Le déploiement des nouveaux circuits d’autobus de la Société de transport de Montréal (STM) depuis le 18 mai à Ahuntsic-Cartierville suscite de nombreuses critiques, particulièrement en ce qui concerne la ligne 79. Plusieurs usagers estiment que les changements compliquent leurs déplacements. Aux abords de la station Henri-Bourassa, certains disent encore chercher leurs repères.
Cette refonte du réseau d’autobus s’inscrit dans un contexte plus large de réorganisation des déplacements autour de la nouvelle antenne du REM vers l’Anse-à-l’Orme. L’objectif est de mieux arrimer les circuits d’autobus aux stations du REM. C’était l’occasion aussi de modifier certaines liaisons devenues moins pertinentes ou de renforcer des trajets réclamés depuis longtemps, comme la ligne 140 sur Fleury.
Passagers en déroute
Sur le terrain, le Journal des voisins (JDV) a constaté un certain flottement, mais surtout une insatisfaction liée à la fréquence et à la capacité des bus. Trois semaines après le déploiement des nouveaux circuits, on voit encore un voyageur de la 79, perdu, demander des renseignements au chauffeur avant de quitter précipitamment le bus. On entend aussi encore une voyageuse questionner un autre usager pour s’assurer que son bus va dans la bonne direction. Cette gêne s’est aussi traduite en grogne. C’est le message véhiculé, en tout cas, par au moins deux pétitions citoyennes pour la 79, mises en ligne sur Internet.
L’une d’elles, qui a recueilli 877 signatures, parle d’un véritable « casse-tête » pour les résidents. Les signataires dénoncent des autobus bondés, des arrêts sautés et des retards à répétition. « Beaucoup trop de passagers se retrouvent à attendre un bus qui est déjà plein », peut-on lire.
Outre les critiques, les citoyens avancent aussi des pistes d’ajustement. Ils demandent notamment une augmentation de la fréquence et l’ajout de véhicules de plus grande capacité.
Une autre pétition, appuyée par plus de 150 personnes, met l’accent sur les difficultés aux heures de pointe. Elle rappelle le rôle essentiel de la ligne 79 pour les déplacements vers le métro. C’est aussi un lien essentiel pour des élèves de l’école Sophie-Barat. Les usagers y décrivent des « conditions de voyage dégradées » et réclament un service mieux adapté à la réalité du terrain.
Les impacts de la refonte dépassent toutefois le seul arrondissement quand cela touche des destinations en dehors d’Ahuntsic-Cartierville. Une pétition ayant recueilli plus de 700 signatures demande le rétablissement d’un trajet direct pour les élèves du Collège Sainte-Marcelline, à Cartierville. Depuis les récentes modifications, certains doivent multiplier les correspondances, en prenant jusqu’à trois autobus, voire quatre en incluant un taxi collectif. Les parents parlent d’un « parcours du combattant », évoquant des trajets plus longs, plus stressants et moins adaptés à la réalité scolaire.
Incertitudes
Au moment du lancement de la refonte, la STM avait indiqué que des ajustements pourraient être apportés. En réponse aux demandes des usagers, formulées notamment aux élus, la société de transport a rapidement apporté des améliorations, permettant ainsi de conserver la desserte du collège Bois-de-Boulogne par la ligne 180.
La société de transport a aussi reconnu un problème technique initial avec son calculateur de trajets en ligne, aujourd’hui corrigé. « Toutefois, le tout est réglé depuis ce matin [le 19 mai] et le trajet de la 180 est maintenant bien représenté sur le site, incluant le calculateur de trajet », avait écrit, au JDV, Laurence Houde Roy, conseillère aux affaires publiques à la STM. L’entreprise a souvent rappelé que le réseau peut évoluer selon les observations sur le terrain.
Des citoyens accueillent néanmoins mieux certains changements, comme le nouveau parcours de la ligne 140 sur Fleury, réclamé depuis longtemps par les usagers.
Dans l’ensemble, les réactions citoyennes illustrent les défis d’adaptation du réseau aux réalités locales, dans un contexte où les attentes envers le transport collectif restent élevées.










