maire d’arrondissement et un maire pour Montréal, ce n’est pas seulement un concours de popularité! Confieriez-vous les travaux de rénovation de votre cuisine à un entrepreneur seulement parce qu’il est fort en gueule,  qu’il « n’est pas laid »,  qu’il a plus de clients que ses concurrents dans le quartier, ou encore parce qu’il vous promet la lune? Allons donc, vous savez bien que non!

Logiquement, vous confieriez vos travaux à un entrepreneur dont on vous a recommandé les services, ou parce que vous avez pu voir d’autres travaux qu’il a réalisés dans un autre lieu, et qui vous ont plu. Autrement dit, vous vous renseigneriez d’abord, puis, sur la base de soumissions sérieuses qu’il vous remettrait, vous feriez un choix éclairé. Vous avez ainsi plus de chances de choisir le bon entrepreneur, ce qui vous permettra d’obtenir de bons résultats. Vous devrez dépenser beaucoup d’argent; mieux vaut être certain avant de passer à l’action.

On ne rit pas!

Ce devrait être la même chose pour les candidats que l’on choisira à l’occasion des élections. C’est une affaire sérieuse, qu’il s’agisse des élections municipales, provinciales ou fédérales. À Montréal, notamment, les taxes sont très élevées. Il faut travailler fort pour en payer l’ardoise chaque année. Alors, ne pas vérifier qui sont vos candidats et candidates, laisser aller les choses (comme on a pu le faire au cours des dernières années), c’est comme jeter votre argent par les fenêtres. Ce n’est pas votre habitude, n’est-ce pas?

Raison de plus pour vous prononcer le dimanche 3 novembre. Vérifiez vos « soumissions » et renseignez-vous sur les « travaux » qu’ont déjà faits vos candidats… Puis, confiez-leur votre « cuisine » et vos deniers. En espérant que les banquets ne seront pas seulement pour elles et eux au cours des quatre prochaines années…

Christiane Dupont

Rédactrice en chef

P.S. : Si vous avez besoin de raisons pour voter le 3 novembre prochain, lisez ce texte de libre opinion dans le journal Le Devoir, du 26 septembre dernier:
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À l’école du leadership   (août 2013)


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Dessin : Sylvie Baillargeon

La rentrée est déjà commencée au collégial… Bientôt, universitaires et écoliers seront de retour en classe. Quant aux travailleurs, pour certains, les vacances sont déjà loin. Les écoles formeront-elles de nouveaux leaders cette année, ces chefs dont notre société a  tant besoin?


Quand Baden-Powell met sur pied la première troupe scoute, en 1907, en Angleterre, il n’y a pas de médias en ligne ni de Skype pour propager la nouvelle! Plutôt que de vouloir jeter de la poudre aux yeux, c’est à l’école de la débrouillardise et de la camaraderie qu’une vingtaine de jeunes de milieux différents sont invités par le fondateur à un premier camp sur l’île de Brownsea.

Depuis ce temps, des centaines de milliers de jeunes garçons et filles issus de toutes les couches de la société ont fait l’expérience du mouvement scout à travers le monde. Aujourd’hui, le mouvement scout compte plus de 38 millions de membres, répartis dans 217 pays.

Et que fait-on chez les scouts? On apprend à vivre en groupe : solidarité, entraide et respect sont des valeurs importantes au sein du mouvement. Le but ultime du scoutisme est d’aider chaque jeune à former son caractère et construire sa personnalité sous divers aspects pour devenir un jour un citoyen actif au sein de sa société.

Pourtant, au fil des ans, particulièrement à l’heure où la technologie et les gadgets font miroiter des loisirs plus sophistiqués aux jeunes, le scoutisme a connu des hauts et des bas.

Comme les activités de la rentrée scolaire et de la rentrée scoute vont reprendre sous peu; il est intéressant de se rappeler que rien ne peut remplacer la vie de groupe telle qu’elle se vit chez les scouts, gars et filles : en réunion et en camp; les amitiés qui y naissent; les jeunes qui « quittent leurs parents »; les adolescents qui ont l’occasion, chez les scouts « d’être » et non de « paraître ».

