
Une infrastructure aquaponique a élu domicile au collège Bois-de-Boulogne. Cette recherche dans le domaine de l’innovation sociale est soutenue par le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie.
L’objectif d’une telle recherche est d’intégrer une démarche scientifique dans le cadre des activités pédagogiques et de mettre en lumière l’importance d’une augmentation de l’autonomie alimentaire.
« En 20 ans d’enseignement, c’est la première fois que je vois l’émerveillement dans les yeux des étudiants; c’est un projet rassembleur », affirme Chantale Nunes, professeure de biologie et responsable du projet. Elle explique que le processus qui consiste à planter des graines dans la terre pour ensuite transférer un plant dans le système et observer les résultats les fascine. Les étudiants cognent à la porte du laboratoire pour savoir comment ils peuvent participer, tant l’intérêt est présent.
L’aquaponie, c’est quoi au juste ?
L’aquaponie est la symbiose entre l’hydroculture et l’aquaculture. Cela implique donc la culture de végétaux jumelée avec l’élevage de poissons. Les quatre bassins installés dans le laboratoire sont pleins de petits tilapias, une espèce robuste qui permet d’améliorer le système et de démontrer qu’il est possible de faire l’élevage de poissons de cette façon.
L’eau contenant les déjections et la nourriture non consommée par les poissons doit être transformée en matière inorganique, par des bactéries, pour que les plantes puissent l’utiliser.
L’ammoniaque de l’urine se trouve en grande quantité dans les piscicultures habituelles. On doit renouveler l’eau régulièrement. L’ammoniaque se retrouve alors dans l’environnement et devient source de pollution. En aquaponie, des bactéries permettent de revaloriser cette eau. Un 1er groupe de bactéries transforme le tout en matière organique et en minéraux ; un 2e groupe transforme l’ammoniaque en nitrite ; puis, un 3e groupe transforme le nitrite en nitrate, la forme d’azote que les plantes aiment le plus.
Le système permet de récupérer 99 % de l’eau.

Une partie de l’eau sert à la culture verticale de laitues et fines herbes, et une autre partie est dirigée vers des bacs remplis de billes de terre cuite dans lesquels on fait la culture hors sol de plantes ayant un système racinaire plus important, tel les haricots ou les poivrons.
Pourquoi le tilapia
L’utilisation du tilapia pour cette recherche a comme objectif d’optimiser le système avec des poissons robustes qui peuvent tolérer des changements sans affecter leur santé et qui grandissent rapidement.
« Au Québec, selon un règlement vétuste, le tilapia n’est pas un poisson que l’on peut élever, car il n’a pas une grande valeur économique et il possède une mauvaise réputation. En revanche, on en importe d’un peu partout sans connaître les conditions d’élevage », souligne la professeure. L’élevage du tilapia est permis ailleurs au Canada.

L’avenir
Le club d’entrepreneuriat, un volet parascolaire du collège, développe un plan d’affaires pour éventuellement vendre les végétaux produits et utiliser les profits réalisés pour redonner à la communauté en soutenant la sécurité alimentaire.
Les activités du prochain camp de jour et les visites du laboratoire permettront d’informer les participants sur la possibilité d’un système alimentaire plus durable. Le lien établi entre les consommateurs et la production d’aliments permet de conscientiser les gens à l’importance d’une diminution des gaz à effet de serre et du gaspillage alimentaire, ainsi qu’à l’importance de la qualité des aliments.
La vision
Il y a 48 collèges au Québec, et une mise à l’échelle est facilement applicable pour répandre l’expérience de l’aquaponie, selon la professeure. Cela pourrait être l’occasion de mettre sur pied des formations pour les entreprises intéressées et de développer des compétences et une expertise au Québec.
Des changements au MAPAQ pour permettre l’élevage en milieu fermé du tilapia seraient un plus pour cette nouvelle façon de faire et permettraient de vendre des poissons à coût modique. Le but de tout ça étant de mieux soutenir le système alimentaire.
Ce texte a été publié dans la version papier du JDV de février 2026.
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