
La grande majorité des médias communautaires du Québec tirent le diable par la queue et se creusent les méninges pour ne pas mettre les clefs sous le paillasson quand bien même les portes de l’enfer s’entrouvrent graduellement. Afin d’éviter cette fatalité, l’Association des médias communautaires du Québec (AMECQ) par la voix de son président, Joël Deschênes, a fait parvenir une lettre aux responsables politiques, principalement à François Legault, premier ministre du Québec.
Pilier important de la démocratie et de la vitalité de l’information locale, les journaux communautaires suffoquent financièrement. Cette lettre constitue un appel pour échapper à une extinction.
La teneur de la requête
Le 7 janvier 2026,
Monsieur François Legault
Premier ministre du Québec
Édifice Honoré-Mercier, 3e étage
835, boul. René-Lévesque Est
Québec (Québec) G1A 1B4
Qu’adviendrait-il de nos médias s’ils étaient tous contrôlés par des entreprises américaines, ou s’ils devenaient la propriété d’un ou deux conglomérats ? Auriez-vous toujours confiance en eux ? Vous devez convenir que de telles situations seraient inacceptables.
Au rythme où vont les choses, cela risque cependant d’arriver, plus tôt que tard. La presse locale peine à survivre et quand elle aura disparu, il ne restera plus que quelques grands joueurs.
L’information locale indépendante, celle que les journaux communautaires produisent depuis des décennies, est pourtant essentielle à notre démocratie. Sans elle, il n’y aurait aucun contrepoids aux médias commerciaux et aux informations parfois partisanes, et des communautés entières perdraient leurs voix.
Depuis la COVID, les médias communautaires voient leurs revenus de publicité chuter – même le gouvernement s’est détourné d’eux, au profit de Meta, pour la publication de ses messages ! Ainsi, même avec les subventions reçues du ministère de la Culture et des Communications via le PAMEC (programme d’aide au fonctionnement des médias communautaires), nos journaux membres sont dans le rouge. Nous cherchons tous activement des solutions pour réduire leurs coûts, mais ceux-ci augmentent quand même.
Nous croyons que le gouvernement peut faire la différence, même en période de compressions. Les sommes totales nécessaires pour assurer la survie de nos journaux communautaires représentent une fraction infime du budget. Une hausse de 10 % du PAMEC et la reprise des publicités gouvernementales dans nos journaux seraient sans doute suffisantes.
Demeurant persuadé que vous serez sensible à notre requête, je vous prie d’accepter mes salutations distinguées.
Le président,
Joël Deschênes
- c. : Marc Tanguay, chef par intérim du Parti libéral du Québec
Ruba Ghazal, co-porte-parole de Québec solidaire
Paul Saint-Pierre Plamondon, chef du Parti Québécois
Publicité en decrescendo
Globalement, la publicité gouvernementale dans 64 médias communautaires de l’association décroît depuis 2022. Un rapport sommaire de l’AMECQ montre qu’elle est passée, à la virgule près, de 320 973,36 $ en 2022 à 145 883,28 $ en 2025. De plus, les médias ayant publié une annonce gouvernementale sur la même période passent de 58 à 48.
Implantés dans les quatre coins du Québec, les médias communautaires mettent un point d’honneur à produire de l’information locale afin de permettre aux populations de savoir ce qui se passe dans leur environnement immédiat.
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