Autobus et REM, moteur d’une refonte majeure

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[Annoncée pour ce printemps, la mise en service de l’antenne Anse-à-l’Orme du Réseau express métropolitain (REM) est prévue pour le 18 mai. Elle marquera aussi l’entrée en vigueur de la refonte du réseau de bus de la Société de transport de Montréal (STM), qui touchera une grande partie des résidents d’Ahuntsic-Cartierville.]

La refonte des lignes d’autobus de la STM apporte son lot de nouveautés, mais aussi de questions. Plusieurs usagers se demandent si le nouveau réseau répondra à leurs besoins de déplacements quotidiens.

L’arrivée du Réseau express métropolitain (REM) et l’inauguration du terminus de l’Anse-à-l’Orme, à Sainte-Anne-de-Bellevue, ont redistribué les cartes du transport collectif dans le nord‑ouest de Montréal. « Oui, le moteur de la refonte, c’est l’arrivée du REM », confirme d’emblée Jacinthe Clossey, cheffe de division, Mobilité et développement des réseaux à la STM, en entrevue avec le Journal des voisins (JDV). Elle travaille depuis des mois à ce vaste réaménagement.

La STM a redessiné, ajouté ou supprimé des lignes d’autobus afin que les usagers puissent plus facilement intégrer le REM à leurs déplacements. L’Agence régionale de transport métropolitain (ARTM), qui représente les entreprises de transport en commun urbain, ainsi que CDPQ Infra, responsable du REM, ont conclu un accord qui garantit un service minimum d’autobus vers les nouvelles gares du REM, ce service devant être assuré par la STM.

Mais le REM n’est pas le seul facteur pris en compte. Selon Mme Clossey, la STM a tenté de concilier deux objectifs : la réorientation des trajets vers le REM et le maintien des liens actuels avec les générateurs de déplacements (métro, hôpitaux, écoles, zones d’emploi, etc.) bien enracinés dans le paysage urbain.

Certaines nouveautés suscitent toutefois des réactions, notamment en ce qui a trait à la ligne 180. « J’ai reçu beaucoup de plaintes parce qu’elle ne va plus au cégep Bois‑de‑Boulogne », indique au JDV Effie Giannou, conseillère de la Ville de Bordeaux‑Cartierville et vice‑présidente du conseil d’administration de la STM. Elle mentionne aussi la ligne 69, qui ne desservira plus l’Hôpital du Sacré‑Cœur. C’est la ligne 79, moins fréquente, qui assurera désormais le lien entre le métro Henri‑Bourassa et l’établissement de santé.

Mme Clossey reconnaît que ces changements alimentent des craintes. Les récentes modifications de parcours de lignes de la STM à LaSalle, Lachine, Verdun et le Sud-Ouest, certes limitées géographiquement, ont tout de même montré qu’une période d’adaptation est nécessaire. « Selon nous, il faut deux ans avant que les gens prennent vraiment des habitudes et qu’une ligne atteigne son achalandage [optimal]. ». La période de rodage permettra de corriger le tir et la STM promet une vigie serrée.

« Nous allons parler à nos chauffeurs, parce qu’ils sont directement sur le terrain. Eux aussi recevront des commentaires et nous en feront part », précise Mme Clossey. Les plaintes des usagers, les retours des élus, les données d’embarquement à chaque arrêt et à chaque heure alimenteront également ce travail d’ajustement.

La cheffe de division insiste par ailleurs sur la marge de manœuvre qu’offre le réseau de surface. « La beauté d’une ligne de bus, c’est qu’on peut revoir beaucoup de choses. Les véhicules ne roulent pas sur des rails fixes. »

Consultations

Des lecteurs du JDV ont posé la question : pourquoi la STM n’a-t-elle pas consulté les usagers avant d’opérer ces transformations ? Nous avons appris que la refonte ne s’était pas décidée quelques semaines avant l’inauguration de la ligne de l’Anse-à-l’Orme. La démarche actuelle s’inscrirait dans une réflexion plus large, amorcée avant l’arrivée du REM.

La refonte concerne 80 lignes sur l’ensemble du réseau. Les territoires d’Ahuntsic-Cartierville et de Saint-Laurent s’emparent de la part du lion dans ces changements, soit environ la moitié. Ce sont en effet entre 35 et 40 lignes qui sont touchées, précise Catherine Plouffe, qui travaille aussi à la division Mobilité et développement des réseaux à la STM.

« M. Schnobb [président du CA de la STM de 2013 à 2021] avait déjà annoncé une refonte [des lignes] quasiment de l’île au complet. Le REM n’est arrivé qu’après », rappelle Jacinthe Clossey. Les réaménagements prévus dans l’ouest de Montréal, entre autres, devaient répondre à des besoins accumulés et à des plaintes.

Notre interlocutrice souligne en outre que l’entreprise de transport avait mené un sondage web en 2018. « Nous avons eu 18 000 à 19 000 répondants à travers l’île. Cela nous a aidés à définir nos priorités pour la refonte. » S’y sont ajoutées des rencontres et des consultations publiques dans chacun des secteurs. « Toutes les consultations ont eu lieu entre 2020 et 2022, plus probablement en 2022 dans Ahuntsic-Cartierville », estime Catherine Plouffe.

À ces soirées de présentation de scénarios s’ajoutaient les contributions à travers le site « Parlons-en », où les citoyens pouvaient déposer leurs avis et suggestions. La STM a enfin consulté les équipes techniques des arrondissements, les organismes locaux, les centres de gestion des déplacements, les grands employeurs, les écoles, les CIUSSS et les SDC.

 

Ce texte a été publié dans la version papier du JDV d’avril 2026.

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