
Carla Beauvais, conseillère de Ville du district du Sault-au-Récollet, a mis de côté son rôle d’élue. Victime de violence conjugale, elle a pris son courage à deux mains, pour livrer un témoignage touchant devant public le 9 mars.
C’était à l’occasion de l’évènement organisé par Concertation Femme pour souligner la Journée internationale des droits des femmes.
Avant de lire à haute voix son histoire, Mme Beauvais n’était pas certaine de faire le bon choix. Elle a décidé de présenter un poème.
C’était en 2017, un seul épisode aura suffi pour marquer sa vie : violence verbale, émotionnelle et menaces infligées par son conjoint de l’époque, a-t-elle décrit dans un courriel au Journal des voisins (JDV). Sa fille n’était alors âgée que de deux mois. « Ç’a été tellement traumatique que je me suis juré de ne plus jamais me retrouver dans cette situation », dit-elle.
Le jour même de l’incident, elle fait ses propres démarches et trouve une place en maison d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale.
Après un certain temps, elle transforme le sentiment d’embarras en message positif pour toutes les victimes. La conseillère a affirmé que « assez, c’est assez » et s’est donné la permission d’agir.
« Sauter dans le vide fait peur. C’est terrifiant », écrit Mme Beauvais.
Elle a décidé de livrer ce témoignage pour guérir ses blessures et pour insuffler un vent d’espoir à celles qui l’ont écoutée avec attention.
Pour le meilleur et pour le pire
S’engager pour le meilleur et pour le pire
Sans prendre la mesure de ce qu’il faut pour tenir
On le sait très bien que du meilleur, il ne reste plus rien
On s’accroche tout de même aux souvenirs des temps lointains
On nous a bourré le crâne de « pour le meilleur et pour le pire »
Ne réalisant pas à quel point le pire peut faire mourir
On reste par amour, par doute, dans la ligne de mire
De ces hommes qui nous extirpent toute envie de vivre
Après chaque raclée, ils balancent le même refrain
C’est la dernière fois, répétition de cet engrenage malsain
Qui nous pousse à croire qu’après avoir osé le pire
La seule issue n’est pas celle de fuir
Il n’y aura pas de beau temps après cette saison
Peu importe les promesses vides et les raisons
La violence ne s’arrêtera pas aux coups de poing
Tant qu’elle n’aura pas tout détruit sur son chemin
Le corps et le cœur en fragments
On se demande pourquoi et comment
On en est arrivé à croire que pour être aimé
Il faut être prêt à tout pardonner
Arrêtons-les « pour le meilleur et pour le pire » lancés à profusion
Qui tiennent en otage les victimes dans des idéalismes prison
Il ne faut pas tirer le meilleur du pire comme on se plaît à dire
Il faut rejeter le pire avec toute la force qu’on a de vivre
Il faut partir pour le meilleur et pour survivre
Sans savoir ce que nous réserve l’avenir
Partir avec le seul et unique désir
De laisser derrière nous tout le pire.
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