L’évolution de la profession de pharmacien

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Le travail du pharmacien est devenu au fil des ans beaucoup plus que celui d’un distributeur de médicaments. Deux pharmaciennes de l’arrondissement, Iseult Laurin et Sandra Lussier témoignent de l’évolution de leur profession.

Les pharmaciens communautaires que l’on côtoie tous les jours ont vu leur profession évoluer vers une latitude plus grande.

Le rôle de ceux-ci a changé à partir de l’adoption de la loi qui permet de rendre de nouveaux services, tels la vaccination, le renouvellement ou le réajustement de prescriptions pour certains problèmes, la prise en charge de patients ayant des maladies chroniques, comme le diabète et l’hypertension ou même la prescription pour des situations qui ne risquent pas de s’aggraver.

Son rôle se définit beaucoup plus par les services qu’il est en mesure de rendre que par la distribution de médicaments. « Nous sommes toujours en mode formation, il faut régulièrement se mettre à jour pour garder notre pertinence et rendre les services que les patients attendent de nous. Il faut aussi ajouter que chaque pharmacien est libre de faire les actes avec lesquels il se sent à l’aise, » confirme Iseult Laurin.

Ces gestes posés par les pharmaciens sont toujours sujets à certaines conditions. Un exemple qui vient en tête est celui d’infection urinaire. Si vous avez eu une infection de ce type depuis 5 ans ou moins, le pharmacien est en mesure de faire une ordonnance, sinon il vous faut voir un médecin. Dans un avenir plus ou moins rapproché, ces conditions tomberont et simplifieront grandement la vie des patients.

« Dans un contexte de difficulté à voir son médecin ou encore d’absence de médecin de famille, le rôle du pharmacien devient important. Nous sommes des pharmaciennes de famille », explique Sandra Lussier. Lorsqu’un patient a un problème lié à sa médication et qu’un rendez-vous avec le médecin est trop loin, le pharmacien est capable de réajuster la pharmacothérapie ou de planifier des soins avant que la situation ne se dégrade et ainsi de réassurer la personne.

Encore des négociations…

Le projet de loi 67 adopté en 2024 a permis d’élargir certaines pratiques professionnelles en matière de prescriptions et d’ordonnance dans le but de désengorger la première ligne.

Les négociations pour mettre en pratique ces nouvelles responsabilités ont pris un certain temps.

Elles ont dû être inscrites dans la loi et négociées dans le cadre de la rémunération entourant les nouvelles activités découlant du projet de loi 67.

Il reste toutefois à négocier les honoraires facturés aux assureurs privés.

Marilie Beaulieu-Gravel, conseillère principale aux affaires publiques chez l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) nous explique la situation.

Depuis plusieurs mois, les pharmaciens propriétaires du Québec étaient en discussion avec le ministère de la Santé et des Services sociaux afin de s’entendre sur un cadre de rémunération reflétant les nouvelles responsabilités des pharmaciens.

Au début d’avril, l’article 24 du projet de loi 15, visant à modifier la loi sur la pharmacie, était en études détaillées. Le dépôt d’un amendement par le député solidaire, Alexandre Leduc, aspirant à plafonner les honoraires professionnels chargés aux assureurs privés, fait dérailler les pourparlers à la table de négociations. L’AQPP s’est alors retiré de la table de négos. Pour l’association, il n’est pas possible de négocier le financement public sans savoir ce qu’il advient de celui du privé.

« On s’est finalement entendu avec le ministre Boulet qui a écarté celui-ci et nous avons convenu de faire un comité tripartite avec le gouvernement et les assureurs pour discuter des honoraires professionnels concernant les médicaments de spécialité, » explique Mme Beaulieu-Gravel.

Il reste donc à voir quand et comment ces négociations vont aboutir pour que les nouvelles responsabilités des pharmaciens soient bel et bien en place et efficaces.

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