Alors que de nos jours, on cherche de véritables chefs — qui se révèlent rares — au sein de notre société, le mouvement scout contribue encore à former des jeunes débrouillards, qui mettent de l’avant l’intérêt de la collectivité, plutôt que le leur. Dans le journal Le Devoir du 24 janvier dernier, Camille Genest, chef scout de la troupe Saint-Louis, de Québec, tenait ces propos :

« Comment le scoutisme forme-t-il des chefs? Par sa méthode pédagogique centrée sur le service. Le leadership s’y exerce au service des autres, pour le bien de la collectivité. Ce qui est recherché par l’engagement (la promesse scoute), la vie en équipe (le système des patrouilles), l’organisation des camps, des aventures et des projets, c’est de faire découvrir aux jeunes le service du bien commun. (…) Le rêve du scoutisme est de construire une société meilleure (…) Le moyen choisi pour y parvenir consiste à renforcer chez ses membres la capacité et le goût de servir, et à créer de cette façon un effet d’entraînement convaincant et durable. Or, le leadership véritable pour l’essentiel est fondamentalement collectif. Il se définit par le service. Le chef authentique est un serviteur de l’intérêt général. »

On ne saurait mieux dire. Qui peut se vanter, dans notre société, d’être un ou une de ces chefs authentiques au service de l’intérêt général, et non de son propre intérêt? À l’heure où nous, Montréalais, serons bientôt appelés à élire nos leaders sur la scène municipale, posons-nous la question : « Sommes-nous convaincus qu’ils seront au service de l’intérêt général? »

Christiane Dupont

Rédactrice en chef
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Manque d’éthique     (juin 2013)


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Dessin : Sylvie Baillargeon

Éthique: science de la morale; art de diriger la conduite. (Le Nouveau Petit Robert)

  

Quand nous avons créé ce journal, l’éditeur, Philippe Rachiele (qui se trouve aussi à être mon mari), et moi, nous avons clairement délimité nos territoires et nos tâches, comme cela est supposé être dans n’importe quel média qui poursuit la mission d’informer ses lecteurs, auditeurs et téléspectateurs.

Lui, c’est le gestionnaire et le comptable. C’est aussi le photographe du journaldesvoisins.com. Moi, je suis journaliste de métier, passionnée de politique et de médias.

Chacun nos platebandes

Nos territoires se répartissent donc comme suit : comme rédactrice en chef, je choisis principalement les sujets d’articles, que ce soit sur le Web ou dans le journal papier.

Comme éditeur et gestionnaire, il a, lui, droit de regard sur le contenu final. Il est responsable de la publicité. Je ne marche pas dans ses platebandes et lui, dans les miennes.

Pour être encore plus certains de ne pas naviguer en eaux troubles, nous avons décidé de partager cette aventure avec vous tous et toutes, et avons fait en sorte que journaldesvoisins.com devienne communautaire.  Depuis le 22 mars dernier, c’est un conseil d’administration qui préside aux destinées de ce média communautaire, un OBNL, et lui donne ses grandes orientations.*

Demande concrète

Nous savons que les individus et les entrepreneurs veulent généralement ce qu’il y a de mieux pour les leurs, et leur entreprise. Voilà qui est humain. Ce qui l’est moins, c’est de ne pas se soucier des moyens pour y parvenir.

Il y quelques mois, l’éditeur et moi-même avons été surpris de recevoir la demande d’une entreprise qui souhaitait vivement que l’on parle d’elle et suggérait  que l’on publie une entrevue que nous ferions avec son personnel. Le sujet n’était même pas à l’ordre du jour! En échange, l’entreprise se proposait d’acheter, éventuellement, un espace publicitaire, les deux opérations semblant intimement liées dans l’idée de notre interlocuteur…

Près de chez vous…

Il est arrivé à quelques reprises qu’on nous ait fait des demandes semblables au cours d’une conversation anodine. Mais c’est toujours surprenant à entendre! Bien que nous ne soyons ni naïfs ni candides, nous considérons qu’il s’agit là d’un manque d’éthique. Toutefois, si nous abordions la question avec notre interlocuteur, il serait probablement le premier surpris que nous ayons interprété sa demande ainsi.

