
La littératie alimentaire a meublé l’édition 2026 du forum alimentaire organisé par le collège Ahuntsic le 26 mars dernier. À cet effet, des intervenants ont évoqué des pistes pour contrer le gaspillage.
Le gaspillage alimentaire, indique Recyc-Québec, se définit par toute partie comestible d’un aliment destiné à la consommation humaine qui est détournée, dégradée, perdue ou jetée à n’importe quelle étape du système bioalimentaire, incluant celles de la récupération et de la redistribution alimentaire.
La littératie contre le gaspillage n’est pas un sujet assez répandu dans les travaux sur la littératie alimentaire, soulignent les panélistes invités au forum. Pourtant, l’on gagnerait à approfondir le sujet, car plus d’un milliard de tonnes d’aliments sont gaspillées chaque année dans le monde.
58 G$ de gaspillage d’un océan à l’autre
Selon l’organisme Deuxième récolte, 46,5 % de la nourriture produite a été gaspillée, soit l’équivalent de 58 milliards de dollars, en 2024 au Canada. À l’échelle du Québec, annuellement, 1,2 million de tonnes de denrées comestibles se retrouvent à la poubelle. Les ménages représentent 28 % du gaspillage total dans la province. Dans l’arrondissement, l’organisme à but non lucratif (OBNL) la Corbeille Bordeaux-Cartierville enlève du circuit de gaspillage 700 tonnes de fruits et légumes par année.
« Tout le monde gaspille, même ceux qui font le maximum pour l’éviter », concède Florence-Léa Siry, consultante et experte en lutte contre le gaspillage alimentaire.
Plusieurs facteurs concourent au gaspillage alimentaire : les achats impulsifs, la confusion sur la mention des dates (meilleur avant), le manque de temps, le stress du travail qui aboutit à la négligence de l’alimentation. À ces facteurs s’ajoute la méconnaissance des denrées.
Apprendre, comprendre et choisir

« Tout aliment est comestible », souligne Donald Boisvert, directeur général de la Corbeille Bordeaux-Cartierville. À travers son épicerie, il permet à la clientèle — majoritairement immigrante — de se procurer les aliments dont elle a besoin et de déguster une gamme de produits proposés. Le responsable de l’OBNL suggère d’accompagner la population dans son éducation alimentaire. Cette éducation peut se faire à travers des ateliers culinaires. Grâce à des activités comme les cuisines collectives, les gens découvrent des produits et apprennent à mieux les utiliser.
Une implication à tous les niveaux
Pour assurer la sécurité alimentaire, il faut rendre accessibles les produits, mais aussi expliquer aux gens comment bien les utiliser, soutient Nathalie Goulet, conseillère du district Ahuntsic au micro du Journal des voisins.
Lorsqu’on a plus de connaissances sur les denrées et la manière de gérer les restes, on peut mieux les conserver, analyse Maude Perreault, professeure adjointe au département de nutrition de la faculté de médecine à l’UdeM. Elle suggère aussi de planifier les achats et d’avoir le réflexe de donner au prochain les surplus, notamment, grâce aux frigos communautaires.
En plus de la Corbeille, d’autres OBNL œuvrent pour contrer l’insécurité alimentaire, à l’instar de la Maison du monde avec un réfrigérateur. Solidarité Ahuntsic coordonne une étude pour comprendre les enjeux et les dynamiques alimentaires.
Jessica Dufresne, docteure en droit, qui milite pour un droit à l’alimentation, appelle à la mise en place d’un programme académique qui valoriserait les produits locaux et permettrait aux enfants d’avoir une compréhension sur les enjeux du gaspillage alimentaire.
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Un dollar investi dans la lutte contre le gaspillage alimentaire permet d’économiser des dizaines de dollars. Une littératie contre le gaspillage alimentaire peut permettre de protéger l’environnement (réduction des GES), de minimiser les coûts et de réduire le stress.
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