
Guidée par l’amour de son prochain, Chantal Plouffe, entourée de trois employés et de bénévoles, s’attelle depuis plus de 20 ans à alléger les préoccupations alimentaires de certaines familles à travers un organisme à but non lucratif : L’œuvre des samaritains. L’OBNL distribue 15 000 paniers par année.
Un bureau sur lequel figurent, le jour de notre visite, du fromage et du lait offerts au choix du client en complément de son emplette, jouxte l’entrée de l’organisme. Derrière l’ordinateur, Chantal Plouffe, une écharpe délicatement posée à son cou, dissimulant la marque d’une récente intervention chirurgicale au thorax, enregistre chaque client. Un processus qui lui permet de tenir ses données à jour.
Un panier à coût unique
L’œuvre des samaritains ouvre ses portes les mardi, jeudi et vendredi entre 13 h et 17 h, et sert 300 paniers par semaine. « Il y a de plus en plus de familles démunies, constate Chantal. Il faut pourtant manger. »
L’inflation au Québec se situait à 3,3 % en septembre 2025. Quant au taux de chômage, il s’est établi à 5,3 % en octobre de la même année. Le cumul de ces indicateurs souligne, en partie, la nervosité de l’économie.
Chaque client qui franchit le seuil de l’épicerie a une carte de membre. La carte a une validité de six mois et s’obtient pour la somme de 6 $. Le panier coûte 7 $, et la clientèle a le choix entre le panier « régulier » et le panier « halal ».
Naissance de la samaritaine

Selon la parabole du bon Samaritain, l’amour du prochain ne se limite pas à ses proches. Il s’étend à toute personne dans le besoin. Après une période difficile durant laquelle sa famille a reçu de l’aide pour assurer la subsistance de ses sept enfants, Chantal a décidé de donner en retour.
« Durant quatre ans, nous sommes allés, avec les enfants, nourrir les itinérants sur la rue Berri et la rue Sainte-Catherine. Ce n’était pas comme aller dans une banque alimentaire. Nous nourrissions des gens dans la rue en plein hiver, et ils nous en remerciaient sincèrement… », se remémore-t-elle, la voix nouée.
En mars 2002, elle cofonde L’œuvre des samaritains, un organisme de bienfaisance qui a pour mission d’écouter et d’aider les familles à faible revenu en les approvisionnant en nourriture à un coût minime. Ses activités débutent le 13 décembre de la même année.
Parfois, certains membres se présentent avec une carte expirée. Toutefois, ils sortent de l’épicerie avec les aliments dont ils ont besoin et avec la promesse de se mettre à jour lors de leur prochaine visite. La samaritaine refuse de laisser une personne en situation d’urgence livrée à elle-même. L’écoute et la confiance constituent ses principes directeurs. « Souvent, elle échappe des larmes face à la précarité de certaines personnes », confie Samar, une nouvelle arrivante en formation.
Un tremplin pour le marché du travail
Le centre de distribution alimentaire pour personnes à faible revenu ou en situation d’urgence aide aussi les nouveaux arrivants. L’œuvre des samaritains facilite notamment leur intégration avec une formation de 100 heures pour leur apprendre à reconnaître les aliments, les façons de se nourrir ici, le vocabulaire qui y est lié et les règles de travail locales. Cette formation leur permet d’améliorer leur connaissance du français et de se familiariser avec le contexte québécois dans un climat moins stressant avant le grand saut sur le marché du travail. L’initiative a vu le jour il y a un an, et 90 % des personnes qui y ont pris part ont trouvé un emploi, confie madame Plouffe.
Le panier de Noël

Depuis 5 ans, l’OBNL prépare des paniers de Noël, ce qui permet aux membres de passer des temps de fêtes honorablement. Ils comprennent différents aliments – du riz, des œufs, du beurre, des pâtes alimentaires, des légumes, du poulet… – et quelques produits cosmétiques. Il n’en coûte que 15 $ aux membres pour se le procurer, une offre spéciale valide les 16, 18, 19 et 23 décembre à laquelle auront droit environ 800 familles. L’OBNL dépense près de 18 000 $ en achat de marchandises pour ce programme.
Depuis deux ans, L’œuvre des samaritains a élu domicile au 9300, rue Lajeunesse. Un changement d’adresse nécessaire pour mieux servir la clientèle. L’organisme de bienfaisance y a investi des milliers de dollars, dont 40 000 $ pour l’achat d’une chambre froide.
Cet article a été publié dans la version papier du JDV de décembre 2025.
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