
L’information locale a plus que jamais sa place dans l’univers des médias. C’est le message qu’ont lancé des journalistes chevronnés lors d’un panel de discussions organisé récemment au Cégep André-Laurendeau, Le Journal des voisins (JDV) y était.
L’enseignante, Sonia Blouin, a voulu initier les jeunes au monde de l’information. Ses étudiants ont posé des questions dans le cadre du programme de journalisme multimédia aux trois journalistes professionnels : Karine Joly de Nouvelle d’ici, Andrey Leduc-Brodeur de Gravité Média ainsi qu’Amine Esseghir du JDV.
Un élève a demandé comment un journaliste s’arrête à un sujet plutôt qu’à un autre. M. Amine Esseghir, journaliste au Journal des voisins, a expliqué que tout dépend de ce qui se passe dans l’actualité, ce qui vaut la peine d’être traité pour les citoyens. Il a cité en exemple le décès d’un ancien maire, qui va certainement justifier la rédaction d’une nouvelle qui touche la population.
Par ailleurs, il arrive parfois qu’une nouvelle locale soit reprise par un média national. M. Esseghir raconte comment une entrevue avec un député dans la circonscription de Maurice-Richard, a été reprise par le quotidien le Journal de Montréal et traitée comme étant un communiqué de presse. Les médias nationaux souvent, ne mentionnent pas l’origine d’un article, qui provient d’un média local.« L’information locale n’est pas forcément reconnue », explique-t-il.
Financement des médias
Il faut savoir que le retrait des avis publics des municipalités a eu un impact sur les revenus des journaux locaux à l’échelle du Québec. Les villes n’ayant plus l’obligation de publier dans les médias écrits.
Dans un essai paru en 2018 intitulé : « Extinction de voix : plaidoyer pour la sauvegarde de l’information régionale », l’autrice et journaliste Marie-Ève Martel dresse un portrait de la crise qui a secoué l’industrie. Elle a confirmé au JDV qu’au moins 20 journaux locaux ont alors fermé.
Plusieurs sources de financement servent à soutenir les médias régionaux, dont les revenus publicitaires et les subventions gouvernementales. Le contexte économique rend le financement de plus en plus difficile. L’Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ) par exemple, est régulièrement témoin des difficultés de financement de ses membres.
Enfin, des fonds sont mis à la disposition des organisations médiatiques pour qu’elles embauchent des journalistes dans un programme fédéral appelé Initiative de journalisme local (IJL). Selon la description officielle, ce programme fédéral « soutient la création d’un journalisme civique original qui répond aux besoins diversifiés des communautés mal desservies au pays ».
Cette discussion entre les élèves et les journalistes a permis de mettre en lumière le rôle des journalistes locaux ainsi que la place de l’information locale en 2026.










