
La philanthropie, résume Julie Pouliot, présidente-directrice générale de la Fondation de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, consiste à développer le réflexe de donner à une cause qui nous est chère. Au Québec, 1 171 300 personnes ont déclaré avoir fait un don en 2022, à environ 2000 fondations dont certaines évoluent dans le même domaine.
Il existe donc une certaine concurrence entre les fondations pour rejoindre les donateurs et donatrices. Rien que dans le réseau de la santé, elles sont plus de cent. La Fondation de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal (HSCM) figure dans cette liste d’organisations à but non lucratif qui a ont décidé de contribuer à l’amélioration du système sanitaire et du bien-être général.
Combler un besoin
L’idée de créer cette fondation, en 1976, part du constat que, déjà à cette époque, les ressources n’étaient pas suffisantes, malgré le financement gouvernemental. Un fait accentué de nos jours eu égard à la conjoncture du réseau de la santé. Cette conjoncture se traduit, notamment, par le vieillissement de la population, la complication des soins, les hôpitaux engorgés et l’obsolescence des équipements.
« Dans un hôpital, cela n’a pas de fin. La science évolue toujours, et dans son sillage, les équipements informatiques et technologiques, puis les installations. Tout cela occasionne d’énormes frais », résume Sœur Claire Houde, ancienne présidente du conseil d’administration de l’HSCM.
En soutien à trois hôpitaux de renom
La fondation accompagne trois hôpitaux de grande importance dans le réseau de la santé. Il s’agit en premier lieu de l’Hôpital du Sacré-Cœur, qui possède des expertises uniques au Canada avec son Centre d’études avancées en médecine du sommeil et son Centre intégré de traumatologie. L’hôpital est l’un des plus achalandés au pays avec 63 000 visites annuelles en urgence. En second lieu, la fondation soutient l’Hôpital en santé mentale Albert-Prévost, qui jouit d’une expertise d’une centaine d’années en santé mentale pour adulte. Et depuis le début de l’année 2025, s’est ajouté l’Hôpital en santé mentale Rivière-des-Prairies, avec son pôle d’expertise en pédopsychiatrie.
Face à la concurrence
La Fondation de l’Hôpital du Sacré-Cœur, à l’instar des autres, doit faire preuve d’ingéniosité sans paraître intrusive. En effet, convaincre les patients, leurs proches ou les résidents de l’arrondissement de l’importance de soutenir leur hôpital représente un défi.
Consciente de la concurrence, elle dispose de plusieurs cordes à son arc pour réaliser sa mission. Elles se résument, entre autres, par l’organisation de campagnes de financement, un tournoi de golf annuel et des événements-bénéfice, comme le Gala Sacré-Cœur – une soirée qui réunit le monde médical et la communauté d’affaires.
L’organisme peut également compter sur de nombreuses autres personnes, bénévoles, qui se mobilisent pour rejoindre des donateurs. Elle a également des plateformes pour les dons. Son modus operandi consiste à répondre aux demandes et aux préoccupations des donateurs, et à bien accueillir ceux et celles qui se présentent à la petite maison grise pour effectuer leur don, indique Marie Grenon, directrice des communications et des relations publiques de la fondation.
Une équipe de personnes chevronnées, qui ont à cœur d’aider les autres, chapeaute l’ensemble des initiatives.
L’alchimie face au défi
Annuellement, la fondation traite plus de 25 000 transactions. Élaborer des projets pour accompagner ses trois structures hospitalières de renom demande du temps et de l’énergie, concède Marie Grenon.
En effet, les attentes peuvent paraître grandes et le défi peut représenter une source de stress pour le personnel. Cependant, la directrice assure que tout est fait pour réduire ses facteurs. La fondation a d’ailleurs engagé de nouvelles personnes, notamment au sein de l’équipe de marketing et communication. Elle a aussi son aile jeunesse : les Sacré-Jeunes.
De plus, pour arriver à diminuer le stress et à réaliser tout le travail demandé, le personnel met un point d’honneur sur l’esprit d’équipe, une saine ambiance de travail et une bonne planification.
La Fondation a une campagne de financement de 45 millions de dollars. En marge de cela, elle accompagne ponctuellement certains projets. En ce sens, elle a participé à la réalisation du nouveau pavillon de médecine nucléaire de l’Hôpital du Sacré-Cœur, dont l’inauguration a eu lieu en septembre dernier à hauteur de 3,4 millions de dollars. Une somme qui a permis de doter le pavillon de l’un des meilleurs appareils de TEP-CT pour le traitement du cancer et autres maladies chroniques.
Les hôpitaux n’ont pas le choix d’avoir une fondation, car les besoins seront toujours énormes. Il faut sans cesse penser à peaufiner des projets pour intéresser les mécènes, conseille Claire Houde, figure emblématique de la philanthropie au Québec.
Ce texte a été publié dans la version papier du JDV de décembre 2025.
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