Photo

Quand mon conjoint et moi avons décidé de vivre en tenant compte de l’impact de nos choix sur l’environnement et sur notre portemonnaie, nous étions jeunes, pleins d’idées, d’énergie et de motivation et prêts à y mettre l’effort nécessaire! L’arrivée des enfants a renforcé ce désir, mais nous avons alors réalisé que nous allions manquer d’une ressource essentielle: le temps!
 
Le temps nous manquait pour poser tous les gestes que nous jugions importants et nécessaires pour minimiser notre impact sur l’environnement… Alors il a fallu faire des choix, trouver de nouvelles façons de faire, en tenant compte des gestes qui avaient le plus d’impact, autant sur l’environnement que sur notre budget. J’ai repensé à cette période en lisant récemment sur les réseaux sociaux les commentaires des résidants du district Ahuntsic (dont nous sommes) et en échangeant avec quelques voisins alors que commençait récemment la collecte des résidus alimentaires. Pour certains, cela semble être toute une corvée. Je comprends qu’il était plus simple de gérer nos déchets lorsqu’on n’avait qu’à tout mettre à la poubelle sans aucun tri. Maintenant que la société a réalisé que gérer les déchets de cette manière n’est plus acceptable à cause de l’impact majeur de cette pratique sur l’environnement, il faut trouver une façon simple d’intégrer ce tri additionnel à notre vie quotidienne. Après l’arrivée de nos enfants, mon conjoint et moi avions moins de temps… pour bien des choses… comme faire nos propres produits écologiques de nettoyage par exemple! Nous avons donc priorisé les activités qui avaient le plus d’impact en cherchant une manière de les intégrer le plus simplement possible à notre vie. En voici quelques exemples.
 
Cuisine maison : cuisiner le plus possible les repas de la famille, à partir d’ingrédients frais au lieu d’acheter des repas préparés, génère habituellement moins d’emballages et de déchets. Quand le temps manquait beaucoup, nous nous limitions à des plats simples, nos préférés, même si cela était répétitif.
 
Compost domestique : cuisiner régulièrement génère des matériaux pour faire du compost. Notre compost de paresseux (de mars à novembre parce qu’ensuite le composteur était inaccessible) se faisait presque tout seul avec deux composteurs (sur deux ans).
 
Chaque jour nous ramassions les résidus alimentaires dans un plat en métal, sur le comptoir. Le soir, il était vidé dans le composteur puis recouvert d’une mince couche de feuilles (sacs de feuilles ‘subtilisés’ chez les voisins qui avaient le temps de les ramasser!). Le contenu du composteur brassé quelques (rares!) fois pendant l’été…
 
Jardin potager : un petit potager a toujours été important dans notre vie. Déguster de bonnes tomates tièdes tout juste cueillies, miam, quel délice! Les bonnes années, nous avions plusieurs variétés de tomates et de légumes. Les années occupées, nous limitions le nombre de variétés. L’année de l’arrivée des jumelles, qui suivaient de près en âge nos deux garçons, un 30 mai, le potager n’était toujours pas planté. Mon père est donc venu nous y planter quelques plants de tomates, de concombres et de courgettes pour le grand bonheur de nos garçons qui aimaient aider à l’arrosage…
 
Platebandes et boîtes à fleurs : j’ai toujours aimé mettre des fleurs, même sur le petit balcon de notre premier appart… Autour de la maison, pour minimiser l’entretien, je choisissais des vivaces (et du paillis). Les bonnes années, je mettais aussi des annuelles et je décorais
le balcon arrière de plusieurs boîtes à fleurs; les années occupées, une seule petite boîte à fleurs pour me gâter un peu quand même.
 
Couches lavables : oui, nous avons utilisé des couches jetables à différentes occasions quand il était impossible de faire autrement (les garderies ne permettent pas toutes d’utiliser des lavables) ou quand c’était plus pratique. Mais nous utilisions le plus possible des couches la- vables, avec des débarbouillettes humides, même lors de déplacements. Notre système était très simple : pas de trempage, au besoin, rincer dans la cuvette, laver chaque jour le contenu du sceau (parfois aux deux jours), sécher à l’air libre, puis quelques minutes dans la sécheuse pour les amollir. De toute façon avec les enfants, il fallait laver souvent en général…
 
Finalement, les enfants se sont révélés un atout dans nos activités écologiques et nous ont motivés à expérimenter de nouvelles choses.En général, il était simple et éducatif de les intégrer à nos activités. Avec eux, et pour eux, faire ce petit effort supplémentaire n’était pas si difficile. Pour en revenir à la collecte des résidus alimentaires dans Ahuntsic, un petit truc : le papier journal fait des miracles comme doublure de fond dans les petits bacs ou pour préparer des baluchons qui envelopperont certains aliments qui risquent de sentir fort (ex. : restes de viande). Et comme il est également possible d’utiliser des sacs compostables pour se faciliter la vie il me semble que ce petit effort supplémentaire n’est pas si terrible, non?
Bonne collecte!