Par ailleurs, sachez que, de façon générale, l’aventure du journaldesvoisins.com se poursuit sans heurt, en autant que nous soyons prêts à y consacrer beaucoup d’heures de travail! Sachez que, pour l’instant, nous ne pouvons en vivre… Toutefois, nous sommes remboursés au centuple quand nous recevons vos courriels et vos coups de téléphone nous transmettant l’intérêt grandissant que vous portez au contenu. Ravis sommes-nous également quand vous nous faites part du plaisir que vous avez à nous lire, autant aux deux mois, dans le numéro papier, que dans nos Actualités du vendredi, sur Internet.

En passant, le 8 juin, nous célébrons le premier    anniversaire de  journaldesvoisins.com. Nous désirons vous remercier, chers lecteurs et lectrices, de nous faire confiance et de nous lire, sur papier ET sur Internet.  Nous remercions également nos annonceurs qui nous permettent de publier ces pages. Merci mille fois à nos collaborateurs bénévoles, dont les membres de notre équipe de rédaction, notre jeune conseil d’administration, les nombreux informateurs de notre réseau de contacts,  notre équipe de distribution —dont les scouts de Saint-André. Merci également au directeur général de l’AMECQ, Yvan-Noé Girouard, pour ses précieux conseils, et à tous les membre de notre famille (incluant notre réseau colombien!) sans qui ce projet aurait difficilement été réalisable. Comme vous le constatez, ce journal est vraiment communautaire!

Bon été et soyez prudents!

Christiane Dupont

Rédactrice en chef

*En sont membres: Andrée Viens, présidente; Pierre Foisy, vice-président; Pascal Lapointe, administrateur; Douglas Long, administrateur; Me Hugo Hamelin, administrateur; Philippe Rachiele, trésorier; et moi-même, secrétaire.
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Bénénévolix au pays d’Ahuntsicus (mars 2013)

Pas facile, l’engagement!

Comme le soldat romain des aventures bien connues d’Astérix le Gaulois, « engagez-vous, et rengagez-vous! », mais surtout ne vous désengagez pas! Le bénévolat vit des moments difficiles —si cela a jamais été facile— ici à Ahuntsic Ouest, comme ailleurs. C’est que les bénévoles manquent à l’appel, un peu partout.

Récemment, une personne du quartier mettait sur pied un comité de bénévoles pour un événement. Elle a donc sollicité l’aide des gens, par écrit, mais à sa grande déception, a reçu peu de réponses. Pourquoi?

Cibler ses bénévoles

Interrogée au sujet du bénévolat, Céline Carrière, résidante d’Ahuntsic Ouest, et bénévole depuis nombre d’années à la Paroisse Saint-André-Apôtre (elle aide notamment les familles immigrantes à s’installer dans le quartier), déclare : « Je ne sais pas s’il est plus difficile de trouver des bénévoles aujourd’hui…Ça n’a jamais été facile! Ce que je constate, ajoute-t-elle, c’est qu’en faisant des demandes générales, on n’a pas beaucoup de résultats. Il faut faire des approches individuelles. »

Un autre résidant, qui préfère garder l’anonymat, très actif comme bénévole dans le quartier depuis 21 ans, fait le même constat que Mme Carrière : « Ce qui marche, c’est de contacter quelqu’un personnellement. Si on fait un appel à tous, ça ne marche pas », conclut-il.

Mouvance du bénévolat

Le bénévolat est vécu différemment au Québec que dans les autres provinces canadiennes, où le nombre de bénévoles serait plus important. Des différences culturelles, et, en ce qui nous concerne, un rapport moins grand avec la communauté et l’église (les anglophones sont beaucoup plus proches de leur communauté, notamment), peuvent expliquer cette particularité.

Une étude réalisée par le Réseau de l’action bénévole du Québec, en 2010, Bénévolats nouveaux, approches nouvelles, nous apprenait que 37 % des Québécois âgés de 15 ans et plus font du bénévolat au sein d’organismes.  

Si l’on tient compte du bénévolat informel, le taux de Québécois qui consacrent du temps à autrui grimpe à 79 %.

Toutefois, la notion même de bénévolat serait changeante depuis quelques années. Il faut aussi noter un essoufflement des groupes qui s’y adonnent.

