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Enseignant en musique dans des écoles primaires et secondaires, Mathieu Tremblay, Ahuntsicois, croit que l’apprentis- sage de la musique est attribuable à parts égales au don inné ainsi qu’à l’effort conjugué à la passion d’apprendre. Portrait d’un prof passionné qui s’est mis à la guitare à l’âge de 17 ans.
 
Mathieu Tremblay est né dans la région de Charlevoix, à La Malbaie, plus pré- cisément. L’une des plus belles régions du Québec, vallonnée, tout en courbes et en couleurs, que l’on soit du fleuve ou du pays intérieur. Ce Charlevoisien a quitté sa région à l’âge de 17 ans pour Québec, afin d’étudier au cégep de Sainte-Foy, qui dispensait une formation musicale. C’est aussi à cet âge, presque adulte, qu’il a commencé l’apprentissage de la guitare. Par la suite, Mathieu a commencé à étudier pour l’obtention de son baccalauréat en musique à l’Université Laval, études qu’il a terminées à l’Université de Montréal
 
 
L’œuvre de Bach
Après ce baccalauréat, il a poursuivi des études de maîtrise en musique, toujours à l’UdeM, tout en occupant un poste de chargé de cours en « Introduction à l’analyse et à l’écriture musicale ». Tous ses cours et une bonne partie de sa recherche terminés, Mathieu devait mettre la dernière main à son mémoire de maîtrise qui s’intitulait Les constantes d’écriture dans les œuvres de Jean-Sébastien Bach.
 
La maîtrise n’a pas été achevée, mais presque. Et il en parle avec tellement de passion qu’il n’est pas dit qu’il n’y mettra pas le point final un jour. « Tous les musiciens de moins grande envergure ou qui étaient moins occupés écrivaient des “traités” d’écriture [musicale], expliquet-il. Mais Bach ne l’a jamais fait. Et quand on analysait la musique de Bach, on ne réussissait pas à comprendre comment il écrivait sa musique ». Lui-même a donc décidé de faire, en maîtrise, la synthèse de 200 œuvres de Bach pour y trouver les constantes d’écriture du grand compositeur et musicien. L’exercice lui a démontré hors de tout doute que l’œuvre entière était très diversifiée, sans règle d’écriture musicale préalablement établie.
 
Après ses études, M. Tremblay est devenu enseignant en milieu scolaire pour les jeunes, au sein d’une commission scolaire des environs, et professeur de guitare à son compte.
 
Importante valorisation
Le jeune prof a quelques élèves en pratique privée (il exerce sous le nom de Guitare Évasion), mais compte neuf groupes d’élèves à l’école où il enseigne. « J’enseigne à des jeunes des classes ordinaires, mais aussi à des enfants qui ont des difficultés de toutes sortes. Je constate que l’apprentissage de la musique les valorise énormément », explique-t-il. Cette année, il enseigne à des élèves du primaire. Quand il enseigne la musique, il se considère privilégié d’être payé pour parler de sa passion.
 
« La musique, expose-t-il, est l’activité la plus complète pour l’apprentissage humain parce que ça fait fonctionner toutes les zones du cerveau ». Quand on lui demande s’il faut avoir du talent pour apprendre la musique, il répond qu’avoir du talent, c’est l’art de persévé- rer combiné à l’amour de la musique. « Il faut apprendre avec humilité. Si tu veux t’améliorer, il faut accepter les critiques constructives, car il faut être ouvert pour apprendre la musique, poursuit Mathieu Tremblay. Il faut aussi que tu te sentes à l’aise avec ton prof. »
 
Réel talent Mathieu a eu deux élèves particuliè- rement doués à la guitare classique : un jeune maintenant âgé de 23 ans à qui il a enseigné durant ses études à l’Université Laval, et une jeune fille à qui il enseigne présentement. Dans le premier cas, le jeune homme a été admis au Conservatoire de musique de Qué- bec et termine ces jours-ci ses études de médecine. Dans le deuxième cas, il s’agit d’une jeune fille qui apprend avec Mathieu depuis seulement deux ans et qui est dotée d’un réel talent, notam- ment pour jouer Bach, comme son pro- fesseur. « Ma mère, qui est professeure de piano, m’a dit : “Ça arrive une fois dans une vie, un don pareil!” Dans mon cas, ça fait déjà deux fois! », lance-t-il avec humour. Et, compte tenu de son âge, la jeune trentaine, il n’est pas dit que cela n’arrivera pas une troisième fois en cours de carrière…
 
Chez lui, dans la bibliothèque du local qui lui sert à entreposer ses guitares et à enseigner la musique, on peut apercevoir un dictionnaire de la musique, évidemment, et des biographies de musiciens connus tels que Bach, notamment. Dans ses loisirs, Mathieu Tremblay aime pêcher avec son bateau à moteur (doré, brochet, esturgeon, carpe) et obser- ver les oiseaux, les oiseaux migrateurs, entre autres.
 
Un hybride
Dans le quartier Ahuntsic, où il réside, il se sent chez lui. « C’est un hybride entre la banlieue et la ville », confie-t-il. En arrivant à Montréal, il a habité un peu plus au sud, soit sur le Plateau et dans Villeray, mais depuis six ans, Ahuntsic est son quartier. « J’aime bien la nature qu’on y trouve », dit-il. Il habite mainte- nant face à un grand parc, un rappel de la nature qu’on retrouve dans la région de Charlevoix. C’est assurément, une raison supplémentaire, pour le professeur de musique, d’aimer son quartier.