
Mercredi 1er avril, avant de se rendre à Québec, l’organisme RAP Jeunesse a investi le trottoir devant le métro Henri-Bourassa pour protester contre les mesures qui entravent le fonctionnement des organismes communautaires.
« La grève! La grève, pour qu’ils nous entendent ! La seule solution, c’est la manifestation ! Il faut que ça change ! »
À l’aide d’un tambour, de sifflets et bien évidemment de leur voix, les intervenants communautaires de Rap Jeunesse ont multiplié les slogans pendant deux heures, puis distribué des pamphlets. Une protestation saluée par les klaxons de la majorité des automobilistes.
Les revendications
S’ils ont décidé de battre le pavé, c’est parce qu’ils sont au bout du rouleau à devoir travailler dans la précarité. Les organismes communautaires réclament entre autres des conditions de travail décentes, un financement suffisant à leur mission, la protection de leur autonomie.
« On dit souvent que le communautaire, c’est un peu comme la colonne vertébrale de tout, mais on n’a pas la reconnaissance, on n’a pas l’argent pour faire ce qu’on fait. On travaille dans des conditions précaires », souligne Sandrine, intervenante de proximité Montréal-Nord.
Exercer pleinement leur rôle

Les organismes communautaires interviennent dans toutes les sphères de la société. Ils agissent comme les derniers remparts du filet social « plus que jamais fragilisé ». Cette grève est pour eux le moyen de rappeler au gouvernement que le « sous-financement chronique » les empêche d’exercer pleinement leur rôle.
« Le milieu communautaire offre des services essentiels qui permettent de maintenir l’équilibre. Si le gouvernement continue à couper les subventions, il y aura des conséquences [néfastes] pour la société », déclare Jean Paul Belmont, travailleur de proximité pour l’arrondissement de Saint-Laurent.
L’organisme RAP Jeunesse travaille en collaboration avec le milieu scolaire, communautaire, la ville, le gouvernement et les services de santé. Il intervient auprès des jeunes de 14 ans et plus en situation de vulnérabilité. Il s’agit de jeunes qui sont confrontés à l’isolement, l’exploitation sexuelle, la violence, la rupture familiale, l’itinérance ou encore la toxicomanie. Selon les statistiques, poursuit-il, dans le nord de l’île de Montréal, il y a au moins une quinzaine de surdoses par mois.
Cette manifestation arrive comme une conclusion de deux semaines d’actions locales avant l’épilogue attendu du 2 avril. Une vingtaine de bus avec à leur bord des travailleurs du milieu communautaire quittent Montréal. Des représentants d’organismes de partout dans la province convergeront vers la ville de Québec. Ils vont porter leurs revendications au gouvernement et à l’ensemble des élus.
« On espère que le gouvernement va nous entendre et qu’il reconnaîtra l’importance que nous avons dans le filet social au Québec », confie Charles Bussières-Hamel, coordonnateur du comité logement Ahuntsic-Cartierville.
Restez informé
en vous abonnant à notre infolettre
Vous appréciez cette publication du Journal des voisins? Nous avons besoin de vous pour continuer à produire de l’information indépendante de qualité et d’intérêt public. Toute adhésion faite au Journal des voisins donne droit à un reçu fiscal.
Nous recueillons des données pour alimenter nos bases de données. Pour plus d’informations, veuillez vous reporter à notre politique de confidentialité.
Tout commentaire sera le bienvenu et publié sous réserve de modération basée sur la Nétiquette du JDV.