Avant 24 ans et après 70 ans

Selon la Fédération des centres d’action bénévole,   56 % des bénévoles québécois ont moins de 44 ans. On compte aussi, chez les moins de 44 ans, de nombreux parents qui participent aux activités de leurs enfants.

Chez les 15 à 24 ans, c’est un jeune sur deux qui fait du bénévolat, mais dans des projets ponctuels. Les 50 ans et plus comptent pour 31 % des bénévoles.  La tranche d’âge qui donne le moins de son temps est celle des personnes ayant entre 60 et 70 ans. Par contre, cette situation se renverse une fois le cap des 70 ans passé.

Yolande Marceau, de l’UFA, abonde dans le même sens.«  « Il y a une désaffection chez les bénévoles âgés de 50 à 65 ans, dit-elle.  Beaucoup de personnes de ce groupe d’âge préfèrent s’adonner à des activités personnelles. ». Par ailleurs,  Mme Marceau précise que, de façon générale, il est plus facile de trouver des gens pour des projets ponctuels.

Selon le Conseil des aînés du Québec, il semble que c’est la réticence à s’engager toute une année qui démotive le plus les personnes âgées de 55 ans ou plus à se consacrer davantage au bénévolat. Les problèmes de santé et le manque de temps constituent également des démotivations notables chez les bénévoles de ce groupe d’âge. 

« Prendre en charge de grands projets et assumer des responsabilités, c’est plus difficile, souligne également Céline Carrière, à cause de la disponibilité des gens. Les personnes qui travaillent cinq jours par semaine peuvent donner du temps de façon ponctuelle, mais c’est plus difficile de s’investir dans un projet à long terme. »

TLM !

On constate donc la désertion des bénévoles, l’essoufflement de ceux et celles qui restent, et le phénomène « TLM » (toujours les mêmes!). Vous avez déjà sûrement entendu dire : « Si vous voulez que quelque chose soit fait, demandez à une personne qui est déjà très occupée! ». Cette phrase s’avère aussi dans le quartier…

Ainsi, dans Ahuntsic Ouest, le responsable de la Société Saint-Vincent-de-Paul, à Saint-André-Apôtre, Carl Hamelin, est resté  31 ans au sein de l’organisme, dont 25 ans à titre de président. Quand il a annoncé qu’il laissait son poste, l’automne dernier, personne ne s’est bousculé au portillon. Yolande Marceau, qui avait déjà été présidente de la Saint-Vincent-de-Paul, à Saint-Benoît, a accepté l’intérim en attendant que quelqu’un veuille bien s’y mettre. Carl l’a assurée de son aide, du moins pour la première année. Mais par la suite, qui s’en chargera?

Bénévoles, drôles d’oiseaux?!

Au Club d’ornithologie d’Ahuntsic, présentement, cinq administrateurs —sur une possibilité de 10—  gardent le fort, et aucun d’entre eux n’a voulu assumer la présidence, ni la responsabilité du journal du Club laissée vacante depuis le départ du dernier rédacteur en chef. Pourtant, le club a déjà été florissant. D’ailleurs, il compte toujours plus d’une centaine de membres. Où étaient-ils tous à la dernière assemblée générale? Onze personnes étaient présentes, dont quatre administrateurs…

On pourrait continuer longtemps… Ce désengagement est-il temporaire? Les gens du quartier feront-ils mentir le soldat romain des aventures d’Astérix : se rengageront-ils?

Vous connaissez le chanteur Leonard  Cohen? Il a déjà dit  (et j’ai traduit ) :   « Quand vous arrêtez de toujours penser à vous-même, un certain sentiment de paix vous envahit… »

Le bénévolat invite précisément à penser aux autres, plutôt qu’à nous-mêmes et à nos petits « bobos ». Et ça fait du bien!

Parole de Bénévolix…

Christiane Dupont

Rédactrice en chef
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J’aime vieillir à Ahuntsic Ouest, et vous? (février 2013)

Février étant ce qu’il est, c’est le mois des grands froids…et de l’Amour avec un grand « A », fête commerciale s’il en est. Il n’en reste pas moins que plusieurs Valentins et Valentines se donneront des chocolats, des fleurs, des bisous et des cartes de souhaits le jour de la Saint-Valentin.  D’autres amèneront leur douce moitié (ou celle en voie de le devenir) au resto, le 15 février.

