
Le chantier de renforcement du mur de soutènement en amont du barrage Simon-Sicard était au cœur d’une séance d’information du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE). Une trentaine de citoyens y ont assisté pour mieux comprendre le projet, mais aussi pour exprimer leurs inquiétudes.
Durant presque trois heures, la présentation et la période de questions ont passé le projet au crible dans une salle de l’Institut des communications graphiques et de l’imprimabilité. Hydro-Québec veut réaliser un enrochement en rive pour soutenir le mur construit le long de la berge de la rivière des Prairies il y a près de 100 ans. La vétusté du mur et les risques sismiques qui mettraient en péril la centrale électrique de la rivière des Prairies justifieraient l’intervention.
C’est la deuxième phase de travaux. La première, réalisée en urgence entre 2017 et 2019 sur trois portions d’environ 500 mètres des 1,3 km de l’infrastructure, avait laissé un goût amer à plusieurs riverains. Ils n’avaient pas eu leur mot à dire et avaient hérité d’un enrochement gris et massif qui a bouleversé le paysage.
Accès à la rivière et clôtures
C’était une des demandes des riverains et citoyens habitués à se promener dans le secteur. Une fois les travaux terminés, l’accès à l’eau sera maintenu sur certaines portions du mur. Toutefois, des clôtures fermeront des secteurs entiers. Près de l’église, la présence de deux pertuis dans la rivière — deux trous pour augmenter la profondeur de l’eau avant le barrage — nécessiterait la mise en place de barrières pour des raisons de sécurité.
Hydro-Québec dit avoir entendu la population, cette fois, et veut un projet exemplaire. L’entreprise propose un mur agrémenté de plantes et assure qu’elle prend en compte l’accès à l’eau. Les images de synthèse présentées ont suscité un certain enthousiasme. Après avoir terminé les travaux d’enrochement, les rives devraient être végétalisées, avec, à certains endroits, des fosses aquatiques connectées à la rivière, afin de redonner de l’habitat aux poissons et de naturaliser la rive.
Les travaux doivent commencer en 2027 et s’échelonneront jusqu’en 2030 sur trois secteurs : devant l’église de La Visitation, à hauteur de la résidence Ignace-Bourget et au parc Louis-Hébert. « Nous n’aborderons pas les trois secteurs en même temps », a assuré Yannick Chevrier-Bédard, cheffe de projet chez Hydro-Québec.
Combien et quand
Le coût du projet est estimé à 86 millions de dollars. De 2027 à 2029, le chantier sera consacré à la mise en place de l’enrochement, au remblai, à la stabilisation de l’émissaire Curotte et aux aménagements riverains et aquatiques. En 2030, avec la fin des travaux seront menés les aménagements paysagers. À partir de 2031, un suivi des aménagements est prévu sur une période de cinq ans.
Les citoyens ont voulu en savoir plus sur les séquences du chantier. Notamment, quand les camions seront-ils dans la rue et combien y en aura-t-il en même temps ? Une inquiétude largement partagée par des résidents de la rue Fort-Lorette.
« Entre 5 et 14 camions par heure », a répondu Mme Chevrier-Bédard. Les travaux auront lieu en semaine, de 7 h à 19 h au plus tard, entre les mois d’août et de décembre.
La coupe d’arbre a été également abordée. Pour les besoins du chantier, Hydro-Québec estime le nombre total à 40 arbres à abattre sur un total de 304 recensés sur l’aire du chantier. Au parc Louis-Hébert, on parle de 22 arbres à couper.
Une participante a demandé pourquoi on ne recourait pas plutôt à des camions plus petits, voire à des barges pour transporter les roches par voie fluviale. Des options qui auraient allongé la durée des travaux, a-t-on répondu à Hydro-Québec.
La suite
La période d’information du public sur le projet se poursuit jusqu’au 17 avril. D’ici là, les citoyennes et citoyens peuvent demander au ministre de l’Environnement la tenue d’un examen public du projet. En l’absence d’une telle demande, le BAPE aura terminé son mandat. Il ne restera plus que les autorisations gouvernementales à obtenir avant le lancement du chantier.
À la compagnie d’électricité, on a répété la volonté de limiter l’occupation du stationnement sur rue par les employés du chantier et d’utiliser une alarme de recul des camions moins agressante pour l’oreille. Les résidents de la rue Fort-Lorette ont rappelé qu’ils avaient subi beaucoup d’inconvénients lors des travaux de la première phase. Notons toutefois que le parc Louis-Hébert sera fermé au public pendant le chantier.
Reste à voir, si la promesse de rives plus vertes et plus accessibles adoucira chez les riverains le souvenir du bruit des camions et de la première phase.
Enjeux périphériques
Un enjeu particulier concerne l’émissaire Curotte, une évacuation des eaux dans la rivière et qui nécessite un aménagement spécifique pour permettre la stabilisation du mur. Hydro-Québec consacre 1,2 million de dollars à un projet communautaire pour bonifier les aménagements en rive. Des citoyens ont demandé pourquoi cette somme ne serait pas utilisée pour prolonger la conduite de rejet au centre de la rivière, et ainsi harmoniser toute la berge. Cette infrastructure relève toutefois de la Ville et de l’arrondissement.
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