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Certes le temps froid, sous les normales saisonnières, n’aide en rien les commerçants. Nous sommes davantage casaniers en ce début d’année, mais on appréciera le retour de l’hiver normal (le pire serait passé) et le retour du printemps dans trois semaines seulement. Nos marchands locaux aussi.

Outre ces températures anormalement froides, il y a eu aussi, ces dernières semaines, beaucoup de mouvement à l’international, et cela a un impact à l’échelle locale.

Le prix du pétrole a dégringolé, tout comme le dollar canadien. Et, pas loin de notre arrondissement, un mégacentre commercial, le 15-40, pourrait surgir dans le secteur de la Métropolitaine et Décarie. Dans notre secteur, une autre société de développement commercial pourrait naître, appelée aussi 15-40.

Impacts sur le plan local

Tous ces ingrédients ont un impact dans le voisinage immédiat. Le directeur de la Promenade Fleury, François Morin, reconnaît d’emblée le temps glacial n’aide pas. « Les gens demeurent souvent à la maison pour des raisons personnelles, il y a alors moins d’achalandage. On ne tient pas de statistiques à ce sujet, il n’y a rien de scientifique, mais c’est assez évident. Il en va de même lors d’un automne pluvieux », a-t-il signalé au journaldesvoisins.com.

Mais il faut dire que, de toute façon, la période qui suit les Fêtes est toujours difficile. Il faut payer les comptes et la vie continue. Et, dans le courant du mois de février, les proprios doivent acquitter le premier des deux lourds comptes de taxes municipales.

La baisse du coût de l’essence donne toutefois un coup de pouce au budget des ménages. En contrepartie, le huard bat de l’aile (avec la chute du prix des matières premières).

« Les consommateurs ont donc un peu plus d’argent dans leur poche. On retire un peu plus de bénéfices ici, ce qui signifie de l’argent supplémentaire pour se gâter, a indiqué M. Morin. Les commerçants devront cependant ajuster un peu les prix avec les produits importés qu’ils paieront toutefois plus cher », rappelle-t-il.

Taux d’inoccupation faible

Quoi qu’il en soit, alors qu’on voit beaucoup de reportages sur la fermeture de commerces de proximité (pensons aux locaux vides du boulevard Saint-Laurent ou, pas loin d’ici, à ceux de la Plaza Saint-Hubert) et de bannières connues comme les boutiques Jacob ou Parasuco, dans le secteur de la mode, l’immobilier commercial sur La Promenade se tire bien d’affaire. Le taux d’inoccupation des locaux commerciaux est jugé faible.

« Historiquement, nous avons un taux d’occupation de 98 % depuis cinq ans, ce qui est énorme, a signalé M. Morin. Présentement, le taux d’inoccupation affiche un maigre 5 %, dont la moitié de locaux libres dans le secteur des bureaux. En conséquence, il est difficile pour un entrepreneur de trouver un bon local au rez-de-chaussée », a-t-il analysé.

Boulangeries en compétition

Tout récemment, Mamie Clafoutis (boulangerie et pâtisserie traditionnelles) remplaçait l’épicerie bio qui occupait trois locaux en face de la CIBC (Fleury et Francis), qui a cessé ses opérations. L’épicerie avait délaissé un des trois locaux qu’elle occupait, mais la rentabilité n’était plus au rendez-vous. Idem pour la pâtisserie Gérard, entre Curotte et Francis, qui a quitté son local moderne, mais dans un demi-sous-sol, en décembre dernier. 

Le proprio du commerce pestait contre le coût du loyer (il nous a dit qu’il devait entre autres assumer dix mille dollars en taxes municipales) et les cotisations de toutes sortes. Il se déclare maintenant satisfait de son nouvel emplacement dans un immeuble de Saint-Laurent.

Chez Mamie, la nouvelle recrue de La Promenade (on en retrouve quatre autres dans des secteurs branchés de Montréal), occupe les trois locaux devenus vacants. Outre un volet assez vaste en pâtisserie et boulangerie, le lieu ludique a deux sections pour permettre de savourer les gâteries, l’une avec chaises et tables, et l’autre où l’on peut relaxer sur des fauteuils les yeux fixés sur l’ordi. Le salon de thé est fait de bois, de blanc et de tapisserie fleurie. On peut aussi s’installer au piano mécanique.

Mais la concurrence sera certes vive, car la Petite boulangerie, près de Christophe-Colomb, a une excellente réputation. Encore récemment, la station montréalaise de CTV estimait qu’elle offrait la meilleure baguette de pain en ville. « C’est de la libre concurrence. Nous, on a le mandat de servir nos membres de façon égale », a précisé M. Morin.

Projets futurs

La Promenade nous réserve toujours de belles surprises quand le printemps arrive. En attendant, les commerçants peaufinent leur stratégie en vue de l’arrivée de Pâques.

Le stationnement situé au coin de Fleury et Chambord, décontaminé, rouvrira finalement quelque part au printemps avec un nouvel espace paysager.

Certains peuvent s’interroger sur l’impact que pourrait avoir l’arrivée d’un mégacentre commercial à la croisée des autoroutes 15 et 40. Mais est-ce que ces promoteurs tiennent compte de l’impact sur les autres centres (déjà le commerce de détail est, dit-on, mal en point, surtout les grosses bannières qui sont déjà présentes ailleurs)? Ou des énormes problèmes de circulation automobile dans ce secteur?

Raisons de plus pour appuyer les commerces de proximité de notre arrondissement, la plupart indépendants, sur la longue rue Fleury, d’est en ouest, et ailleurs; Sauvé, Lajeunesse, Saint-Laurent, Salaberry, Chabanel, Henri-Bourassa, etc.

Et n’oublions pas que deux projets immobiliers majeurs (près de 3000 logis) sont prévus dans Ahuntsic dans les prochaines années, une source de revenus supplémentaire pour nos commerçants locaux. (Par Alain Martineau) (2015-02-27)