Pour ma part,  bien que j’aime souligner cette journée, je trouve important que Cupidon soit présent tout au long de l’année! Le 15 février 2013, pour différentes raisons, je ne penserai pas seulement aux personnes que j’aime, et à l’être aimé, mais aussi à la personne que je suis en train de devenir, en vieillissant, parce que j’aime bien ce que je vois.

Actifs

Ici, dans le quartier, nous avons la chance de côtoyer plusieurs personnes âgées autonomes. Elles sont parfois célibataires. D’autres sont en couples. Certains sont veufs ou veuves. Plusieurs d’entre elles sont encore très actives; d’autres le sont moins, par choix ou à cause de la maladie. Si certains d’entre eux occupent un emploi à temps partiel, d’autres sont consultants. Quelques-uns prennent du bon temps, d’autres un peu moins. Certains comptent leurs sous alors que d’autres les dépensent sans compter.

Il y a, parmi eux, beaucoup de lève-tôt, alors que d’autres font la grasse matinée. Certains sont parfois un brin courbaturés; d’autres sont au mieux de leur forme. Plusieurs gardent leurs petits-enfants ou sont leurs confidents, tandis que d’autres vont aider leurs grands enfants à tenir maison. Finalement, alors que plusieurs n’ont jamais été aussi occupés que depuis leur retraite, d’autres se reposent parce qu’ils ont travaillé toute leur vie : bref, ils sont tout ce qu’il y a de plus vivants, même si parfois ils sont un peu moins en forme qu’à 20 ans.

Demain Montréal

En décembre dernier, j’ai participé à une rencontre organisée par l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville, « Demain Montréal ». Plusieurs résidants, soit à titre individuel, soit comme représentant d’un organisme du quartier, sont venus apporter leur contribution. Ces travaux  ont eu cours dans 17 des 19  arrondissements de Montréal, d’octobre à décembre,  pour que notre ville devienne, dans les années à venir, ce que ses résidants veulent vraiment qu’elle soit.

Un oubli ?

Plusieurs interventions étaient intéressantes. L’une d’entre elles m’a plu particulièrement. Une participante s’est levée pour faire valoir le fait que les organisateurs avaient oublié les personnes âgées dans la planification des thématiques de cette rencontre.

La discussion était lancée sous les thèmes : vivre et grandir, travailler et étudier,  et agir sur la ville. La dame en question a fait remarquer que le premier thème aurait dû s’intituler « vivre, grandir et vieillir », puisque la participation des personnes âgées du secteur est encore très active dans l’arrondissement. 

L’âgisme

Et elle avait raison. Les personnes âgées (et même les plus jeunes, une fois passé le cap de la cinquantaine) sont parfois victimes d’âgisme. Comme tous et toutes nous  ferons un jour ce passage obligé, il faudrait y penser à deux fois avant de faire de la discrimination ou de jouer d’indifférence à l’endroit des aînés, bien que je ne mette pas en doute la bonne foi des organisateurs de l’événement « Demain Montréal ». Un oubli, ça arrive.

La peur de vieillir

Il est vrai que nombreux sont ceux et celles qui ont peur de vieillir, de perdre leurs capacités, de perdre leur pouvoir d’attraction ou de séduction, de perdre leur charme. Mais la vieillesse a aussi ses  grâces, ses joies, ses attraits. Pour ma part, j’aime bien vieillir, sans aller au-devant des coups, évidemment! Car, le fait de vieillir signifie que l’on est…toujours vivant! Comme l’a chanté Gerry Boulet : « Toujours vivant, je suis celui qui r’garde en avant… (…) Je suis celui qui frappe dedans la vie à  grands coups d’amour…. »

Christiane Dupont,

Rédactrice en chef

Lien utile: (Table de concertation des Aînés de l’île de Montréal)
http://tcaim.org/demain-montreal-des-echanges-animes-sur-le-devenir-de-la-metropole/

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“Bonjour… et merci !(décembre 2012)

Connaître l’autre améliore-t-il notre comportement?

