Grâce au soutien de l’arrondissement, le Club Hakudokan a trouvé un dojo à Cartieville. Photo : Benoît Dosseh / JDV

Les clubs d’arts martiaux qui occupaient le bâtiment situé au 10142, boulevard Saint-Laurent ont été priés de se trouver une nouvelle adresse, conséquence de la vente de l’immeuble dans la foulée du décès, en juillet 2025, de maître Raymond Damblant.

À compter du 1er janvier 2026, plus aucun kiai – cri poussé dans les arts martiaux qui accompagne ou précède l’exécution d’une technique – n’émanera du deuxième étage de ce bâtiment. Trois clubs y avaient pris leurs quartiers depuis des décennies : le Club Hakudokan (judo), premier occupant, Tai Sei Karaté et le Club Budo de Montréal, qui offre des cours d’aïkibudo et de kobudo.

La boutique Jukado, spécialisée en vente d’équipements martiaux et propriétaire de l’édifice depuis une quinzaine d’années, l’a vendu vers la fin du mois de septembre 2025. Les clubs avouent avoir été un peu pris de court par cette situation, même s’ils la pressentaient en raison d’un changement survenu dans le bail, devenu mensuel plutôt qu’annuel. En quête d’un nouveau point de chute, ils connaissent des fortunes diverses.

Hakudokan au YMCA

Hakudokan, fondé par Raymond Damblant – membre du Temple de la renommée du Panthéon des sports du Québec –, a trouvé un nouveau local, trois semaines après l’annonce de la vente. Ses judokas devront se rendre au YMCA Cartierville pour continuer la pratique de leur sport. Les cours commencent le 12 janvier 2026.

Cependant, ce changement d’adresse a un impact sur la clientèle du club. En effet, il va perdre environ 10 % de ses 130 élèves inscrits, nous a fait savoir Patrick Duquette, l’un des responsables.

L’un des derniers faits d’armes du club à cette adresse, qu’il occupait depuis 1991, est sa participation à l’Omnium international du Québec, organisé à Longueuil les 8 et 9 novembre 2025. Une compétition durant laquelle Mourad Amari et Nouh Korso ont glané respectivement une médaille d’or et une médaille de bronze.

Tai Sei Karaté et Budo dans l’incertitude

Note de fin également positive pour Tai Sei Karaté, qui a remporté 34 médailles, dont 18 d’or lors de la coupe Yukata Katsumata (compétition provinciale) à Repentigny le 9 novembre 2025. Le club partageait le dojo depuis plus de 20 ans.

Afin de ne pas perdre ses karatékas – au nombre de 60, dont 35 enfants –, il concentre sa recherche dans un rayon de 3 km maximum, et ce, en collaboration avec le Club Budo de Montréal. Ils se focalisent sur le boulevard Saint-Laurent, la rue Chabanel et la rue Sauvé, entre autres, mais se heurtent aux coûts de location élevés, indiquent les responsables.

Tout comme Hakudokan, Budo a été fondé par maître Damblant. Il occupait ce local depuis plus de 30 ans, et compte une trentaine de membres réguliers. Le club envisage d’offrir des cours aux enfants de 10 ans et plus lorsqu’il trouvera un nouveau dojo. Cela faisait partie des derniers projets du fondateur avant son décès.

La cohabitation entre ces clubs qui faisait du lieu un temple des arts martiaux dans le district d’Ahuntsic prend ainsi fin.

Raymond Damblant, premier président de Judo Québec, laisse derrière lui un héritage inestimable. Photo : Courtoisie Hakudokan

Raymond Damblant, l’architecte, s’en est allé

Il a rendu l’âme dans sa 94e année, le 19 juillet 2025. Né en France le 10 janvier 1931, il immigre au Québec en 1959 et fonde la même année le club de judo Hakudokan. En 1991, il achète le bâtiment situé au 10142, boulevard Saint-Laurent.

Considéré comme le bâtisseur de Judo Québec, il a formé plus de 300 ceintures noires. Intronisé aux temples de la renommée de Judo Québec et de Judo Canada, maître Damblant a été le premier Canadien à arbitrer un tournoi des Jeux olympiques (Munich 72), et il a assuré la direction de la discipline lors des Jeux de Montréal en 1976. La même année, il a instauré le championnat féminin canadien de judo.

Il fait partie des cinq Canadiens à avoir atteint la ceinture rouge 9e dan au judo. La Ville de Montréal l’élève au rang de chevalier en 2025. Il a été l’un des principaux artisans de la création de l’Association d’aïkibudo et de kobudo du Québec (AAKQ), des disciplines dans lesquelles il est également hautement gradé.

« Il était l’homme des arts martiaux par excellence au Québec », confie maître Gil Trigo, qui l’a côtoyé pendant plusieurs années.

Cet article a été publié dans la version papier du JDV de décembre 2025.



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