
Avec le redoux, l’arrondissement, à l’instar de l’ensemble de la ville de Montréal, s’attelle à colmater les nids-de-poule. En quelques semaines, l’équipe préposée au colmatage de ces trous dans Ahuntsic-Cartierville a effectué plus de 200 interventions.
Conséquence d’un hiver en montagnes russes, l’asphalte est devenu l’éden des nids-de-poule et la géhenne pour les usagers de la route. En effet, en plus de dégrader considérablement l’état des routes, le yoyo entre le gel et le dégel a endommagé de nombreux véhicules.
Sur ce dernier aspect, il n’y a pas encore de données sur le nombre de plaintes. Cependant, la ville de Montréal a reçu plus de 4000 signalements relatifs aux nids-de-poule, uniquement au mois de janvier, un record.
18 tonnes d’asphaltage
Dans l’arrondissement, le nombre de requêtes, relatif à ces trous, a quasiment doublé sur la même période.
« À pareille date, l’année passée, nous avions 317 requêtes de nids-de-poule qui étaient ouvertes. Cette année, nous avions plus de 500 requêtes ouvertes », souligne Dominique Tapp, cheffe de section chez Ville de Montréal.
Toutefois, cela ne reflète pas la réalité sur le terrain, précise Mme Tapp. En effet, durant leurs interventions, les équipes peuvent colmater jusqu’à cinq autres nids-de-poule supplémentaires aux alentours de la requête reçue, poursuit-elle.
À ce jour, la plus grosse intervention a eu lieu sur la voie de desserte de Crémazie, de l’avenue Christophe-Colomb au boulevard de l’Acadie.
« Les équipes de colmatage ont travaillé quasiment 24h / 24h entre le 12 et le 17 février durant le blitz. Il y avait des équipes de semaine, de nuit et de fin de semaine. Ce roulement était nécessaire pour faire des endroits comme Crémazie, difficile d’accès le jour en raison du trafic », explique-t-elle.
Durant cette phase du blitz, l’arrondissement a utilisé 18 tonnes d’asphaltes pour le colmatage. Cela a permis de fermer 259 nids-de-poule. Parmi les requêtes ouvertes, 108 restaient à traiter, en date du 26 février.
Les nids-de-poule sont la conséquence d’un cycle de gel-dégel. Une alternance de température au-dessus et en deçà de 0 oC. Cette variation de température fait que l’eau glacée s’infiltre dans les fissures des matériaux poreux, en l’occurrence les bitumes. Quand elle gèle, elle prend de l’expansion, c’est-à-dire qu’elle gonfle ce qui soulève le bitume. Lorsque le gel fond, ce dégel laisse un vide sous l’asphalte. Le trafic routier brise l’asphalte et occasionne ces nids-de-poule.
Le 311
De nombreuses requêtes ont aussi concerné la rue Papineau. Certaines artères comme le boulevard Henri-Bourrassa ont été moins impactés par le cycle gel-dégel. Les requêtes sont ouvertes tous les jours, fait savoir Mme Tapp. Cela constitue également un indicateur sur l’impact de cet hiver. Elle exhorte les résidents à toujours tenir l’arrondissement informé en téléphonant au numéro sans frais : 311.
« Grâce à ces appels, nous avons une cartographie de la situation. Cela nous permet de déployer nos équipes », explique la cheffe de la section à la Ville.
Toutes ces requêtes sont une priorité pour l’arrondissement, assure-t-elle.
Intervention par priorisation
Au regard de la dégradation des voies, l’arrondissement a reçu l’aide de la Ville-Centre avec l’ajout d’une entreprise privée pour une journée : le 17 février. La Ville-Centre a, en effet, retenu les services de 10 entreprises qu’elle a réparties sur le territoire de Montréal pour le colmatage.
Dans l’ordre d’intervention, souligne Dominique Tapp, la priorité est accordée aux artères principales. Il s’agit des grands axes — un réseau de 90 km — afin de fluidifier le trafic. Ensuite viennent les 110 km de pistes cyclables. Les petites rues artérielles bouclent cette hiérarchisation des priorités.
La priorisation tient également compte de « la réclamation des citoyens. Ils sont aussi traités en priorité, peu importe l’endroit où se situe le trou », ajoute-t-elle.
Cet hiver pourrait ternir davantage la réputation de l’état des rues de l’arrondissement décrié dans le dernier rapport de la vérificatrice de Montréal.
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