Une lettre écrite récemment par une jeune femme travaillant dans le secteur de la restauration et publiée dans le journal La Presse m’a fait tiquer. « Les gens n’ont aucun respect, écrivait-elle. Ils sont impolis, mal élevés, ont de mauvaises manières. Ils ne disent pas “bonjour”. Ils ne disent pas “merci”. (,,,) Que ce soit la caissière à l’épicerie, le chauffeur d’autobus, la vendeuse d’une boutique, la serveuse au restaurant, ils méritent tous respect et politesse lorsqu’on s’adresse à eux. » Elle ajoutait : « Ces gens qui travaillent pour le public doivent rester polis parce que leur travail les y oblige. En retour, les gens qui s’adressent à eux devraient l’être aussi. »

Montréal, bien bas

La jeune femme qui écrit n’est pas de Montréal, mais de Sherbrooke. Toutefois, sa lettre fait écho à une chronique que j’avais précieusement gardée à l’époque où elle a été publiée qui faisait état d’une enquête menée par le Reader’s Digest. Selon le magazine, Montréal était l’une des villes où l’on était le moins courtois. Notre rendement : sur 36 villes, Montréal arrivait au  31e rang. Rien de quoi pavoiser, pour nous Montréalais!

« Montez dans un taxi, dites bonjour au chauffeur. Trois fois sur quatre, il ne répondra rien, écrit l’auteure. Suivez quelqu’un dans l’entrée d’un immeuble. Quatre fois sur cinq, il vous fermera la porte au nez. Culbutez sur un trottoir glacé et il n’y a pas un passant sur dix qui s’arrêtera pour vous aider. (…) Les commerçants sont beaucoup plus gentils, poursuivait-elle. (…) C’est d’ailleurs ce point-là qui sauve l’honneur de Montréal et qui l’a empêchée de tomber encore plus bas dans le palmarès du Reader’s Digest.»  
  

Commerçants et résidants

Lire tout ça m’a rendue morose… Même si j’avais déjà fait mes propres constats, et pas toujours heureux !  Selon ma propre expérience, les commerçants du quartier Ahuntsic Ouest et leur personnel sont, de façon générale, polis et courtois. Vous me direz que de leur attitude dépend le résultat de leurs tiroirs caisse…et vous n’aurez pas tort. Toutefois, dans plusieurs magasins de grande surface, que ce soit ici ou ailleurs, le savoir-vivre n’est pas toujours au rendez-vous.

Par ailleurs, d’aucuns penseront que la politesse et la courtoisie sont le fait des gens bien nantis et instruits et qu’à ce titre, notre quartier s’en tire mieux que la moyenne des quartiers montréalais, autant par la qualité de ses résidants que de ses commerçants. Mais, à mon avis, la réalité est toute autre.

Certes, les gens du quartier sont, en général, pourvus de bonnes manières. Mais les bonnes manières, la politesse et la courtoisie ne sont pas l’apanage des gens instruits ou bien nantis. 

Individualisme

L’individualisme dû à l’anonymat des grandes villes et la vie trop rapide seraient-ils la cause de notre manque de savoir-vivre et de courtoisie les uns envers les autres? Paul Clarke, un résidant de Pointe-Claire, écrivait récemment à The Gazette qu’il croyait fermement que si nous connaissions mieux les gens de notre entourage (quartier, travail, loisirs), notre comportement ne s’en porterait que mieux. J’ose croire que ce n’est pas seulement dans les situations où nous connaissons les gens que nous pouvons être polis et courtois! L’individualisme  peut être notre plus grand ennemi.

Noël approche. Recevoir savoir-vivre, courtoisie et, gentillesse, quels présents ! À défaut, quelques ouvrages (voir plus bas) pourront y contribuer!

Joyeux Noël et joyeuses fêtes !

Christiane Dupont
Rédactrice en chef

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Un quartier à surveiller (octobre 2012)

J’aime Ahuntsic Ouest. J’y suis arrivée avec ma famille il y a 25 ans cette année. Je connaissais déjà le secteur, comme le savent ceux et celles qui nous ont lus, sur Internet. Quand j’étais jeune, je venais souvent y voir ma grand-mère, rue de l’Esplanade.

