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Stéphane Handfield, Stéphane Fogaing et Andréanne Gignac ont abordé la politique d’immigration du Parti québécois au Collège Ahuntsic. Photo: Amine Esseghir / JDV

Durant un peu plus de deux heures, deux éminents intervenants ont expliqué la politique du Parti québécois (PQ) en immigration. Ce parti a le vent dans les voiles et a de fortes chances de remporter les élections législatives cet automne. On peut alors se demander comment il entend gérer l’immigration.

«Vous avez choisi le Québec comme terre d’accueil, je vous demanderai maintenant de choisir le Québec comme pays», a dit Stéphane Handfield, avocat en immigration et co-porte-parole en immigration au PQ.

«Intéressez-vous au Québec et le Québec s’intéressera à vous», a renchéri Stéphane Fogaing, co-porte-parole en diversité et citoyenneté.

Tous deux s’exprimaient lors d’une conférence sous forme d’entrevue, animée par Andréanne Gignac, présidente du comité exécutif du PQ dans la circonscription de Maurice-Richard, le 18 janvier, au Collège Ahuntsic.

La rencontre se tenait quelques semaines après que le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) a aboli le Programme de l’expérience québécoise (PEQ). Une décision qui provoque des drames chez de nombreux immigrants. Elle a été clairement dénoncée par M. Handfield.

«Changer en cours de route les règles du jeu et dire aux gens qu’on a été recruté à l’étranger pour avoir accès au programme […] c’est inhumain», a-t-il dit. Le PEQ était la voie d’accès rapide à la résidence permanente. Son abolition force de nombreux immigrants à quitter probablement la province après avoir esquissé un projet d’installation durable depuis des années.

Dans ses documents publics largement promus durant cette conférence, le PQ veut limiter à 35 000 nouveaux résidents permanents par an. Ce chiffre est inspiré par les seuils des années 1990. Il entend les recruter parmi les immigrants déjà présents sur le territoire. Le parti veut favoriser les regroupements familiaux en facilitant l’arrivée des conjoints et des enfants restés à l’étranger.

Il réduirait aussi à 250 000, voire 300 000, le nombre d’immigrants temporaires sur le sol québécois d’ici quatre ans.

Avancer dans la même direction

Au-delà du nombre, ce qui pose problème, selon le PQ, ce sont surtout deux approches qui s’affrontent.

Selon les conférenciers, le PQ n’est pas contre l’immigration, mais souhaite intégrer les nouveaux arrivants à un projet de société.

«Au Québec, on va être très accueillant, mais, contrairement au Canada, on va aussi demander aux nouveaux arrivants de venir nous rejoindre dans un socle commun, celui d’une société québécoise démocratique, laïque, de langue française», a indiqué M. Fogaing.

Le modèle canadien d’immigration est fondé sur le multiculturalisme, dans lequel tous les groupes culturels, y compris les Québécois, peuvent vivre selon leur culture, leurs croyances et leur identité dans une sorte de mosaïque, ont résumé les conférenciers.

Le modèle québécois aspire quant à lui à générer une conscience nationale partagée entre tous les résidents du Québec, quelle que soit leur origine. Pour autant, le PQ prône-t-il l’assimilation, un effacement total des identités propres aux immigrants? M. Fogaing rejette totalement cette idée.

«Au Québec, on parle surtout d’interculturalisme, de convergence culturelle», a-t-il souligné.

Cela passe par l’adhésion au français comme langue commune et par une intégration qui permet à tous les immigrants de participer à la société d’accueil sans effacer leurs particularités liées à leurs origines.

Français et convergence culturelle
Conférence politique d'immigration du Parti québécois Collège Ahuntsic.
Une assistance attentive lors de la conférence sur la politique d’immigration du Parti québécois au Collège Ahuntsic. Photo: Amine Esseghir / JDV

La confrontation entre les deux modèles disparaîtrait si la province jouissait de plus de pouvoirs en matière d’immigration face au gouvernement fédéral.

«On a surtout dénoncé un système imposé par l’Ontario, toléré par Québec, puis on a été accusé de racisme», a souligné M. Handfield.

Cette idée d’un Québec xénophobe qui rejetterait l’immigration a également été soulevée par des membres du public.

«Ce sont nos adversaires qui nous présentent comme tels. On doit défaire ces perceptions et nous-mêmes devons nous engager dans un échange avec nos voisins [immigrants]. Soyez présents, allez à la rencontre des gens pour faciliter l’intégration sociale», a souligné M. Fogaing.

Un peu plus d’une cinquantaine de militants et de sympathisants du Parti québécois d’Ahuntsic-Cartierville, et d’ailleurs, ont pris part à la rencontre. Les grands absents étaient cependant les immigrants, alors même que de nombreux messages leur étaient destinés.



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Kechida Mohamed
Kechida Mohamed
14 Heures

c’est curieux que des idées aussi banales alimentent autant de polémique… adhérer a la langue d’un peuple, respecter le séparation entre le sacré et le séculier me paressent relever du bon sens… mais bon

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