Sondage Léger : gros désaveu de la piste cyclable dans le district Central

Écouter cet article

La piste cyclable ne répond pas aux attentes de près de neuf entreprises sur dix de la SDC District Central. Photo: Benoît Dosseh/JDV.

Une grande majorité des entreprises de la Société de développement commercial (SDC) District Central directement impactée par la piste cyclable (90%) n’approuve pas le tracé actuel dans la zone, révèle un sondage de la firme Léger réalisé auprès de 170 entreprises, rendu public le 15 octobre. 

L’enquête portait sur l’aménagement de la piste cyclable nord-sud sur les artères Chabanel, Port-Royal, Meilleur, avenue du Parc et Tolhurst. Sur l’ensemble des entreprises sondées, 120 ont leur adresse dans la zone dite primaire (entreprises directement devant la piste cyclable).

Le taux de réponse à ce sondage, réalisé entre le 13 août et le 11 septembre, surpasse la moyenne, indique la firme Léger. En effet, plus de 35% des entreprises dans la zone primaire et 16,2% dans la zone secondaire y ont répondu. Et les résultats sont sans appel.

Répercussions économiques

Le district Central représente un poumon économique essentiel de Montréal. Il vient en 4e position en matière d’emploi avec plus de 25 000 travailleurs. Toutefois, il subit les effets de la piste cyclable plus qu’il n’en bénéficie, selon le sondage.

Depuis l’implantation de celle-ci, les entreprises rapportent des répercussions économiques largement négatives.

La piste cyclable compromet la capacité de planification à moyen et long terme de 71% d’entre elles. Dans le même temps, 66% constatent un recul de leur compétitivité. La vitalité économique de la SDC vacille avec 63% des sondées qui remarquent des impacts directs sur leurs revenus ou les ventes.

Le stationnement, la grosse problématique

Parmi les entreprises sondées de la SDC, 85% jugent que les impacts logistiques n’ont pas été considérés . Photo: Benoît Dosseh/JDV

L’accessibilité et le stationnement représentent un casse-tête en raison du tracé actuel. La grande majorité rapporte des effets négatifs sur l’accès de leurs employés (87%), de leurs clients (91%) et de leurs fournisseurs (95%), ainsi que sur la disponibilité des stationnements à proximité (96%).

« Il n’y a aucun stationnement dans la zone du 555, sur les deux bords de la rue. Il y a moins de stationnements en général. Les clients doivent se creuser la tête pour stationner. Alors qu’ils n’ont pas de temps à perdre », déplore Kimberly Battah, copropriétaire des modes Ed Battah & CO.

Comme une claque dans la face

« La SDC soutient la mobilité durable », précise d’emblée Gabriel Tupula, président du conseil d’administration de la SDC District Central. Mais alors, pourquoi ce sondage ?

La nécessité de ce sondage résulte d’une série de discussions infructueuses avec l’arrondissement.

« Nous avons essayé à plusieurs reprises et de différentes façons d’entamer un dialogue avec l’arrondissement. La piste dans sa configuration actuelle est arrivée comme une claque », poursuit-il.

En plus du facteur économique, la question de la sécurité justifie leur démarche, précise-t-il. Une collision fatale entre un camion de livraison qui fait une manœuvre et un cycliste n’entre pas dans le domaine de la fiction, analyse-t-il.

Au regard du sondage, le tracé actuel représente plus un handicap qu’une solution de mobilité pour les entreprises de la SDC District Central. Avec celui-ci, la SDC espère faciliter le dialogue et trouver une solution viable.

Partager cet article

Avis publics

Règlement autorisant un emprunt de 300 000 $ pour l’acquisition de mobilier urbain

Consulter les détails

À lire également