Dans mon imagination de petite fille de 11 ans, Ahuntsic Ouest n’était pas loin du paradis sur terre… Les commerçants étaient gentils, les maisons jolies, les arbres feuillus et les fleurs abondantes, tandis que les gens étaient sympathiques.

Aujourd’hui, en 2012, je connais évidemment encore mieux le quartier et je l’aime toujours! Je trouve dommage cependant qu’ici comme ailleurs à Montréal, il y ait maintenant un peu de violence, un peu de sollicitation – voire du harcèlement –, un peu de prostitution, et du cambriolage de maisons.

Vous me direz que ce n’est pas le propre du quartier, et vous aurez raison. Pourtant, les gens qui habitent dans le secteur depuis longtemps savent qu’avant, c’était plus tranquille ici. Il ne faut pas devenir alarmiste, c’est certain ! D’ailleurs, Ahuntsic Ouest a encore beaucoup d’attraits pour retenir ses résidants. Qu’on songe seulement à l’incroyable dynamisme d’organismes comme l’Union des familles d’Ahuntsic, la nouvelle vitalité de la rue Fleury Ouest, ou encore nos trois écoles primaires où abondent les cris de joie des jeunes enfants durant les récréations!

Mais je persiste et signe. Plusieurs cambriolages ont eu lieu dernièrement, dont un à côté de chez moi. Je sais ce que c’est et comment on se sent après un tel événement; cela m’est arrivé il y a 25 ans, en banlieue… Ça peut donc se produire partout, c’est vrai.

Dans les environs, au cours des derniers mois, des gens que je connais et d’autres que je ne connais pas (mais dont on m’a rapporté les mésaventures) ont été sommés par des voyous de leur remettre leur argent, leur cellulaire, leur sac à main ou leur ordinateur portable.

Pas en plein jour, mais le soir 

Certains ont été violentés. Par ailleurs, quelques personnes nous sollicitent pour avoir de l’argent quand on se promène dans les rues, et parfois, nous invectivent si on n’obtempère pas. C’est arrivé à mon mari et à l’une de mes filles.

D’accord, le tissu social a un peu changé, mais c’est inévitable. Ce qui est évitable, ce sont les méfaits commis. Comme le suggérait un de mes voisins au lendemain de l’un de ces cambriolages, il faut se concerter justement, entre voisins. Connaître un peu les allées et venues des uns et des autres, pour prévenir. Les voleurs, eux, le font!

Il est important de faire mentir le préjugé qui dit que les gens vivant en ville sont plus individualistes et se préoccupent moins de leurs voisins. Si vous vous souciez de vos voisins, ils se préoccuperont de vous, et vice-versa. Quoi de mieux que cette surveillance discrète pour repérer les situations anormales et décourager les intrus?

Un exemple : si vous faites faire des travaux en votre absence, ou qu’un ami a la permission de garer sa voiture dans votre entrée de garage, ce peut être une bonne idée d’en avertir vos voisins. Et si des individus ont l’air de traîner près de chez vous, sans raison, vos voisins pourront mettre le nez dehors pour leur montrer que les résidants surveillent les environs, ou encore ils pourront appeler la police en renfort.

Par ailleurs, tout le monde ne part pas travailler le matin à 7 ou 8 heures pour ne revenir qu’en soirée. Certains sont malades, d’autres profitent d’un congé bien mérité, quelques autres restent à la maison pour de multiples raisons.  Des parents s’occupent de leurs jeunes enfants; certains aînés sont retraités. Plusieurs citoyens font du télétravail ou sont travailleurs autonomes. Autant de personnes qui peuvent être les yeux et les oreilles des résidants.

Tous, à nos heures, nous pouvons contribuer à faire en sorte qu’Ahuntsic Ouest demeure un quartier sécuritaire et que l’on apprécie. Ensemble, nous pouvons pousser à la roue, participer à renforcer le sentiment de sécurité des résidants et protéger nos biens et nos habitations, sans se substituer aux forces de l’ordre. Il suffit de garder les yeux et les oreilles ouverts!

Christiane Dupont

Rédactrice en chef