
Depuis le 9 janvier dernier, les rues d’Ahuntsic-Cartierville déjà tranquilles les soirs d’hiver le sont particulièrement au-delà de 20 h. Personne n’est autorisé à circuler à l’extérieur, sauf pour les travailleurs essentiels et les propriétaires de chien. C’est le résultat de l’imposition du couvre-feu par le gouvernement du Québec. Journaldesvoisins.com a sondé plusieurs résidants de l’arrondissement afin qu’ils partagent leurs impressions face à cette mesure inédite qu’est le couvre-feu.
Quotidien peu affecté
La majorité des personnes sondées par le jdv ont dit être en accord avec le couvre-feu puisque de toute façon, il ne changeait pas grand-chose dans leur vie actuelle.
« Ça ne change absolument rien dans notre quotidien. Je trouve que c’est toujours quand même assez tranquille dans les petites rues du quartier avec et sans couvre-feu », témoigne un résidant de l’arrondissement.
Plusieurs autres répondants ont offert des réponses similaires.
« Je me suis rapidement fait à l’idée », indique un autre.
« On s’organise pour faire les courses avant 19h30, ce n’est pas une contrainte excessive pour nous », de dire un autre.
Pour se sortir de la crise
Certains répondants ont manifesté leur accord envers cette mesure en disant espérer qu’elle aidera le Québec à se sortir de la crise.
« Il faut se sortir de cette pandémie! »
« Si ça peut faire baisser le nombre de cas et nous permettre de rouvrir les commerces et les salles à manger des restaurants, ça ne me dérangerait pas de continuer le couvre-feu un certain temps. »
Quartier plus tranquille
D’autres ont dit apprécier la tranquillité du quartier lors du couvre-feu.
« Le point positif : on ne se fait plus réveiller par des pétards/feux d’artifice durant la nuit! »
« De notre côté, on est plus relax quant au destin de notre catalyseur de voiture… ou les intrusions dans les cabanons. C’est beaucoup plus sécuritaire. De même que les forts en neige qui restent intacts. Bref, c’est tranquille. »
Diverses rues de l’arrondissement, normalement plus achalandées, sont maintenant plus calmes, ce qui fait le bonheur de ses résidants.
« Sur Louvain Est, c’est nettement plus calme. Ça fait du bien honnêtement. »
« Grosse différence sur Henri-Bourassa au niveau de la circulation. C’est beaucoup plus tranquille la nuit! »
« Je demeure sur la Promenade et je n’ai jamais aussi bien dormi que depuis deux semaines. Presque pas de voiture, pas de personne qui crie en s’amusant (saoul?) la nuit tombée. »
Une propriétaire de chien, qui sort habituellement vers 21h30, dit aimer le caractère paisible de la rue sans voitures, qu’elle trouve paisible. La fin de semaine, lorsqu’il n’y a pas de mouvement provenant des travailleurs, elle dit pouvoir entendre les branches casser dans les rues environnantes.

Par contre, elle dit aussi se sentir moins en sécurité lors de ces promenades nocturnes puisque si quelque chose lui arrivait, elle serait plus difficilement secourue (sauf par son chien, rigole-t-elle).
Selon un résidant, près du Marché Central, ce ne serait pas aussi tranquille. Il y remarque beaucoup de mouvements de piétons et de voitures.
Certaines réserves
Malgré l’accord général des résidants envers cette mesure, ce n’est pas tous les répondants qui voient le couvre-feu d’un bon œil.
Un répondant s’est plaint que cette mesure rendait encore plus difficile pour son fils de voir ses amis… ce qui est précisément l’effet recherché.
Une mère de famille déplore le couvre-feu puisque sa marche de fin de soirée, une fois les enfants couchés, était pour elle un essentiel à son bien-être mental. Cette marche qui lui faisait un grand bien est maintenant devenue illégale.
Une autre, inquiète pour un ami vivant une rupture difficile, déplore que son mari doive maintenant dormir chez cet ami pour lui tenir compagnie à travers cette pénible épreuve.
Un autre, habitué à aller courir ou faire du ski de fond passé 20h puisque c’est impossible pour lui le jour avec le travail et la famille qui l’occupent, regrette de ne pouvoir plus pratiquer ces sports. Il affirme cependant que cet impact lui apparaît mineur, marginal.
« En contrepartie, avec les mesures sanitaires, je participe à un effort de conscience, de solidarité, de confiance collective, tous unis contre le coronavirus, et cela m’énergise, me motive, me rend très heureux », s’enthousiasme-t-il.
Inquiétant pour les sans-abris
Si une résidante dit que le couvre-feu n’affecte pas sa vie personnelle, elle s’inquiète toutefois pour les sans-abris.
« Quand on voit des événements aussi horribles que la mort de Raphaël André, dans des conditions sordides, ça me préoccupe énormément », s’inquiète une répondante.
Rappelons que Raphaël André, un sans-abri innu qui se cachait de la police durant le couvre-feu, a été retrouvé mort dans une toilette chimique où il s’était réfugié.
« Notre quartier est pas mal tranquille en général, mais il ne faudrait pas oublier les gens qui en arrachent le plus dans notre société. Il n’y a pas beaucoup d’itinérance visible dans le coin, mais je m’inquiète pour les gens qu’on ne voit justement pas », poursuit la même répondante.
La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a demandé à Québec, lors d’un point de presse le mardi 19 janvier, d’exempter les itinérants de l’application du couvre-feu en réaction à ce décès. La même journée, le premier ministre François Legault a refusé de leur accorder cette exemption.










