Parents-Secours dans Ahuntsic


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Ça existe toujours!

Par Elizabeth Bourget-Le François, décembre 2012

Dans une classe de deuxième année de l’école primaire Ahuntsic, vingt regards interrogatifs fixent l’affiche de Parents-Secours. Une jeune demoiselle hésitante lève la main. D’une voix timide, elle tente une réponse : « Ça, ça veut dire que quand tu ne tiens pas la main de maman, tu peux te perdre. » Seule une fillette au fond de la classe contredit sa camarade. Sur un ton professoral, elle explique que lorsque l’on « ne trouve plus nos parents, on cogne à la porte où il y a l’affiche pour que des gens nous gardent en attendant. »

Le scénario se répète dans les groupes de troisième et de quatrième année. Seule une poignée d’élèves connaît l’organisme Parents-Secours, implanté au Québec depuis les années 70 afin d’assurer la sécurité des enfants. Carolyne Larocque, responsable du comité dans Ahuntsic, ne s’en étonne pas : « Le comité est en mode survie dans le quartier. Nous sommes seulement cinq membres pour nous occuper des tâches administratives, du recrutement, des visites de renouvellement et des réunions. Nous avons peu de temps à accorder à la promotion. »

Menacé de disparition

Lorsque Mme Larocque s’est jointe à l’équipe, en 2009, le comité était déjà menacé de disparition. Les anciens membres voulaient quitter leurs fonctions et ils ont demandé de l’aide aux foyers-refuges du coin. « Cette année, dit Mme Larocque, nous sommes passés à travers la liste des membres et personne n’a répondu à l’appel pour aider à la gestion ».

La situation est similaire dans plusieurs comités au Québec. Emilie Bolduc, directrice des communications de Parents-Secours, en est consciente : « Nous jonglons avec ce problème. La participation aux comités nécessite du temps, alors c’est difficile pour les comités des quartiers ou des villages de trouver des recrues. Les gens ne désirent plus s’engager autant dans le bénévolat. » 

Organisme oublié?

L’entrée des femmes sur le marché du travail dans les années 80 et le manque de subventions a contribué à faire tomber l’organisme dans l’oubli. Toutefois, selon la responsable du comité dans Ahuntsic, les choses vont assez bien dans le quartier pour le nombre de foyers-refuges. Avec 115 affiches-fenêtre pour couvrir l’ensemble du territoire, Carolyne Larocque mise sur les récentes publicités radiophoniques et télévisuelles de Parents-Secours pour recruter de nouveaux bénévoles.

Depuis plus d’un an, Parents-Secours est en campagne de relance. L’organisme bénéficie même de l’appui de l’artiste et chanteuse Shirley Théroux. « C’est le temps de rappeler aux gens qu’on existe », s’enthousiasme Mme Bolduc.

Personnes âgées et petite enfance

Pour le comité d’Ahuntsic, la priorité est de recruter des membres afin d’accroître sa visibilité.

 

« Si on pouvait mobiliser des personnes âgées, dit Mme Larocque, ce serait l’idéal. Ils ont du temps à donner. » Parents-Secours Ahuntsic souhaite bénéficier de l’aide des résidants du troisième âge du quartier, autant pour qu’ils deviennent foyers-refuges que pour leur contribution à la gestion de l’organisme.

Mme Larocque signale, en outre, que Parents-Secours a étendu sa mission et ses services aux aînés, en 1992. Elle précise qu’il faudrait faire passer le message afin d’informer et de tranquilliser une population vieillissante comme celle d’Ahuntsic.

Besoin de bénévoles

En plus de vouloir interpeller les résidences pour personnes âgées, le comité souhaite s’affilier aux Centres de la petite enfance. Cette association emballe Mme Larocque : « Les CPE assureraient une bonne présence, dit-elle. Et si les enfants voient les affiches-fenêtre en bas âge, c’est du bonbon ! », ajoute la responsable de Parents-Secours dans Ahuntsic. « Ils vont être aptes à les reconnaître par la suite. »

Mme Larocque fait valoir qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une grande disponibilité pour s’engager au sein de l’organisme. Un bénévole peut se contenter d’offrir quelques heures par mois et alléger ainsi la tâche des membres du comité. Elle conclut en mentionnant que « participer permet aussi aux citoyens de briser l’isolement et de socialiser avec ses voisins ».

Vous voulez devenir bénévole pour donner un coup de main à la gestion, ou pour devenir foyer-refuge ? Communiquez avec Carolyne Larocque, à l’adresse courriel psaahuntsic@hotmail.com, ou par téléphone au       514 993-3229

 

Site de Parents-Secours (Québec) :

http://parentssecours.ca/