Députée fédérale, Mélanie Joly est également sollicitée pour des questions locales. Photo : Courtoisie du bureau de la députée fédérale d’Ahuntsic-Cartierville

Députée fédérale d’Ahuntsic-Cartierville depuis dix ans, Mélanie Joly joue un rôle bien ancré dans la réalité locale.

Sur la rue Chabanel, dans le bureau de circonscription de Mme Joly, Ottawa n’est plus à 200 kilomètres. Elle peut même sembler très proche. C’est ici qu’atterrissent les dossiers locaux quand on souhaite que la députée fédérale d’Ahuntsic-Cartierville intervienne. « On me demande de faciliter les interactions entre les citoyens et les services gouvernementaux canadiens », souligne Mme Joly en entrevue avec le Journal des voisins (JDV).

Le bureau de la députée peut être le point de contact pour les services de Revenu Canada ou de l’immigration au fédéral. C’est aussi l’endroit où aller chercher des appuis pour le secteur communautaire. « Nous avons un enjeu de sécurité alimentaire dans la circonscription, indique Mme Joly. Je travaille avec des organismes comme la Corbeille [une banque alimentaire de Cartierville] pour voir comment favoriser l’accès aux petits-déjeuners partout à Ahuntsic-Cartierville. »

La députée illustre une action citoyenne dans le milieu communautaire avec un objectif précis dans le cadre d’un programme fédéral. Le Programme d’alimentation scolaire a été lancé par le gouvernement fédéral en 2024. Doté d’un budget d’un milliard de dollars sur cinq ans, il vise à garantir une alimentation saine à tous les enfants et adolescents au pays, avec une attention particulière aux jeunes vivant en situation d’insécurité alimentaire.

Mais l’implication fédérale ne se limite pas aux champs de compétence stricts d’Ottawa. Un bon exemple : la construction d’un nouveau centre communautaire dans Ahuntsic.

 Soutenir

 Face à la menace d’expulsion par le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM), propriétaire du bâtiment qui les abrite, les organismes communautaires d’Ahuntsic, dirigés par la table de concertation du quartier, Solidarité Ahuntsic, ont sollicité l’aide de tous les élus. Ils voulaient obtenir des appuis pour bénéficier d’un moratoire sur l’expulsion, mais aussi pour trouver une solution pérenne au problème du manque de locaux communautaires.

« J’ai pris l’engagement d’obtenir 15 millions de dollars du gouvernement fédéral pour soutenir le milieu communautaire », rappelle Mme Joly. Le futur centre communautaire doit voir le jour dans l’écoquartier Louvain Est, sur l’ancien site du bureau des approvisionnements de la Ville, au 9515, rue Saint-Hubert. « Nous avons été les premiers à mettre de l’argent sur la table », relève-t-elle. La somme promise ne permet pas de couvrir l’ensemble des coûts, mais elle devrait s’ajouter aux autres financements du provincial et du municipal.

La députée fédérale peut aussi se retrouver, avec d’autres élus, à signer une lettre de soutien à un projet citoyen, comme dans le cas de la promenade riveraine que souhaitait créer un groupe de résidents du Sault-au-Récollet. Appelée promenade du Sault, elle serait aménagée le long d’une emprise d’Hydro-Québec sur la rivière des Prairies, où la compagnie d’électricité reconstruit un mur de soutènement de 1,3 km pour protéger la centrale hydroélectrique de rivière des Prairies.

« Parfois, je vais aussi vouloir prendre position pour exercer de la pression sur d’autres paliers de gouvernement, d’autres niveaux d’administration, et défendre les intérêts des citoyens », assure la députée fédérale. Elle cite notamment la rénovation de l’école Sophie-Barat et la demande de désenclavement du quartier Chabanel, divisé par une voie ferrée du Canadien Pacifique, comme exemples de dossiers où elle n’hésite pas à affirmer son appui.

Deux chapeaux

 « Je suis à l’écoute, j’entends les préoccupations. Si je peux régler le dossier moi-même, j’y travaille. Sinon, quand je dois donner de la force, de la crédibilité, de la valeur à une demande qui n’est pas de mon ressort, quand ma voix pourrait porter, je le fais », confie l’élue.

Également ministre au sein du gouvernement fédéral, Mélanie Joly est parfois sollicitée en cette qualité. Des citoyens, des entreprises ou des groupes communautaires lui demandent alors de porter leurs priorités plus haut au sein des instances gouvernementales. Elle était récemment dans les bureaux d’une entreprise en intelligence artificielle du secteur Chabanel qui voulait savoir comment avoir accès à des contrats gouvernementaux.

