
Deux comités citoyens de l’arrondissement ont manifesté contre le projet d’extraction et d’exploitation du gaz naturel liquéfié (GNL) devant le bureau de la ministre de l’Industrie du Canada, Mélanie Joly, le 15 avril.
Ils se sont donné rendez-vous à midi devant le bureau de la députée fédérale de la circonscription, Mélanie Joly, pour faire entendre leur voix. Le groupe environnemental Mobilisation-environnement Ahuntsic-Cartierville (MEAC) et le Collectif de convergence citoyenne Ahuntsic-Cartierville (CCC-AC) ont organisé cette manifestation pour réclamer une « transition énergétique écologique et juste ».
« Non à l’exploitation d’hydrocarbures »
Une décennie après sa mobilisation contre le projet de l’oléoduc Énergie est, le MEAC doit ressortir ses pancartes de protestation. « C’est décevant », commente Colombe Larivière. Elle constate, avec amertume, un recul dans la politique des gouvernements pour une énergie qui ne génère pas de gaz à effet de serre (GES).
La transition écologique a disparu du discours d’Ottawa, déplorent les manifestants. Ils appellent le gouvernement de Mark Carney à ne pas se réfugier derrière « le motif d’une crise géopolitique » pour orienter la politique énergétique du Canada vers des projets fossiles.
Une pétition en cours

Les fonds publics ne doivent pas servir à financer des « industries écocidaires », haranguent-ils. Durant cette manifestation, ils ont distribué des tracts contre le GNL et invité les passants à signer une pétition.
« Nous pensons que, si nous obtenons une centaine de signatures, la ministre acceptera de nous rencontrer », espère Benoît Dugas,membre du CCC-CA.
Une correspondance adressée à madame Joly sollicitant cette rencontre est restée lettre morte, ont-ils indiqué au Journal des voisins.
Semaine de protestation nationale
Les citoyens présents devant le bureau de la députée Mélanie Joly représentent un chaînon d’une manifestation pancanadienne, sur une semaine. En effet, la même action a lieu dans d’autres villes du pays, à savoir Vancouver, Victoria, Toronto et Ottawa. Par ces actions, les manifestants apportent leur soutien aux groupes écologistes et aux Premières Nations directement concernées par les projets en cours de négociation. Il s’agit principalement de LNG Canada 2 et Terminal Ksi Lisims, qui sont tous deux situés en Colombie-Britannique.
LNG Canada 2 ambitionne de doubler sa capacité d’exportation pour atteindre 28 millions de tonnes par an. Tandis que celui de Terminal Ksi Lisims vise à extraire et à exporter « 22,4 milliards de mètres cubes de gaz naturel liquéfié par an. Il serait exploité jusqu’à 40 ans ».
Ceux-ci ne font pas l’unanimité auprès des peuples autochtones. Cependant, ils sont soumis à la considération du Bureau des grands projets (BGP). Ce qui pourrait accélérer leur adoption.
« Nous sommes à un moment critique. Ces projets écocidaires perpétuent la dépossession territoriale des peuples autochtones à même nos impôts. Les énergies fossiles ne sont pas dans notre intérêt collectif. On n’en veut pas », déclare Florence Lorimier.
Selon des études, quand bien même sa combustion émet environ 30 % de moins de CO2 que celle du pétrole, le gaz naturel présente certains risques. En effet, il est composé principalement du méthane (95 %) un GES 84 fois plus puissant que le CO2 sur une période de 20 ans.