Mme Joly a été souvent interpellée sur la question du bruit des avions. Un groupe de citoyens milite en effet pour réduire les nuisances liées au passage des aéronefs au-dessus d’Ahuntsic-Cartierville. « Au fil des années, j’ai beaucoup travaillé avec la Ville de Montréal à ces questions. Puisque le dossier a été judiciarisé et qu’un jugement a été rendu, la question a été résolue devant les tribunaux. »

Le transport aérien étant une prérogative fédérale, Mme Joly est forcément concernée par ce sujet. « Est-ce que je peux aider pour qu’il y ait le moins de nuisances possible avec l’aéroport ? Oui. Est-ce que l’aéroport doit répondre aux préoccupations des citoyens ? Absolument. Je travaille toujours à ces questions en toute bonne foi », soutient-elle.

Cet article a été publié dans la version papier du JDV du mois d’octobre 2025.



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Pierre Lachapelle
Pierre Lachapelle
7 Jours

J’ai lu votre article sur le travail de notre députée Madame Mélanie Joly, qui est aussi membre du cabinet de Monsieur Carney, à titre de ministre du Commerce international. 

Parlons un peu de votre rencontre avec Madame Joly.

Vous citez entre guillemets Madame Joly dans votre article : « Au fil des années, j’ai beaucoup travaillé avec la Ville de Montréal à ces questions. Puisque le dossier a été judiciarisé et qu’un jugement a été rendu, la question a été résolue devant les tribunaux. »

Madame la députée Mélanie Joly affirme beaucoup de choses dans ces deux phrases.

Si Madame Joly a beaucoup travaillé avec la Ville de Montréal, je voudrais bien savoir, comme de nombreux lecteurs du JDV, avec quel service municipal elle a traité et quels résultats ont découlé de son travail ? Si la bonne foie se présume en politique, il faut en contrepartie faire preuve de transparence et rendre des comptes. Un devoir impératif pour tout député.

Madame Joly est une femme intelligente et bien informée: elle doit savoir que la Ville de Montréal n’a aucun pouvoir en matière de transport aérien. C’est une responsabilité du gouvernement du Canada, dont elle fait partie comme ministre.

Madame Joly a été rencontrée au cours de sa première campagne électorale en 2015, par deux administrateurs des Pollués de Montréal-Trudeau (LPMT). Est-ce qu’elle a sensibilisée au cours des 10 dernières années, le Premier ministre du Canada et les ministres responsables, des nuisances que les avions déversent sur la tête de milliers de ses électeurs ?

Enfin Madame la députée d’Ahuntsic-Cartierville affirme : « qu’un jugement a été rendu, la question a été résolue devant les tribunaux. » Étonnement royal ! J’aimerais que Madame Joly nous dise de quel jugement elle parle et quelle question a été résolue devant les tribunaux ?

Je suis le représentant, ou requérant, des citoyens dans une action collective, qui vise le bruit excessif des avions qui fréquentent l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau. Cette action collective a obtenu l’autorisation de procéder le 5 avril 2018.

L’action collective est toujours vivante, aucun jugement sur le fonds de cette cause a été rendue par la Cour supérieure du Québec. Des experts recueillent des données scientifiques pour le bon déroulement de cette cause : des mesures de bruit des avions. Des témoignages sont recueillis auprès des citoyens touchés par les nuisances aéroportuaires, par le comité LPMT pour les avocats, pour le procès sur le fond qui nous espérons aura lieu en 2026.

Madame Joly demande si elle peut aider ? La réponse est oui. Les citoyens attendent cela depuis 2015.

Qu’est-ce que Madame Joly peut faire dans son rôle fondamental de porte-voix des gens d’Ahuntsic-Cartierville pour améliorer substantiellement ce dossier, qui relève des compétences du gouvernement du Canada: 

1. Afin de respecter la science, les faits et protéger la santé de ses électeurs, Madame Joly doit faire arrêter la construction de la jetée satellite annoncée par ADM;

2.Madame Joly doit s’investir au sein du cabinet fédéral pour obtenir rapidement la tenue d’études d’impact et d’une consultation publique relative au projet imminent d’une nouvelle aérogare à Montréal-Trudeau (la jetée satellite); les lecteurs du JDV doivent savoir que plus de portes de services à YUL entrainera immanquablement plus d’avions dans le ciel de Montréal, plus de bruit et plus de GES; le modèle du Bureau d’audiences publiques en environnement du Québec (BAPE), plus costaud que le système fédéral d’évaluation des grands projets, est nettement préférable; 

3.Madame la députée doit s’investir publiquement en faveur du respect d’un couvre-feu 23h/7h en reconnaissant que le groupe privé Aéroports de Montréal (ADM) ne peut pas être l’organisme privé, qui décide des heures de sommeil des Montréalais, à cause des directives administratives rédigées à l’interne, c’est-à-dire par les dirigeants eux-mêmes d’ADM.

4 Enfin Madame Joly devra travailler fort pour ramener la gestion des grands aéroports canadiens, dont Montréal-Trudeau, à un système de gestion où la transparence, la reddition de compte et l’écoute des parties prenantes sont valorisées et pratiqués au quotidien. Les grands aéroports canadiens doivent rendre des comptes publiquement devant les députés à Ottawa.

Salutations cordiales.

Pierre Lachapelle, président Les pollués de Montréal-Trudeau

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